Apres 5 mois en Australie, changement de décor. Ma boite m’envoie deux semaines chez George Bush, en Floride, a Orlando plus précisément. But du voyage, une rapide étude sociologique de l’Amérique et le parallèle avec la civilisation australienne. Non, plus sérieusement, il s’agit de connaitre les gens avec qui je collabore ainsi que leurs méthodes et finalement identifier mon périmètre professionnel puisque je travaille en décalage temporel et en solo sur le sol australien. C’est parti pour un peu moins de 20 heures d’avion avec une courte escale à Los Angeles. Premier parallèle avec l’Australie, Broome – Darwin se fait en 28h de bus… Je quitte l’Australie à 10h du matin et arrive le même jour, 5h plus tard avec la magie du décalage horaire. Tiens, il ne me manque plus qu’à voler entre la Guadeloupe et la cote Est américaine pour avoir bouclé le tour de la planète en avion !
Les USA, commençons par les idées reçues. On dit que les américains souffrent en énorme majorité d’embonpoint, cela est vrai : je n’ai jamais vu une telle densité de personnes obèses, et en particulier, dans les restaurants de type « all you can eat ». Non contents de disposer d’une nourriture des plus grasses et déséquilibrées, les clients engouffrent de gargantuesques portions et malgré mon gros appétit, j’ai l’impression de manger avec frugalité, a la sauce tranche de belle mère. Même ce bon vieux Sam de Gaz, alias le ventre sur pattes, aurait l’air ridicule... Il n’empêche qu’en chaque américain réside un potentiel kamikaze puisqu’il est bien connu que la graisse fondue est l'élément majeur pour obtenir du TNT.
Les journaux, que ce soient les versions papiers ou télévisées, dans le domaine de l’international, il ne sera question que des conflits avec les pays musulmans. Bien sur, vous n’échapperez pas aux dix morts par balle dans la « local community » ou encore les poursuites en direct live du voisin pervers qui aime trop les enfants. Vient ensuite la vie des stars, la vie trépidante de Britney Spears qui s’est fait ôter la garde de ses enfants, les adultères entre acteurs ringards, tiens, saviez vous que David Hasseloff est encore vivant ?. Cette quantité de superficialité est le reflet de cette société où la culture ou l’ouverture au reste du monde ne sont que de microscopiques points d’intérêts. Les médias sont le parfait miroir de la population, qui ne parle uniquement que de ce que l’on a bien voulu lui distiller.
Je ne me sens donc pas dépaysé, tant la malbouffe est omniprésente, tant les médias sont niaiseux, c’est seulement parce qu’ils roulent à droite et qu’ils respectent un peu plus les piétons que je sais que je ne suis plus en Australie!
J’arrête cette facile critique qui correspondait parfaitement à ce que je m’attendais a vivre ici. Les américains n’ont pas que des défauts, ce sont des personnes très courtoises et attentionnées. Je prendrai pour exemple, la fois où ayant oublié un plan de route, je me suis pointé dans un café des plus typiques où le foot américain était diffusé avec un volume infernal et où les quidams se gorgeaient de Bud light [ça fait plus sain !]. J’expose donc mon soucis d’orientation, ni une, ni deux, un client sort son Blackberry [il ne s’agit pas d’une baie comestible mais d’une sorte de téléphone cellulaire] et entre avec le Thénardier dans un contest de recherche de tours d’air boat. Epatant tant ils sont attentionnés ! Lorsque vous irez déjeuner, les serveurs déclinent leur identité et sont aux petits soins, votre verre d’eau ne sera jamais vide, ils viendront également maintes fois s’assurer que la nourriture vous convient. En même temps, n’oublions pas que je suis à Orlando, capitale du tourisme de masse où les flots de visiteurs se déversent dans les parcs d’attractions entourant la ville, Ocean World, la galaxie Disney et l’immense parc Univers Sale Studios.
Que faire le weekend ? Le premier weekend je serai bloqué à l’hôtel pour un problème d’assurance du véhicule, ma boite m’avait spécifié qu’ils me couvraient intégralement au détail près qu’ils avaient oublié de me fournir une assurance responsabilité civile, un comble au pays du tout procès ! Je n’avais pas forcement envie de servir de butoir pour les tonfas des policemen, je ne conduirai donc pas en mode hors la loi. Je me rattraperai donc le WE suivant en allant faire du kayak dans l’un des nombreux parcs naturels de la Floride. Le climat est tropical humide, 30 degrés et 80% d’humidité, l’eau est omniprésente et la végétation luxuriante, tout comme le Nord Est australien. Le parc où j’irai sera Wekiwa Springs, les eaux regorgent de poissons [chats en majorité] et de tortues mais pas d’alligator, manque de bol.
