New South Wales – de Sydney jusqu'à Byron Bay
Quoi de neuf en deux mois? Oui, je végète! Cela fait deux mois que je n’ai pas eu le courage d’écrire quoi que ce soit, serai-je atteint d’une flémingite aigue ou alors ne bougerai-je plus comme avant? Que nenni, je suis à moitié enseveli sous une montagne de travail et me tue à la tache pour un salaire qui finalement ne reflète plus la réalité. Rapide détour dans le merveilleux monde du travail ; l’une de mes collègues a été promue chef de projet de je ne sais quoi et il a été décidé de ne pas la remplacer avec comme motif habituel et ô combien illégitime, le prétexte économique. Oui, le pétrole n’a jamais été aussi cher, oui, le contexte économique n’est pas favorable, oui, la concurrence n’a jamais été aussi rude etc. Seulement, cher patron, avez-vous pensé au bien être de vos employés s’éreintant tel Stakhanov, pour combler le déséquilibre en ressources humaines devant l’Everest de la charge de travail ? A terme, vous nous saignerez et ne récolterez que le fruit de vos semences ; une démission en bonne et due forme. Comment pouvez-vous ignorer le quotidien de vos petites gens qui vous permettent de rouler en Maserati ? Ha oui, notre nouvel affreux patron [pardonnez le pléonasme et chers petits entrepreneurs je ne m’en prends pas à vous], ne s’est pas donné la peine de nous rencontrer et ose rouler dans un bolide italien que nous ne pourrions nous payer qu’au bout d’une dizaine d’années de régime alimentaire composé uniquement de tubercules, la courbe des prix des basiques pates et riz suivant celle des hydrocarbures. J’aurai l’immense privilège de rencontrer fortuitement notre tyran des hautes sphères hiérarchiques. 20h, l’ascenseur descend vers le parking, votre serviteur, en short s’apprête à retrouver son fidele destrier, son bon et loyal VTT. Les portes se closent et mon esprit se ré-ouvre, la liberté n’est plus bien loin. Et là, coup de tonnerre, un quarantenaire bedonnant, en costume ultra chic, bronzé aux Uvs [le soleil étant réservé aux pauvres et aux travailleurs, tout comme il y a de cela plus d’un siècle], empiète sur mon territoire. Poliment, je salue mon nouveau compagnon de voyage et celui-ci, en guise, de réponse, me toise de la tête aux pieds avec un regard des plus dédaigneux. Je me présente et lui indique ma profession, lui ne répondra que par son nom. Très bien, les présentations sont faites, je ne sais pas de qui il s’agit, il se complait dans ses airs supérieurs et souhaite donc adopter l’attitude universel de l’humain dans l’environnement clos de l’élévateur : l’ignorance. Nous voila libérés de la boite de conserve, et nous dirigeons de concert vers l’antre aux véhicules. Tout occupé à détacher mon cycle, je constate que l’être impoli s’apprête à entrer dans un monstre réservé aux stars du cinéma : une énorme Maserati flambant neuve. Je ne peux donc résister à l’envie de lui faire part, sur un ton sarcastique, de la consommation nulle en carburant de mon vélo. Celui-ci, absolument non vexé, répondra que cette voiture est sa contribution personnelle au réchauffement climatique. Waouh, quel humour, définitivement, je hais ce personnage !
Bon en dehors de la tranche boulot, il y a les weekends tout de même ! Avec au programme, un sommet du super 14 qui opposera les locaux Waratahs aux Natal Sharks. Le squad sud africain avec bon nombres de membres de l’équipe championne du monde se faira littéralement dévorer par l’envie des outsiders de Sydney, Au passage, Fréderic Michalak se blessera. Je vous laisse contempler le résumé maison de la rencontre.
Quoi d’autre ? Du VTT bien entendu. Garrigal National Park, à une quinzaine de bornes de ma piaule : un pur spot, avec de la montée de dingue et conséquence directe, des descentes de fou, des single tracks sur fond de boue, sable, lime stone, le tout entrecoupé de cours d’eau : un fabuleux terrain de jeu.

Seul soucis, lorsque la nuit tombe, difficile de retrouver son chemin après avoir passe trois heures dans les méandres !
