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lundi 1 mars 2010

Vacances en Australie. De Sydney à Adelaide

Vendredi 19 février - Back to Australia
Je quitte la Nouvelle Zélande pour un road trip en famille. Mon frère me rejoint à Sydney et nous allons rallier Kangaroo Island. Nous nous rejoignons chez Avis, l'un des rares loueurs nous permettant de nous débarrasser du véhicule à Adelaide. Nous avons droit à un " upgrade " pour la modique somme de rien du tout et nous nous retrouvons avec une Holden Commodore V6, grosses jantes aluminium, double ligne d'échappement et aileron à la con. Cerise sur le gâteau, la couleur orange aux tons rappelant notre bien aimée D.D.E. La voiture se nommera la Jackymobile dans la suite du récit.
Ce soir c'est barbecue à Pyrmont Park avec mes anciens camarades, et, demain, départ pour un périple de presque 4000 km à travers 4 états.

Samedi 20 février - De Sydney à Booderee National Park
Réveil difficile, les retrouvailles sont toujours bien trop arrosées. Malheureusement le programme de la journée ne permet pas d'aller faire un jogging réparateur sous le soleil matinal de Centenial Park A la place, une session dans le temple de la consommation, le Bondai Junction shopping centre. Pas de chance, il fait une chaleur accablante et 70% de la population est donc dans cet ignoble édifice. Le but du jeu sera de minimiser le temps de parcours entre le ravitaillement en denrées alimentaires, achat de GPS, carte de téléphone etc. 2h30 plus tard, la Jackymobile est sur la route des vacances en direction du Sud.
Ce soir nous traçons vers Jervis Bay où je suis certain que mon frère pourra voir ses premiers kangourous. Nous installons la tente au campement de Cave Beach à Booderee National Park, au Sud de Huskinson.
AU - Booderee National Park - Cave Beach
Nous ne sommes pas seuls, ce spot est très fréquenté les weekends et les kangourous y sont par conséquent quasi domestiques. Les possums sont aussi de la partie ; pendant que deux de ces marsupiaux assurent le spectacle lors de notre diner, un de leurs collègues vient par derrière tenter de chaparder de la nourriture. Il prendra un vol et je dois rapidement me souvenir qu'ici, à contrario de la Nouvelle Zélande, les possums, sont une espèce protégée.


Dimanche 21 février - De Booderee National Park à Mimosa Rocks National Park
Ce matin, les kangourous sont en chaleur et j'assiste pour la première fois au rituel du male tentant de soulever la queue de la femelle pour y introduire la sienne ; cependant, quand la femelle a la migraine, le show est assurément hilarant tant le male tente avec une vaine frénésie de lever l'appendice de sa chère et tendre. Peu après, nous allons profiter du soleil sur la plage donnant sur Wreck Bay, qui est un sanctuaire marin. L'eau est bizarrement plate et surtout translucide. Le snorkeling est fabuleux, 20 mètres de visibilité, Blue Gropers, Stingarees et autres.
Nous déjeunons à Greenfield Beach, à la frontière Nord de Jervis Bay National Park.
AU - Greenfield Beach - Jervis Bay
L'eau indigo couplée au sable blanc (l'un des plus blancs au monde d'ailleurs) est une véritable immersion dans une carte postale mais, la présence de navires militaires en manœuvre ajoute une dose d'irréel. (je vous renvoie à ce weekend de plongée effectué un an auparavant jour pour jour , les frégates y étaient aussi).
Il est temps de quitter ce lieu presque idyllique pour rejoindre notre prochaine étape : Wadbilliga National Park. Nous apprenons a l'information centre de Narooma que le parc naturel est fermé car la Nouvelle Galles Du Sud était sous les eaux les 15 jours précédents (l'on constate le sérieux avec lequel j'ai préparé mon plan de route…). Nous nous rabattons sur Mimosa Rocks National Park. Première session dirt-road pour la Jackymobile ; je maudis ses jantes 17 pouces : les pneus touchant presque la carrosserie, les cailloux frottent généreusement et bruyamment sous le châssis. Le campground se situe à Aragunnu Beach. L'on constate que l'on se dirige vers le Sud, l'océan est glacial en cette fin de journée. Je cherche les phoques mais les blocs de roche volcanique de Mimosa Rocks n'abritent pas de Fur Seals, dommage nous étions censés plonger avec les phoques de Narooma, mais nous nous sommes dispersés sur Jervis Bay. Pour l'histoire, le parc se nomme Mimosa d'après le nom du navire qui s'est échoué sur ces rochers en 1863.
AU - Mimosa Rocks National Park - Aragunnu campground - Wallaby
Ce soir, les Rock Wallabies nous rendent visite, puis c'est au tour des possums qui seront particulièrement agités car étant en chaleur.


Lundi 22 février - Mimosa Rocks National Park à Kosciuszko National Park
Ce matin j'ai le sentiment d'être un être privilégié. Je fais ma vaisselle post petit déjeuner dans la Tasman Sea (bien sur sans produit, uniquement en frottant les gamelles avec le sable) et je suis seul sur la plage et l'océan Sud Pacifique est alors ponctuellement le plus beau et le plus grand évier au monde. Le soleil se lève et illumine de ses rais la surface paisible de l'eau, seul le bruit des vagues se fait entendre et seules quelques mouettes émergent de leur sommeil.
AU - Mimosa Rocks National Park - Aragunnu beach
Aujourd'hui nous allons dans les terres, à l'ouest vers Kosciuszko National Park (prononcez kou-ci-es-ko) histoire de toiser le plus haut sommet australien (2228m). La route menant à Jindabyne nous rappelle que nous nous elevons, la végétation se fait plus rase et pelée. Les herbes brûlées rappellent les plateaux de l'Aubrac. Les eucalyptus sont tortueux, petits et ont le tronc massif et les branches robustes : les red gum trees sont adaptés au climat alpin.
Le temps est en train de se gâter. Apres un rapide déjeuner au bord de la Threbdo river où les Platypus ne se sont pas montrés, nous prenons la Kosciuszko road pour une première courte ballade menant au Lake Rainbow. Le vent se lève et les premières gouttes se font sentir. Rapide plouf et quelques courageuses coulées dans le lac glacial. Nous allons ensuite à Charlotte Pass d'où part le chemin menant au sommet du Mont Kosciuszko. Je lutte pour ouvrir la portière de la Jackymobile, et me rend ainsi compte de la force du vent. Peut être 70 km/h plus la pluie et la purée de poix, pas vraiment un temps à aller conquérir le sommet.
Nous redescendons dans la vallée, sous le plafond nuageux et arpentons le Waterfall track. Nombreux wallabies et quelques Eastern Grey Kangaroos.
AU - Kosciuszko National Park - Sawpit Creek picnic area - Eastern Grey Kangaroo
Intéressants énormes boulets de granit offrant de ludiques terrains de grimpe.
Nous plantons la tente à Threbdo Diggings. La pluie est là, et mon frère allume le feu avec succès où nous y jetons pommes de terre en robe des champs et fromage bleu. Un Wombat passe par la mais les autres marsupiaux ne sont pas de sortie ce soir.
AU - Kosciuszko National Park - Threbdo Diggings campsite - Wombat
Le vent continue a gagner en force à mesure que l'heure avance. Je ne sais pas quelle vitesse ont atteint les souffles d'Eole cette nuit, mais la tente fut bousculée et fléchît toute la nuit, sans pour autant rompre telle le roseau.