J’irai finir ma journée, faire un tour d’air boat, si, si, vous savez le truc hybride entre une barge en alu et un ventilateur.
Le gars qui tient l’affaire est un français, qui s’est complètement accoutumé aux States puisqu’il parle ouvertement de son chiffre d’affaire et traite ses employés d’incapables et il est bien sur bienheureux de ne pas payer d’accablantes charges comme en France [un autre point commun avec l’Australie]. Ceci dit, j’aurai droit à un tour gratuit, ce qui est fort sympathique. Cependant, pour un lac qui est censé héberger plus de 10000 sauriens, je ne serai pas verni, car je ne verrai en tout et pour tout que trois spécimens de taille plus que moyenne. Il m’expliquera que les alligators se planquent par temps venté, et que durant la journée, il n’en aura vu que 5. Je ne me plaindrai pas puisqu’ayant payé la modique somme de rien du tout pour la ballade !
Le dimanche, un peu de culture, direction le Kennedy Space Center. Le complexe est immense, il y a plus de 5 pas de tir, tout est démesuré, et peuplé d’alligators et de milliers de volatiles, à chaque tir, on peut sentir le poulet grillé à plus de 5 miles de là.
Tout est fait pour faire rêver les petits américains, musique très patriotique et bien sur des drapeaux du pays à tout va. Scientifiquement parlant, la visite est un peu légère mais visuellement cela vaut le détour : des fusées et autres engins cosmiques dans tous les sens, les cinémas Imax…
Bilan : j’ai tenté de m’immerger en dévorant des T-Bones façon « supersize me », je n’ai écouté en majorité que de la country et du rock des 50s dans la caisse de location dont la boite était bien entendu automatique. J’ai regardé avec attention les inepties télévisées, en particulier American Gladiator ou les pathétiques publicités pour le dealer d’armes local. YIHAAA ! Non, franchement, tout ca, c’est trop : je n’ai jamais autant ri en mon for intérieur. Tiens, aujourd’hui, Al Gore, nouveau Prix Nobel est la fierté du pays ! Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une prise de conscience collective au sujet de l’inéluctable décadence de notre planète, il s’agit juste d’une éphémère reconnaissance médiatique…
Les USA, commençons par les idées reçues. On dit que les américains souffrent en énorme majorité d’embonpoint, cela est vrai : je n’ai jamais vu une telle densité de personnes obèses, et en particulier, dans les restaurants de type « all you can eat ». Non contents de disposer d’une nourriture des plus grasses et déséquilibrées, les clients engouffrent de gargantuesques portions et malgré mon gros appétit, j’ai l’impression de manger avec frugalité, a la sauce tranche de belle mère. Même ce bon vieux Sam de Gaz, alias le ventre sur pattes, aurait l’air ridicule... Il n’empêche qu’en chaque américain réside un potentiel kamikaze puisqu’il est bien connu que la graisse fondue est l'élément majeur pour obtenir du TNT.
Les journaux, que ce soient les versions papiers ou télévisées, dans le domaine de l’international, il ne sera question que des conflits avec les pays musulmans. Bien sur, vous n’échapperez pas aux dix morts par balle dans la « local community » ou encore les poursuites en direct live du voisin pervers qui aime trop les enfants. Vient ensuite la vie des stars, la vie trépidante de Britney Spears qui s’est fait ôter la garde de ses enfants, les adultères entre acteurs ringards, tiens, saviez vous que David Hasseloff est encore vivant ?. Cette quantité de superficialité est le reflet de cette société où la culture ou l’ouverture au reste du monde ne sont que de microscopiques points d’intérêts. Les médias sont le parfait miroir de la population, qui ne parle uniquement que de ce que l’on a bien voulu lui distiller.
Je ne me sens donc pas dépaysé, tant la malbouffe est omniprésente, tant les médias sont niaiseux, c’est seulement parce qu’ils roulent à droite et qu’ils respectent un peu plus les piétons que je sais que je ne suis plus en Australie!