Et finalement, de la plongée. Coup dur, après la Nouvelle Calédonie avec ses eaux à 29 degrés, ses coraux superbes et ses millions de poissons tropicaux multicolores. Une session à North Head, entrée de la baie de Sydney, dans une eau à 18 degrés et une visibilité de 2 metres : l’on se réconforte en disant qu’au moins on aura travaillé notre sens de l’orientation. Autre session plongée, lors du WE de 3 jours pour cause de Queen’s birthday, nous devions, avec le camarade finlandais, plonger sur la Mecque des requins South West Rock, pas de chance, le temps exécrable sévissant depuis 15 jours, les conditions sont si minables que le club avec lequel nous avions réservé annule tout. Damned ! Il est vendredi soir, vite une alternative plus au Nord. Je parviens a dénicher un centre au Nord de Coffs Harbour qui m’affirme que les conditions, bien que loin d’être idylliques, nous permettront de plonger sur les Solitary Islands ; chouette, du requin nourrice en perspective. C’est parti pour 500 bornes sur la Pacific Highway. Nous débarquons à la tombée du jour le samedi. Le Thénardier nous indique qu’ils ont plongé aujourd’hui, c’est bon signe, par contre, il a complètement oublie de nous trouver une place pour se loger, typique du queenslander : grande bouche et mémoire de poisson rouge ! Il nous dégotte donc un motel, réplique des chambres miteuses en bord de route américaines, théâtre de massacres dans les films de série Z. La réceptionniste ne nous comprend pas et vice et versa. Un grand gaillard aux chicots manquants et puant le rhum bon marche nous servira d’intermédiaire et nous conseillera un détour dans le road house du coin ou les filles sont chaudes selon ses dires et ceux des routiers. Nous sommes fatigués, devons nous lever tôt et donc déclinons cette chaleureuse invitation. Le lendemain, un vent à décorner les bœufs nous annonce la couleur, la plongée est annulée. Il est temps d’éplucher l’annuaire et d’utiliser le plus possible le téléphone cellulaire de ma boite. Nous plongerons cet après midi, à Byron Bay, sur le spot de Julian Rocks, le même lieu où j’avais patienté deux jours sous la pluie en aout dernier pour ne finalement pas plonger.

Le mauvais sort, est loin derrière, me dis-je, soyons optimistes, en 24h deux plongées annulées, ce ne peut pas être pire ! C’est reparti pour 250 km au Nord… je tiens à préciser que nous ne payons pas l’essence grâce à la « corporate card » du collègue, cela dit j’ai l’impression d’être autant responsable que mon patron au sujet du réchauffement climatique ! Finalement, la plongée aura lieu, et je prendrai ma meilleure photo de lionfish et verrai ma deuxième plus grosse tortue, une loggerhead, aussi encombrante qu’un piano de cuisson. Vous pourrez voir la vidéo de celle-ci se goinfrant d’oursin et n’ayant que faire des piquants. Retour sur le motel, nous mourrons de faim ; cela tombe bien, c’est un établissement grand luxe proposant une cuisine. En fait, il ne s’agit que d’une chambre équipé d’un frigo et d’un… barbecue à gaz ! Celui-ci est dans un état lamentable et suinte la graisse, nous mettons en marche la bête après avoir trafique le système piezzo défectueux, enclenchons la hôte et enfumons la pièce. En moins de cinq minutes d’énormes flammes viennent lécher la hôte : ca y est nous sommes nominés pour les Darwin awards, nous allons flamber bêtement. Dans un reflexe, nous coupons l’alimentation de cet instrument de la mort. Patientons le temps que les charbons volcaniques soient maniables et les remplaçons par de nouveaux. Les conditions sont maintenant optimum ! A nous les grillades ! Encore un coup du sort, les nouvelles pierres se mettent à exploser et c’est un feu d’artifice qui se déclenche dans les 10 metres carrés, sortez les casques, aux abris ! La bête s’est enfin calmée, et un local débarque : Tim. Mine patibulaire sur un corps malingre, celui-ci est néanmoins jovial et entame la discussion. Il est en vadrouille autour de l’Australie, mais, est natif d’ici. Cela fait trois semaines qu’il vit dans ce motel et pour cause, il est l’homme à tout faire du complexe. Nous le complimentons donc sur ce superbe engin de cuisson. Il nous explique qu’il faut du temps pour apprivoiser la bête et que l’on ne devient pas « gaz tucker » du jour au lendemain. Nous dinerons ensemble, et nous écouterons avec plaisir ses histoires abracadabrantes déformées par l’alcool et les années. Ils sont sympas ces « rednecks » !