Mardi 23 février - De Kosciuszko National Park à Cape Conran Coastal Park
En ce matin, nous sommes indemnes et des red gum ont montré leur robustesse car aucune branche n'est tombée sur le campement. Une tente à structure rigide de type Marabout n'a pas résisté au vent : toile déchiquetée et ustensiles répandus ça et là.
Ce matin, le ciel est dégagé, les rafales auront au moins servi à quelque chose.
AU - Kosciuszko National Park - Threbdo Diggings
Je déambule le long de la rivière pendant que le soleil se lève pour tenter de voir un ornithorynque. Toujours rien, mis à part une ou deux truites.
Nous suivons la route 85 et stoppons après Bombala dont la périphérie se revendique comme " Platypus country ". Les rivières du coin étant censées héberger à 80% d'entre elles des ornithorynques. Là encore, que dalle ! Bon il est vrai que ces créatures ne se montrent pas particulièrement le jour et de plus le vent brouille la surface de l'eau.
Nous continuons notre route en direction de South East Forests National Park. Nous roulons sur les " dirt roads " au milieu de plaines verdoyantes à l'accent auvergnat, mis à part la présence de Blue Tongue Lizards le long de la piste. Peu après nous verrons un énorme échidné traversant la route et celui-ci se terrera à une vitesse inattendue, fuyant les flashes de mon appareil photo.
Le paysage change alors pour des forêts d'eucalyptus puis de conifères. Les nombreux road trains sur la route nous indiquent que l'exploitation forestière est une des principales ressources économiques de la région.
AU - South East Forests National Park - roadtrain
Sur ces routes boisées, nous verrons plusieurs oiseaux lyre et un chien sauvage… un dingo peut être ? Ce serait étrange, mais ceci dit, le coin héberge bien des émeus, alors, pourquoi pas !
Arrivés à Mallacoota, l'office de tourisme est fermé car il était sous les eaux 10 jours auparavant. Je demande aux locaux s'ils connaissent un campement dans Croajinolong National Park. Ils mes renvoient vers d'autres autochtones, les pompiers du coin. Ils me disent qu'il y a un site répondant au nom de Shipwreck. Nous vérifions sur l'internet faute de carte et trouvons le dit site mais la route y menant est fermée faute à de récents incendies. Nous tentons tout de même notre chance, surs de la véracité de la source d'information humaine et locale. 30 minutes de mauvaise route plus loi, nous voyons que le chemin est effectivement condamné mais nous profiterons de la plage de Pebbly. Là encore, nous sommes seuls au monde et le cadre est charmant mis à part les voraces Sandflies (taons).
AU - Mallacoota foreshore reserve - Pebbly Beach
Nous nous rabattons ensuite vers notre plan B, Cape Conran à 130 km. Pas d'extraordinaire vie animale en ce début de soirée, seuls quelques possums bien gras. Le coin néanmoins abrite une réserve marine et une colonie de phoques du coté de Beware Reef, à mettre donc sur ma " diving to-do list ".

Mercredi 24 février - De Cape Conran à Wilsons Promontory National Park
Nous continuons vers l'ouest longeant de belles dunes et lagons et meetons le turbo pour arriver à Wilsons Promontory National Park. Le " Prom " comme disent les Aussies fut, en des temps reculés, un pont reliant le continent à la Tasmanie. Wilsons Promontory est l'un ders parcs nationaux les plus fréquentés et les habitants de Melbourne y viennent en masse, fort heureusement nous sommes en milieu de semaine et hors vacances scolaires.
Premier bain dans les eaux translucides de la plage de Whisky Bay , bordée de boulets géants de granit. Superbe paysage légèrement gâché par les Sandflies.
AU - Wilsons Promontory National Park - Whisky Bay
Nous rejoignons ensuite le seul camping accessible par la route et c'est un choc pour nous qui avons passé nos nuits dans des coins reculés au confort sommaire. La structure de Tidal River est pensée pour accueillir plus de 4000 individus et possède même un cinéma de plein air ; quelle horreur ! Pour ceux qui souhaitent éviter le bain de foule, des options de campement existent mais notre agenda bien trop serré ne nous permet pas de randonner jusqu'à ces lieux salvateurs.
Ce soir nous dinons tôt afin de nous balader sur le Telegraph Track en espérant spotter des wombats.
AU - Wilsons Promontory National Park - Telegraph track
Bien entendu, c'est à trois mètres de la tente que nous fumes récompensés.


Jeudi 25 février - De Wilsons Promontory National Park à Melbourne.
e matin, action rapide pour, là encore, espérer voir quelques marsupiaux . Nous marchons sur le chemin de Lilly Pilly Gully. Les paysages portent encore les séquelles d'incendies mais la végétation est en train de reprendre le dessus : les yakas pointent fièrement leur appendice vers les cieux. Nous verrons quelques wallabies bien cachés dans les fougères de la foret humide tempérée.
AU - Wilsons Promontory National Park - Lilly Pilly Gully nature walk
Nous stoppons plus tard à Squeaky Beach, qui m'apparait encore plus belle que Whisky Bay, les couleurs des blocs de roche étant encore plus éclatantes avec la lumière du matin. De plus, les sandflies ne sont pas aussi voraces à cette heure ci.
AU - Wilsons Promontory National Park - Squeaky Beach
200km plus loin, nous voila à Melbourne. Une après midi sera bien suffisante dans l'enfer de la ville. Je ne m'étalerai pas sur cette visite éclair. Simple constat : les tramways sont nombreux et les cyclistes sont présents en nombre, bien plus qu'à Sydney ou Auckland. Retenez également qu'un tramway gratuit fait le tour du centre en une heure.