J’arrête cette facile critique qui correspondait parfaitement à ce que je m’attendais a vivre ici. Les américains n’ont pas que des défauts, ce sont des personnes très courtoises et attentionnées. Je prendrai pour exemple, la fois où ayant oublié un plan de route, je me suis pointé dans un café des plus typiques où le foot américain était diffusé avec un volume infernal et où les quidams se gorgeaient de Bud light [ça fait plus sain !]. J’expose donc mon soucis d’orientation, ni une, ni deux, un client sort son Blackberry [il ne s’agit pas d’une baie comestible mais d’une sorte de téléphone cellulaire] et entre avec le Thénardier dans un contest de recherche de tours d’air boat. Epatant tant ils sont attentionnés ! Lorsque vous irez déjeuner, les serveurs déclinent leur identité et sont aux petits soins, votre verre d’eau ne sera jamais vide, ils viendront également maintes fois s’assurer que la nourriture vous convient. En même temps, n’oublions pas que je suis à Orlando, capitale du tourisme de masse où les flots de visiteurs se déversent dans les parcs d’attractions entourant la ville, Ocean World, la galaxie Disney et l’immense parc Univers Sale Studios.
Que faire le weekend ? Le premier weekend je serai bloqué à l’hôtel pour un problème d’assurance du véhicule, ma boite m’avait spécifié qu’ils me couvraient intégralement au détail près qu’ils avaient oublié de me fournir une assurance responsabilité civile, un comble au pays du tout procès ! Je n’avais pas forcement envie de servir de butoir pour les tonfas des policemen, je ne conduirai donc pas en mode hors la loi. Je me rattraperai donc le WE suivant en allant faire du kayak dans l’un des nombreux parcs naturels de la Floride. Le climat est tropical humide, 30 degrés et 80% d’humidité, l’eau est omniprésente et la végétation luxuriante, tout comme le Nord Est australien. Le parc où j’irai sera Wekiwa Springs, les eaux regorgent de poissons [chats en majorité] et de tortues mais pas d’alligator, manque de bol.
J’irai finir ma journée, faire un tour d’air boat, si, si, vous savez le truc hybride entre une barge en alu et un ventilateur.
Le gars qui tient l’affaire est un français, qui s’est complètement accoutumé aux States puisqu’il parle ouvertement de son chiffre d’affaire et traite ses employés d’incapables et il est bien sur bienheureux de ne pas payer d’accablantes charges comme en France [un autre point commun avec l’Australie]. Ceci dit, j’aurai droit à un tour gratuit, ce qui est fort sympathique. Cependant, pour un lac qui est censé héberger plus de 10000 sauriens, je ne serai pas verni, car je ne verrai en tout et pour tout que trois spécimens de taille plus que moyenne. Il m’expliquera que les alligators se planquent par temps venté, et que durant la journée, il n’en aura vu que 5. Je ne me plaindrai pas puisqu’ayant payé la modique somme de rien du tout pour la ballade !
Le dimanche, un peu de culture, direction le Kennedy Space Center. Le complexe est immense, il y a plus de 5 pas de tir, tout est démesuré, et peuplé d’alligators et de milliers de volatiles, à chaque tir, on peut sentir le poulet grillé à plus de 5 miles de là.
Tout est fait pour faire rêver les petits américains, musique très patriotique et bien sur des drapeaux du pays à tout va. Scientifiquement parlant, la visite est un peu légère mais visuellement cela vaut le détour : des fusées et autres engins cosmiques dans tous les sens, les cinémas Imax…
Bilan : j’ai tenté de m’immerger en dévorant des T-Bones façon « supersize me », je n’ai écouté en majorité que de la country et du rock des 50s dans la caisse de location dont la boite était bien entendu automatique. J’ai regardé avec attention les inepties télévisées, en particulier American Gladiator ou les pathétiques publicités pour le dealer d’armes local. YIHAAA ! Non, franchement, tout ca, c’est trop : je n’ai jamais autant ri en mon for intérieur. Tiens, aujourd’hui, Al Gore, nouveau Prix Nobel est la fierté du pays ! Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une prise de conscience collective au sujet de l’inéluctable décadence de notre planète, il s’agit juste d’une éphémère reconnaissance médiatique…