Quoi de neuf en deux mois? Oui, je végète! Cela fait deux mois que je n’ai pas eu le courage d’écrire quoi que ce soit, serai-je atteint d’une flémingite aigue ou alors ne bougerai-je plus comme avant? Que nenni, je suis à moitié enseveli sous une montagne de travail et me tue à la tache pour un salaire qui finalement ne reflète plus la réalité. Rapide détour dans le merveilleux monde du travail ; l’une de mes collègues a été promue chef de projet de je ne sais quoi et il a été décidé de ne pas la remplacer avec comme motif habituel et ô combien illégitime, le prétexte économique. Oui, le pétrole n’a jamais été aussi cher, oui, le contexte économique n’est pas favorable, oui, la concurrence n’a jamais été aussi rude etc. Seulement, cher patron, avez-vous pensé au bien être de vos employés s’éreintant tel Stakhanov, pour combler le déséquilibre en ressources humaines devant l’Everest de la charge de travail ? A terme, vous nous saignerez et ne récolterez que le fruit de vos semences ; une démission en bonne et due forme. Comment pouvez-vous ignorer le quotidien de vos petites gens qui vous permettent de rouler en Maserati ? Ha oui, notre nouvel affreux patron [pardonnez le pléonasme et chers petits entrepreneurs je ne m’en prends pas à vous], ne s’est pas donné la peine de nous rencontrer et ose rouler dans un bolide italien que nous ne pourrions nous payer qu’au bout d’une dizaine d’années de régime alimentaire composé uniquement de tubercules, la courbe des prix des basiques pates et riz suivant celle des hydrocarbures. J’aurai l’immense privilège de rencontrer fortuitement notre tyran des hautes sphères hiérarchiques. 20h, l’ascenseur descend vers le parking, votre serviteur, en short s’apprête à retrouver son fidele destrier, son bon et loyal VTT. Les portes se closent et mon esprit se ré-ouvre, la liberté n’est plus bien loin. Et là, coup de tonnerre, un quarantenaire bedonnant, en costume ultra chic, bronzé aux Uvs [le soleil étant réservé aux pauvres et aux travailleurs, tout comme il y a de cela plus d’un siècle], empiète sur mon territoire. Poliment, je salue mon nouveau compagnon de voyage et celui-ci, en guise, de réponse, me toise de la tête aux pieds avec un regard des plus dédaigneux. Je me présente et lui indique ma profession, lui ne répondra que par son nom. Très bien, les présentations sont faites, je ne sais pas de qui il s’agit, il se complait dans ses airs supérieurs et souhaite donc adopter l’attitude universel de l’humain dans l’environnement clos de l’élévateur : l’ignorance. Nous voila libérés de la boite de conserve, et nous dirigeons de concert vers l’antre aux véhicules. Tout occupé à détacher mon cycle, je constate que l’être impoli s’apprête à entrer dans un monstre réservé aux stars du cinéma : une énorme Maserati flambant neuve. Je ne peux donc résister à l’envie de lui faire part, sur un ton sarcastique, de la consommation nulle en carburant de mon vélo. Celui-ci, absolument non vexé, répondra que cette voiture est sa contribution personnelle au réchauffement climatique. Waouh, quel humour, définitivement, je hais ce personnage !
Bon en dehors de la tranche boulot, il y a les weekends tout de même ! Avec au programme, un sommet du super 14 qui opposera les locaux Waratahs aux Natal Sharks. Le squad sud africain avec bon nombres de membres de l’équipe championne du monde se faira littéralement dévorer par l’envie des outsiders de Sydney, Au passage, Fréderic Michalak se blessera. Je vous laisse contempler le résumé maison de la rencontre.
Quoi d’autre ? Du VTT bien entendu. Garrigal National Park, à une quinzaine de bornes de ma piaule : un pur spot, avec de la montée de dingue et conséquence directe, des descentes de fou, des single tracks sur fond de boue, sable, lime stone, le tout entrecoupé de cours d’eau : un fabuleux terrain de jeu.
Seul soucis, lorsque la nuit tombe, difficile de retrouver son chemin après avoir passe trois heures dans les méandres !