Vendredi 26 Février - De Melbourne à Port Campbell National Park
Ouf, nous sommes hors de Melbourne et sommes prêts a attaquer la Great Ocean Road. Des le début, de magnifiques plages désertes s'offrent à nous. Il ne faut cependant pas trop s'attarder, il nous reste une longue route pour rallier Appolo Bay.
AU - Great Ocean road
Prochain arrêt, Kenneth River. Promenade de 2 heures le long de la Grey River road dans le Great Otway National Park. Nous observerons près de 20 koalas, dont certains presque actifs et à une très faible distance. Les touristes s'arrêtent aux 5 premiers mètres de la route, où, deux pauvres bêtes sont prisonnières d'eucalyptus nains, dont les troncs ont été entourés de tubes de plastique à la surface glissante. Fuyez donc cette portion et allez plus haut pour êtres seuls à admirer ces fascinants marsupiaux. Vous verrez également que votre œil devient redoutablement efficace une fois avoir repéré les 5 premiers spécimens. Le conseil du spécialiste : cherchez les excréments cylindriques sentant l'eucalyptus a la base des arbres du même nom.
AU -  Great Otway National Park - Koala


AU -  Great Otway National Park - Koala

Nous arrivons à Port Campbell National Park pour le coucher du soleil. Le spot des Twelve Aposttles est un aimant à touristes et immortaliser l'astre solaire se couchant sur ce fameux paysage tient de la torture.
AU - Port Campbell National Park - Great Ocean Road - The Twelve Apostles
Au bout de dix minutes, c'en est trop, mon agoraphobie reprend le dessus, nous verrons le coucher depuis le Mutton Bird Island lookout. Excellent choix, seuls 3 touristes asiatiques sont là. Pourquoi avoir renoncé à la photo des 12 apôtres ? Un groupe de français de 25 ans buvant leur Jack Daniels + coca lorgnant et causant grassement sur un groupe d'allemandes même pas majeures. Plus le temps passe, plus je comprends pourquoi les touristes français jouissent d'une mauvaise réputation.


Samedi 27 février - De Port Campbell à Naracoorte
Point de courage pour immortaliser le lever du soleil sur les 12 apôtres, acte manqué ? Probablement je n'ai guère encore envie de me retrouver au milieu de la foule. Nous retournons sur la partie dite Loch And Gorge, d'où, en à peine deux heures, l'on peut observer différentes et intéressantes formations rocheuses résultant de la lente érosion du " limestone " par le Southern Ocean. L'on prend conscience de la puissance des eaux, plus particulièrement du coté de Blowhole, tunnel étroit dans lequel s'engouffrent de puissantes vagues pour exploser à l'autre extrémité. Ce n'est qu'une question de décennies avant que le tunnel ne s'effondre complètement. La région est aussi fameuse pour ses épaves, rien de bien étonnant quant on voit la force avec laquelle les vagues viennent se fracasser sur les verticales falaises.
AU - Port Campbell National Park - Great Ocean Road - Loch and Gorge area - The Blowhole
Nous continuons la Great Ocean Road toujours vers l'ouest. Le ciel est gris et l'atmosphère pas vraiment digne d'un été australien. Nous voyons les autres formations remarquables : l'arche et le fameux London Bridge qui s'est effondré en 1990.
AU - Port Campbell National Park - Great Ocean Road - London Bridge
Prochain arrêt, Port Fairy où nous nous promènerons sur Griffith Island. Cette presqu'île héberge une importante colonie de Shearwater aussi connus sous le nom de Muttonbirds, oiseaux aux us étranges, fideles pour la vie mais aussi laissant les jeunes seuls en mode troglodyte durant la journée. Nous ne verrons que des carcasses et des plumes, donc les parents étant ailleurs occupés à chercher de la nourriture. La côte est belle, roches noires déchiquetées et océan bleu foncé sur toile de ciel aux nuances grisâtres.
AU - Great Ocean Road - Port Fairy - Griifth Island
Les blancs s'installèrent en 1835 pour chasser baleines et phoques et, le littoral entre Port Fairy et Cape Otway est connu pour ces nombreuses épaves : juste châtiment à l'encontre des bouchers des mers.
Nous quittons la Great Ocean Road pour aller dans les terres, jetant au passage bien trop de fruits et légumes à la frontière Victoria / South Australia peu avant Mt Gambier.
Comme il nous reste quelques heures avant la tombée de la nuit, je tente un coup de poker : la carte indique Little Desert National Park. Avec un nom pareil, mon frère pourra peut être enfin y voir un Goana, ce serait légitime, puisque l'ayant bassiné depuis 7 jours sur la banalité de ce reptile. La nuit est tombée, le doute s'installe. Au moins 150 km à parcourir et nous ne savons même pas où les campgrounds se situent dans ce gigantesque parc. Aussi, nous nous arrêtons sur le dernier village sur la carte avant le potentiel dessert. Pour le moment, le paysage est passé des terres viticoles aux pâturages à bovins, rien de bien désertique ! A Naracoorte, nous trouvons un accès internet ruinant nos espérances : en plus de l'importante distance nous séparant du parc, j'apprends que les pistes ne sont accessibles qu'en 4x4, définitivement pas une option viable pour la Jackymobile de nuit. Nous nous rabattons ainsi sur le camping local, un Big4, où le gardien est aimable comme une porte de prison. Nous voila donc à planter la tente non loin des blocs sanitaires sous la lumière d'un réverbère : on a connu des campements autrement plus poétiques ces derniers jours, néanmoins, la douche chaude est, en cette fraiche nuit, la bienvenue.