Et finalement, de la plongée. Coup dur, après la Nouvelle Calédonie avec ses eaux à 29 degrés, ses coraux superbes et ses millions de poissons tropicaux multicolores. Une session à North Head, entrée de la baie de Sydney, dans une eau à 18 degrés et une visibilité de 2 metres : l’on se réconforte en disant qu’au moins on aura travaillé notre sens de l’orientation. Autre session plongée, lors du WE de 3 jours pour cause de Queen’s birthday, nous devions, avec le camarade finlandais, plonger sur la Mecque des requins South West Rock, pas de chance, le temps exécrable sévissant depuis 15 jours, les conditions sont si minables que le club avec lequel nous avions réservé annule tout. Damned ! Il est vendredi soir, vite une alternative plus au Nord. Je parviens a dénicher un centre au Nord de Coffs Harbour qui m’affirme que les conditions, bien que loin d’être idylliques, nous permettront de plonger sur les Solitary Islands ; chouette, du requin nourrice en perspective. C’est parti pour 500 bornes sur la Pacific Highway. Nous débarquons à la tombée du jour le samedi. Le Thénardier nous indique qu’ils ont plongé aujourd’hui, c’est bon signe, par contre, il a complètement oublie de nous trouver une place pour se loger, typique du queenslander : grande bouche et mémoire de poisson rouge ! Il nous dégotte donc un motel, réplique des chambres miteuses en bord de route américaines, théâtre de massacres dans les films de série Z. La réceptionniste ne nous comprend pas et vice et versa. Un grand gaillard aux chicots manquants et puant le rhum bon marche nous servira d’intermédiaire et nous conseillera un détour dans le road house du coin ou les filles sont chaudes selon ses dires et ceux des routiers. Nous sommes fatigués, devons nous lever tôt et donc déclinons cette chaleureuse invitation. Le lendemain, un vent à décorner les bœufs nous annonce la couleur, la plongée est annulée. Il est temps d’éplucher l’annuaire et d’utiliser le plus possible le téléphone cellulaire de ma boite. Nous plongerons cet après midi, à Byron Bay, sur le spot de Julian Rocks, le même lieu où j’avais patienté deux jours sous la pluie en aout dernier pour ne finalement pas plonger.
Le mauvais sort, est loin derrière, me dis-je, soyons optimistes, en 24h deux plongées annulées, ce ne peut pas être pire ! C’est reparti pour 250 km au Nord… je tiens à préciser que nous ne payons pas l’essence grâce à la « corporate card » du collègue, cela dit j’ai l’impression d’être autant responsable que mon patron au sujet du réchauffement climatique ! Finalement, la plongée aura lieu, et je prendrai ma meilleure photo de lionfish et verrai ma deuxième plus grosse tortue, une loggerhead, aussi encombrante qu’un piano de cuisson. Vous pourrez voir la vidéo de celle-ci se goinfrant d’oursin et n’ayant que faire des piquants. Retour sur le motel, nous mourrons de faim ; cela tombe bien, c’est un établissement grand luxe proposant une cuisine. En fait, il ne s’agit que d’une chambre équipé d’un frigo et d’un… barbecue à gaz ! Celui-ci est dans un état lamentable et suinte la graisse, nous mettons en marche la bête après avoir trafique le système piezzo défectueux, enclenchons la hôte et enfumons la pièce. En moins de cinq minutes d’énormes flammes viennent lécher la hôte : ca y est nous sommes nominés pour les Darwin awards, nous allons flamber bêtement. Dans un reflexe, nous coupons l’alimentation de cet instrument de la mort. Patientons le temps que les charbons volcaniques soient maniables et les remplaçons par de nouveaux. Les conditions sont maintenant optimum ! A nous les grillades ! Encore un coup du sort, les nouvelles pierres se mettent à exploser et c’est un feu d’artifice qui se déclenche dans les 10 metres carrés, sortez les casques, aux abris ! La bête s’est enfin calmée, et un local débarque : Tim. Mine patibulaire sur un corps malingre, celui-ci est néanmoins jovial et entame la discussion. Il est en vadrouille autour de l’Australie, mais, est natif d’ici. Cela fait trois semaines qu’il vit dans ce motel et pour cause, il est l’homme à tout faire du complexe. Nous le complimentons donc sur ce superbe engin de cuisson. Il nous explique qu’il faut du temps pour apprivoiser la bête et que l’on ne devient pas « gaz tucker » du jour au lendemain. Nous dinerons ensemble, et nous écouterons avec plaisir ses histoires abracadabrantes déformées par l’alcool et les années. Ils sont sympas ces « rednecks » !




























