Dimanche 28 fevrier - De Naracoorte à Adelaide
Les Rosellas et Kurawongs, dont j'ignorais les talents de choristes, me réveillent aux aurores. Le ciel est vierge de nuages mais le vent est fort et le fond de l'air glacial. Apres un solide petit déjeuner, nous filons au " visitor centre " qui nous explique que la route au Nord Ouest sera ennuyeuse et que nous ferions mieux de rallier la côte. Nous obtempérons et allons en direction de Kingston pour rejoindre le Coorong National Park. Ce paysage minimaliste présente néanmoins un certain charme.
AU - Somewhere between Naraccorte and Kingston
Le nom du parc de Coorong est dérivé de l'aborigène " karangk " signifiant " cou étroit ". Le parc de 100km de long, est un long, fin et peu profond lagon salin.
Premier arret : Chinamens Well. L'on voit ici comment les chinois ont découpé le " limestone " en arc de cercle pour en faire les contreforts de puits. Le lieu est désert et, la lumière, reflétée par le sol blanc immaculé, est aveuglante. L'on distingue ainsi aisément les Bull Ants aux corps noirâtres.
AU - Coorong  National Park -  Pipe Clay Lake - Bull Ants
Plus tard sur la route, nous irons marcher sur les étranges lacs salés. L'on a l'impression d'évoluer sur une fine couche de glace, craquelant sous notre poids, mais ne se dérobant pas. Nous déjeunons au point de départ du Lakes " nature trail walk ". Cette promenade nous emmène à la rencontre d'un ancien lac salé. Nous quittons le sentier balisé pour rallier un petit îlot de verdure au milieu de ce désert minéral où aucune créature n'a élu domicile ; des traces d'émeus pétrifiées indiquent la présence de ces grands volatiles, mais, aujourd'hui, la nature est avare en rencontres animales. En rejoignant par la suite le chemin balisé, des panneaux présentent les végétaux du bush local, cela ne me fait pas de mal de mettre à profit mes neurones même en vacances. Dernier stop à Jack Point, réserve où les pélicans se reproduisent, mais visiblement, la saison des amours n'est pas en été.
La Princes Highway quitte alors la côte pour longer la Murray River. Nous passons la nuit chez Brenton & Sue non loin d'Adelaide, où nous rejoignons notre mère. Nous mangeons comme des princes pour la première fois depuis dix jours et sommes fins prêts pour Kangaroo Island.


Lundi 1er Mars - D'Adelaide à Kangaroo Island
Une heure de route pour rejoindre Cape Jervis, l'embarcadère pour le ferry à destination de Penneshaw. La traversée est très courte mais la houle a eu raison des touristes asiatiques : nous n'avons meme pas atteint la moitié du voyage que déjà ces derniers sont en train de se donner à cœur joie la tête dans leurs sacs en papiers.
Nous voila donc arrivés à Penneshaw pour récupérer un véhicule tout terrain car nous avons ouïe dire par les locaux que les pistes sont dans un état minable. Je ne fais pas souvent de propagande dans mon blog, mais lorsque la prestation flirte avec l'excellence ou la médiocrité absolue, je pense qu'il est bon de citer quelques noms. Aujourd'hui c'est de l'anti-publicité dont il s'agit.
Evitez de louer votre véhicule chez Budget. La vieille fille faisant office de réceptionniste est une horrible sorcière mal léchée, tachant de vous empêcher de suivre l'itinéraire que vous avez planifié, en usant de fausses informations, tentant de vous rerouter vers les motels dont elle doit surement posséder des parts. Elle nous ment sur l'état des routes, sur les durées de parcours, etc. A croire que Kangaroo Island est une contrée dangereuse… Je ne pense pas qu'il y ait des guerres ethniques à coups de Kalachnikov et grenades, et les pistes ne doivent pas avoir été détruites par les mines ou encore déformées par les tanks. Elle me traite implicitement de con en expliquant que le 4x4 n'est pas assuré contre la bêtise car elle pense que je veux rouler comme un cowboy à tombeaux ouverts, chose choquante, mes 20 ans étant une décennie en arrière mais, de surcroit cette vieille garce se permet ce genre de remarques en la présence de ma mère ! Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas dire ouvertement à ma génitrice qu'elle a engendré deux retardés ? Inutile de demander à la vieille peau si elle est atteinte d'un syndrome de Tourette car elle ne vous écoute pas et débite son discours d'inepties pré-formatées avec son insupportable ton monocorde. Enfin, elle frimera en montrant qu'elle par le français et explique qu'elle est la descendante des premiers colons de l'ile. Et bien, je crois que le sang de ces dits colons, s'est mélangé à bien trop de reprises... Bon, la frustration laisse place alors à la/ pitié envers cette pauvre fille et nous tentons de nous contenir pour ne pas rigoler lorsque qu'elle nous dit que l'assurance ne couvre le véhicule que de la tombée du jour au lever du soleil, soit, précisément de 19h54 à 6h57. Vieille maniaque, va !
Apres ce pathétique épisode, nous nous rendons au syndicat d'initiative de Penneshaw, où, la gentille et jolie réceptionniste m'invite à remplir un formulaire pour les aider à se débarrasser de l'acariâtre momie.
Nous filons déjeuner à Point Ellen sous les rafales qui agrémentent nos sandwiches de sable blanc. Nous allons ensuite à l'office du Flinders Chases National Park récupérer notre sauf-conduit et effectuons la réservation du campement de West Bay, situé à l'extrémité ouest de l'ile. Nous apprenons que la promenade le long de la Rocky River est fermée et les plateformes d'observation des ornithorynques sont toujours détruites suite à un incendie. Je pense que je ne verrai jamais un Platypus dans la nature.
Nous allons premièrement à Admirals Arch voir les Fur Seals. Le temps est exécrable : pluie et vents puissants. Une promenade sur des pontons en bois permettent s'assister au spectacle de la grande colonie de phoques, ces derniers ne se soucient guère du climat et font la sieste ne prêtant aucune attention aux observateurs bipèdes.
AU - Kangaroo Island - Admirals Arch
Les barrières sont certes frustrantes mais devant le nombre de touristes, leur présence est légitime et permettent aux mammifères marins de vivre en presque totale quiétude. Les juvéniles sont en action et montrent leur agilité et enthousiasme en jouant dans les eaux un peu plus clames, de l'autre coté de l'arche.
AU - Kangaroo Island - Admirals Arch - NZ Fur Seals
Peu après, nous allons à Weirs Cove où quelques ruines sont le vestige du point de rapatriement des vivres. Là encore, au pied des verticales et hautes falaises, des centaines de phoque font un somme.
Plus tard nous voila à Remarkable Rocks, légèrement plus à l'est. La pluie a enfin cessé et le vent balayé les nuages. Les rochers sont effectivement remarquables ; d'énormes boulets, certains aux formes douces et arrondies, d'autres aux arrêtes plus tranchantes semblent avoir été déposés là par magie sur leur socle granitique. C'est un superbe terrain de jeu pour photographes, mais, je prends plus de plaisir en escaladant ces formations géologiques.
AU - Kangaroo Island - Remarkable Rocks
Maintenant, nous empruntons la piste de West Bay où nous nous arrêtons pour une rapide ballade, Snake Lagoon. Bizarrement, aucune vie animale dans le bush, seules deux ou trois écrevisses, mais surtout des centaines d'écailles prouvant qu'elles sont le mets de choix d'échassiers tels que le héron gris.
La nuit va bientôt tomber, nous voici au campement de West Bay, dressons la tente et cuisinons une ratatouille encerclés par les Possums qui sont jaloux de notre festin.

Mardi 2 mars - de Kangaroo Island à Adelaide
Nous roulons sur la Shackle Road et allons à Cape Borda. Des kangourous s'abreuvent autour d'un vieux robinet qui goutte près du phare.
AU - Kangaroo Island - Cape Borda - Kangaroo Island endemic Kangaroo
Nous suivons le Clifftop Hike qui longe de vertigineuses parois surplombant l'océan enfin calme et montrant ses vraies couleurs paradisiaques… je n'ai qu'une envie : plonger dans le coin !
AU - Kangaroo Island - Clifftop Hike - Scotts Cove
Nous déjeunons à Nepean Bay où, lors de la session vaisselle, découvre que la baie regorge de moules géantes : les Horseshoe Mussels, leur taille est proprement hallucinante.
Plus tard, nous admirons la baie de American River où les dauphins et autres Eastern Fiddler Rays [Cf. Jervis Bay]
Enfin, dernier arrêt à American Beach où les eaux sont d'une transparence peu commune. Aussi, je décide de braver le froid pour une session snorkeling au milieu de nombreuses méduses. La beauté de ces cnidaires me permettra de résister à la froideur des eaux qui, rappelons le, au passage, sont le territoire de pingouins.
AU - Kangaroo Island - American River Beach a.k.a. Baudin Beach - Jellyfish
Nous verrons d'ailleurs quelques uns de ces alcidés à Penneshaw, leur famille étant celle des Little Penguins.


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lundi 20 octobre 2008

Tasmania - Overland Track

Samedi 11 octobre – De Sydney à Hobart
Je suis épuisé, j’ai dormi la presque totalité du vol mais suis alerte pour les dernières minutes du vol et suis captivé par la beauté de la Tasmanie vue d’en haut. Il y a encore pas mal de neige, le trekking promet d’être épique !
Anais [collègue de plongée des Amis de la mer] vient me cueillir dans son super van de beatniks et me voila donc parti pour Hobart. Me voici installé ainsi que leur nouveau colocataire allemand qui était dans le même avion. JB, le copain d’Anais, revient de sa session voile et nous nous retrouvons joyeusement sous un soleil radieux pour un saumon tasmanien mariné saisi sur le barbecue.
Tassie BBQ
L’après midi sera consacrée à compléter mon matos de rando ainsi que les vivres.

Dimanche 12 octobre – De Hobart à Queenstown
Apres une soirée de retrouvailles arrosée à la limite de la complète déraison, il est temps d’attraper la navette pour Queenstown. Queenstown, ville de mineur, vit de l’exploitation du cuivre depuis plus de 100 ans. Le paysage est lunaire, façonné par la main de l’homme et complètement stérile de part les vapeurs d’acide employé pour le traitement du minerai.
Queenstown - Tasmania
Il est tard, 20 heures, et seul le pub du village peut nous rassasier [Ha oui, on, Marc, un canadien, fait aussi étape ici avant de faire l’Overland tout comme votre narrateur]. Pas de surprise, dès que nous rentrons, les locaux sont là, et comme de coutume, alcoolisés à l’extrême. Des caricatures toutes sorties du film Délivrance : un vieux barbu nous zieutant, au cerveau bloqué sur la rengaine « sweet ass » ; un presque trentenaire, aux dents manquantes avec son bandeau Holden vissé sur le crâne ; et, enfin l’adolescent en cruelle crise identitaire, voulant imiter ces champions, avec un ridicule tatouage fait maison, arborant un stupide « Yeah ! » à raison d’une lettre par doigt et ce, en double exemplaire s’il vous plait. Nous faisons fi de leurs remarques et autres provocations et, leur adresserons en réponse des sourires aussi intelligents que sincères.
Ha oui, petit détail croustillant, le diner servi [pas degueulasse en soi] baignait dans la sauce « gravy ». Il s’agit d’une sauce faite autour de jus de viande, farine et eau, mais ici, bien entendu, ils utilisent du lyophilisé. J’avais remarqué que l’on pouvait aussi commander des barquettes de frites et « gravy »… pourquoi pas ! Mais, le lendemain matin, le café du coin proposait au menu du petit déjeuner des « bacon egg rolls + gravy », n’importe quoi ! Peut être l’embonpoint des locaux est-il lié à cette surconsommation de sauce ? Donc, plutôt que d’être injuste et méchant, en lieu et place de « consanguinité et alcoolisme », je nommerai Queenstown « Gravy City ».
PS : pour ceux que cela intéresse, je commercialise des T-shirts « I survived Queenstwon Tasmania »…

Lundi 13 octobre – De Ronny Creek à Waterfall Valley
13 heures, me voici enfin sur l’Overland Track. Le départ depuis Ronny Creek est très paisible, sous un soleil enchanteur, illuminant les patchworks végétaux qui alternent le vert clair des nouvelles pousses et le rouille post fonte des neiges. A peine arrivé à Lake Crater, le vent se lève avec une force colossale, me faisant valser tel un pantin .
Lake Crater
Les 25 ou plus kilogrammes de mon sac contribuent à ma maladresse… quelle idée d’avoir un sac aussi lourd ! Pourquoi ne pas aller « trekker » revêtu d’une armure moyenâgeuse ? La raison d’un sac aussi lourd n’est autre que 7 jours de vivres, mais, en bon optimiste, cela ira mieux jour après jour.
Kitchen Hut, juste au pied de Cradle Mountain, porte bien son nom, je me fais une joie d’ôter 125 grammes au kilo 500 de couscous prévu pour la semaine.
Craddle Moutain
Une fois mon déjeuner avalé, je sors de la cahute, et là, le chaos ! Il neige, et le vent a encore gagné en intensité. Le sommet est dorénavant dans une purée de pois, tant pis pour l’ascension en solo avec de pareilles conditions.
Craddle Moutain
Autre sommet sur la route, le Barn Bluff, mais la météo est toujours aussi mauvaise et ce damné vent me glace la joue droite depuis bien trop longtemps, je mets donc le turbo en direction de Waterfall Valley Hut où je me réchaufferai avec un bon diner déshydraté [oxymore !] et plongerai dans mon duvet de compétition.

Mardi 14 octobre – De Waterfall Valley à Windermere
Il s’agira de la journée de marche la plus courte : 12 bornes en tout et pour tout ; je sais, je deviens vieux et paresseux. Le vent s’est déchainé durant toute la nuit dernière mais pas suffisamment pour débarrasser le ciel des nuages menaçants. Ce matin, il neige des flocons de taille moyenne et la blanche atmosphère ne me motive guère, il faut dire qu’il faisait plus de 30 degrés à Sydney 2 jours plus tôt.
La marche ne durera même pas 4 heures, mais m’aura laissé le temps de côtoyer de nombreux wallabies de très près.
Bennetts wallaby
Les paysages sont superbes et je n’ose pas imaginer ô combien la Tasmanie doit être belle sans cette pluie glacée et cette abondante boue.
Cet après midi, une sieste pour digérer mes 250g de couscous, et les restes de viande bouillie de la veille à la sauce tomate concentrée relevée d’une entière gousse d’ail... Je mange vraiment n’importe quoi !
Je tuerai le temps a observer le lac voisin du refuge esperant apercevoir un Platypus.

Demain la plus longue journée de marche s’annonce, il me faudra être en forme.

Mercredi 15 octobre – De Windermere à Pelion Plains
Ce matin, il fait encore plus froid. Trop froid pour qu’il neige, tant mieux. Ce matin, les plaines désertes façon steppe sont bien sur un énorme boulevard qu’emprunte jovialement Eole.

A ces souffleries, se succèdent des forets de conifères poussant anarchiquement, ces dernières étant des abris providentiels si l’on fait fi des chemins embourbés parsemés d’un canevas de racines aussi torturées les unes que les autres. Oui, donc, il fait froid, mes pieds sont trempés, je suis loin du cliché idyllique que je me faisais de cette randonnée printanière.

Vers midi, les nuages ont enfin été soufflés et le ciel bleu se fait finalement apercevoir, certes, ceci est bien inutile dans la partie foret humide mais psychologiquement c’est un boost aussi efficace qu’une bonne vieille figue séchée. La dite foret laisse ensuite place à de nouvelles grandes plaines qui cette fois sont chaleureuses sous les rais et les panoramas avec le Barn Bluff et Cradle Mountain en fond en font un lieu incontournable pour la sieste.
Le refuge de ce soir est de taille gigantesque destiné à accueillir 40 personnes, et, je serai le seul à en profiter, c’est assez déroutant. Fort heureusement, les wallabies en nombre, et, bien qu’un peu limités dans leur conversation, me sont d’agréable compagnie.
Ha oui, en voulant dénicher de l’ornithorynque, j’ai récolté quelques sangsues et comme un gosse, je m’étonne de leur capacité à résister à la flamme de mon briquet.



Jeudi 16 octobre – De Pelion Plains à Kia Ora Creek
Ciel bleu le matin, point de chagrin ! Je n’ai toujours pas vu de wombat, pourtant je me suis levé avec le soleil et ai passé plus de 2 heures à chercher pour un résultat nul.

Je passe mon temps à croiser un groupe d’étudiants en « T.A.F.E. outdoor recreation » ; comprenez un D.U.T. de glande en plein air, et ceux-ci bien que nombreux ont vu nombre de wombats, je maudits ces jeunes chanceux, et je meurs de jalousie !
Aujourd’hui direction le haut plateau de Pelion Gap avec l’escalade du petit sommet, le Mount Pelion East [1433m]. Son proche voisin, le Mount Ossa [1617m], le plus haut point de Tasmanie est encore bien trop enneigé pour en tenter l’ascension. La vue d’en haut est sublime et l’on constate que l’on pourrait marcher durant de nombreux jours avant de retrouver la civilisation.
A gauche : un bout de Mt Ossa et a droite : Mt Pelion West
Je marche désormais dépourvu de gants, polaire, veste goretex, bonnet, est un divin plaisir tant je me sens léger [4 jours de victuailles consommées y sont pour quelque chose], et je vole à travers les plaines en contrebas du col.
Ce soir, je plante la tente, j’en ai assez de ces refuges vides et puis je veux maximiser mes chances d’entrevoir un wombat ou éventuellement la presqu’éteinte espèce du diable de Tasmanie. Première douche de la semaine sous une cascade où l’eau doit être à moins de 8 degrés, mais le soleil est là, je me sens comme neuf et mes chaussettes aussi !

Vendredi 17 octobre – De Kia Ora Creek à Windy Ridge
Ce matin encore j’apprends que les apprentis guides ont vu un wombat, et dire que j’ai passé plus de 2 heures, la frontale sur le crâne, sans aucun résultat, cela devient désespérant !
Il a plu toute la nuit et il pleut encore ce matin, je n’aime pas plier le camp et plus spécialement une tente mouillée. Aujourd’hui, journée chutes d’eau : trois marches annexes [ou « side-walks » comme l’on dit ici] : D’Alton, Ferguson et Harnett falls.
D’Alton Falls
Rien à redire, l’on ne m’a pas pris en traitre, les chutes d’eau sont dignes de ce nom, relativement hautes et avec un débit bien plus qu’honnête. Mention spéciale pour la dernière, en me penchant vers le vide, quelle ne fut pas ma surprise de voir un serpent noir luisant. Il s’agit en fait d’un Tiger Snake, mais, contrairement à son cousin du « main land », il n’arbore pas de rayures félines. Le climat étant bien plus froid en Tasmanie [vous avez du constater combien je me suis plaint des conditions météo le long de cet articleJ], le captage de chaleur est bien plus efficace tout de noir vêtu, la nature est décidemment bien faite ! Veuillez m’excuser pour la photo non cadrée, mais, ma main gauche agrippée à la racine d’un « gumtree », était mon assurance vie, la jambe gauche sur la paroi et la droite une bonne vingtaine de mètres au dessus du vide… Par déduction, il ne me restait donc plus que la main droite, pour ajuster les réglages, cadrer et immortaliser le reptile… ce n’était absolument pas confortable !
Tiger Snake
Le chemin menant à Windy Ridge est long et fatiguant car le sol est à nouveau ce réseau de racines sur plus de 5 kilomètres, le tout en descente dans une foret humide. Cela dit les King Billy « pine trees », purs géants, sont impressionnants et permettent d’oublier l’usure des genoux. L’on peut noter sur de massives souches, d’énormes entailles laissées par les bucherons de l’époque qui construisaient des sortes d’escaliers autour des honorables feus arbres. Enfin, me voici arrivé à la hutte de Windy Ridge, l’on ne peut même pas parler de hutte puisqu’il s’agit de la plus exubérante réalisation sur l’Overland Track. Une débauche de luxe sur une surface démesurée. Bon, je ne cracherai pas sur le luxe ce soir !

Samedi 18 octobre – De Windy Ridge à Pine Valley
Dormir dans ce refuge fut une bonne idée tant il a plu durant la nuit. Ce matin, ciel bleu et moral au plus haut, bien que toujours bredouille en matière de wombat. Il fait très chaud et les jambes se font vite très lourdes et le sac un calvaire de part son intensive action de cisaillement des épaules. Je devrais pourtant être à 200% pour ma dernière journée de randonnée, de plus le sac est maintenant une plume puisqu’allégé de toute la nourriture, gaz et de plus, je ne transporte plus qu’un demi litre d’eau puisque m’abreuvant directement dans les ruisseaux. Non, rien à faire, en ce samedi, je vais trimer. Par chance, ma prochaine destination s’appelle Pine Valley et regorge justement de ces fameux pins géants dont je vous ai parlé dans le billet de la veille.
King Billy Pine Tree
Mi-journée, après avoir terminé pain et fromage (je ne pensais pas qu’un boulanger non français put me fournir du pain résistant 7 jours), les forces m’abandonnent et je me laisse aller à une sieste sur le ponton de l’héliport. Nom de nom, il est déjà 15h30 et de nombreuses promenades annexes me tendent les bras. Aux dires de mon topo, il me faudra 3 heures pour faire celle dite du Labyrinth, ce qui est ultra limite si l’on considère qu’il fait nuit noire à 19h. Tant pis, allons-y, la vue depuis le col en vaudra la peine, le lac St Clair étalant ses 14 km jusqu’au bout de l’horizon.
Lake St Clair - view from The Labyrinth
Le retour est folklorique, et je ne manquerai pas de m’étaler de tout mon long à plusieurs reprises. La dernière chute étant plus douloureuse que les précédentes, puisqu’ayant récolté un index tordu au passage. De retour au camp de base, je me bricole une éclisse à coups de Laguiole et plonge ce maudit doigt dans l’eau gelée des torrents.
home made splint


Dimanche 19 octobre – De Pine Valley à Cynthia Bay et retour sur Hobart
Damned ! Il est déjà 9 heures et je n’ai toujours pas quitté mon refuge. Je suis à la ramasse, nuit agitée, réveillé à 2 heures du matin par mon atèle trop serrée, à 3 heures par un possum nain farfouillant non loin de mon couchage. Il faut en théorie 3 heures pour rallier Pine Valley à la jetée du lac ; record battu, moins de deux heures, dont certaines portions en courant, la peur de rater le bateau, seul lien efficace et rapide pour rejoindre le monde « civilisé », m’a fait pousser des ailes.
shuttle to civilization
Le lac est le plus profond d’Australie, 167 mètres, et je ne manque pas de demander au capitaine si ces eaux ne renferment pas quelque créature issue de la cryptozoologie. J’apprends qu’il est pêcheur à la mouche et que le lac renferme de belles truites. Bien que celles-ci aient été introduites, il est possible de s’adonner à cet art sur une aussi vaste étendue. Comment lit-on un lac par rapport à une étroite rivière où le poisson n’a normalement que peu de choix concernant ses appartements ?
Sitôt le pied sur la terre ferme, je me rue vers la cafeteria et m’engloutis un gâteau aux mures ainsi qu’un autre au chocolat, le tout arrosé de Guinness : vive les vices du monde industrialisé !
Le chauffeur de la navette pour Hobart est un dingue, il a multiplié les dépassements à l’aveugle et suis très heureux d’être encore de ce monde pour vous compter ces agréables vacances. Le soir, Anais et JB, m’accueilleront en grands princes, le fromage et le bon vin pour l’apéritif et de sublimes lasagnes originales composées de poulet, poireau et autres innombrables légumes. Profitions en car, demain, retour sur Sydney et marathon médical pour mon index détruit.

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Annexe : check list pour une semaine de randonnée sur l’Overland Track :

Matériel :

  • Sac à dos + surcouche étanche [le mien fait 85 litres, un Millet Khumbu, c’est trop]
  • Duvet en plumes [Millet, température de confort à - 11]
  • Frontale [Petzl Tikka plus] et piles de rechange
  • Matelas auto gonflant
  • Réchaud a gaz [Markil spider], 2 recharges de gaz
  • Sac étanche [pour y ranger ses vêtements]
  • Camelback
  • Gourde de 1,5 litre aluminium [optionnel sur l'Overland Track]
  • Popote inox [MSR], fourchette, petite cuillière et un kar
  • Un poncho
  • Un couteau
  • Une carte / topo [je n’ai pas acheté de carte, le chemin est bien trop simple et parfaitement indiqué ; de plus, le topo dans le Lonely Planet « Walking in Australia » est suffisamment détaillé]
  • Une boussole [optionnel sur l’Overland Track]
  • Guêtres
  • Un kit de couture
  • Drisse de 5 mètres
  • Sacs à congélation de type « zip lock » [très utiles pour y ranger le couscous, et y mettre les déchets sans que ceux-ci n’embaument votre sac]
  • Un sac à dos pliable léger [day pack], super utile pour les « side walks ».

    Hygiène / pharmacie :
  • Une trousse de premier secours [compresses, pansements, elastoplaste, ciseaux, épingles à nourrice, bandage, pince à epiler, Bétadine, anti inflammatoires, aspirine, crème piqures insectes, couverture de survie]
  • Crème solaire et stick pour lèvres
  • Brosse à dents, dentifrice
  • Tea lotion : remplace le savon et ne pollue pas
  • Pastilles purifiantes pour l’eau [optionnel]
  • Une serviette en micro fibres

    Habillement :
  • Une veste Goretex la plus légère possible
  • Un short
  • Un pantalon dont les jambes se "dezippent"
  • Un Tshirt en merino
  • Un top technique à manches longues
  • Un top technique à manches courtes
  • Une polaire
  • Gants
  • Bonnet
  • 3 paires de chaussettes [2 pour la marche, une pour le soir]
  • 2 sous vêtements
  • Une bonne paire de chaussures de rando étanches
  • Une paire de tongues [pour le soir]
  • Lunettes de soleil

    Nourriture :
  • 1,5 kg de couscous
  • 400g de noix diverses
  • 5 sachets de nouilles chinoises
  • 10 soupes instantanées [j’avais prévu 3 rations en rab]
  • Miel
  • 500g de vrai fromage
  • Un gros pain à farine noire
  • 200g de beurre de cacahouètes
  • 2 sachets de 50g de concentré de tomates
  • 6 bouillons cubes
  • 1 gousse d’ail
  • 750g de fruits secs [300g paw paw, 150g ananas mangue, 150g abricot noix de cocos et 150g de dates] ; je n’ai pas trouvé de bananes séchées :-(
  • 2 pamplemousses roses
  • 6 barres de céréales
  • 4 boites de sardines
  • 3 boites de thon

    Divers :
  • Appareil photo, batteries, deux cartes mémoire
  • Un bon livre
  • Bloc notes et crayon

    Budget du trip :
    Moins de 600 dollars australiens ; i.e. 310 euros [Attention, ce budget ne prend pas en compte le logement sur Hobart [2 nuits] ainsi que les repas non consommés durant la randonnée]
  • Nourriture : environ 130 dollars [dont AUD 30 sur Queenstown diner et petit déjeuner]
  • Transport : AUD 414 [dont AUD 200 avion [Jetstar à l’aller, Qantas au retour] A/R Sydney – Hobart, AUD 116 Bus Tassie Link : Hobart – Cradle Mountain – Hobart Tarif Backpacker, AUD 25 Taxi Sydney aéroport. AUD 45 taxi Hobart – aéroport, AUD 28 ferry Lake St Clair]
  • Logement : une nuit en backpacker Queenstown AUD 20
  • Divers : permis parc national Overland Track AUD 28 [Attention, entre le 1er novembre et le 30 avril, ils vous taxent AUD 150]
  • dimanche 16 mars 2008

    Jervis Bay – scuba diving and Eastern Grey Kangaroos galore

    Ce weekend, direction Jervis Bay à 200 km au Sud de Sydney. Réveil difficile a 4h30 du matin pour être de bonne heure au dive center d’Huskisson. Mon pilote et camarade de plongée est Hannu, un finlandais que j’ai rencontre en plongeant à Coffs Harbour ; nous avons le même nombre de plongées au compteur mais lui s’est formé aux détours du monde : quel veinard! Nous voyagerons en mode ultra économique : voiture de société et pétrole sur sa note de frais! J’ai vraiment trouve le camarade idéal, sympathique, pausé et disponible puisque sa compagne ne le rejoindra qu’en Octobre : nous avons donc de beaux trips plongées en perspective!
    Jervis est une paisible baie pour familles, retraites et fanas de pêche. Entourée de foret, les kangourous gris y abondent à tel point que j’en ai vu bien plus ici en une journée qu’en dix mois aux quatre coins du continent.
    Jervis Bay - Grey Kangaroos
    Les marsupiaux sont partout et squattent volontiers, en meutes, toute parcelle de verdure accueillante et plus particulièrement le green du golf de Vincentia.

    La baie de Jervis est réputée pour ses nombreux cétacés : baleines en hiver et dauphins tout au long de l’année ; cependant ces derniers n’ont pas pointé leur bouille durant ces deux jours. Si les cotes sont aussi accueillantes, c’est parce que le développement immobilier est presque nul car la marine australienne y a élu domicile en y implantant une base. Les cétacés ne sont pas les seules espèces à venir profiter de ce havre de paix, les otaries y établissent leurs quartiers hivernaux d’Aout à Novembre, une opportunité de plongée à ne pas manquer et mon agenda est d’ores et déjà à jour!
    Venons en aux plongées ; celles du samedi n’ont rien eu de particulier a offrir de part leur visibilité plus que moyenne et la triste stérilité des spots. Cependant le dimanche sera d’un tout autre acabit : très bonne visu, cavités et tunnels formidablement ludiques et festival d’espèces peu communes dans ma maigre expérience de plongeur du Pacifique : un Weedy Sea Dragon [hippocampe géant] et deux Giant Cuttlefishes [sèches] possédant des facultés de mimétisme phénoménales n’ayant rien à envier a celles d’un caméléon. Autre fait marquant, les nombreux thermoclines, qui, lorsque les traversant, vous saisissent par leur extrême froideur ; ceci dit, vous êtes préventivement alertés car ces strates thermiques sont repérables tant elles sont épaisses et troubles.
    six spine leatherjacket
    Le club de plongée local deep6diving n’est pas des plus accueillants, à croire que les professionnels de la Nouvelle Galles du Sud cultivent leur caractère d’ours mal léchés! Néanmoins, le dive lodge, du coté de Paradise Beach propose des prestations exceptionnelles pour un prix dérisoire.
    Huskisson - Jervis Bay
    Comme à chaque fois, je ne veux pas rentrer sur Sydney pour continuer à profiter du calme et des plages de sable blanc, mais, mon collègue de palanquée est la pour me remettre sur les rails de l’excitant train train du fabuleux et merveilleux monde du travail.

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    lundi 16 juillet 2007

    Retour sur Alice Springs

    13/07
    Retour à la civilisation, un vrai lit, internet, une douche, etc.

    14/07
    La Camel CUP. Tout de jaune affublés et sponsorisés à outrance par les magasins locaux, les chameaux s'affronteront sur la très célèbre piste d'Alice Springs.
    Alice Springs Camel Cup
    15 bestiaux sur la piste et autant de jockeys carrément amateurs. Le départ est à se rouler par terre puisque les pilotes ne sont absolument pas maitres de leurs montures ; une ironique anarchie règne et les camélidés s'en vont guidés selon leur seul et unique gré. Je n'assisterai qu'à trois courses tant les interludes sont ridicules et ennuyeux : les "rickshaw races", courses de travestis tractant manuellement une charrette et autre artifices inintéressants au possible. Cela dit, cet événement [oui, c'est est un, puisque le seul autre de juillet est la foire au bestiaux], mérite le détour car il est révélateur de l'esprit cowboy régnant dans l'Outback. Hommes et femmes affichent alors leurs jolis chapeaux et jeans, tels des texans assistant a un rodéo, les stands de malbouffe grasse au possible pullulant et la bière coulant a flots. Outre cet aspect ostentatoire de la "beauferie", la bonne humeur règne et les humains font preuve d'un civisme dont nous devrions prendre exemple tant nous sommes les champions des mauvaises fins des fêtes de village...




    15/07
    Les bons plans naissent autour d'un petit dej'. Je rencontre un australien qui souhaite aller voir les East Mc Donnel Ranges, ni une, ni deux, je dégote deux autres personnes et voila une voiture bien remplie. Le trip de 200 km revenant à 6$ par tète. Quand l'on voit les tours operateurs facturant 100$ pour une prestation équivalente, je me dis que j'ai rate ma vocation de "titghfisted guide" [G.O. radin]...
    Petit détour par le marche dominical d'Alice où vous trouverez des chapeaux "true blue" en cuir de kangourou [Promis, je vais consacrer un article à l'argot australien très bientôt...]. Chapeau en cuir à une cinquantaine de dollars, ce qui est une très bonne affaire puisque les lieux soit disant bon marche tels que Kununara ou Derby les vendent près de 70$.
    Concernant les East Mc Donnel Ranges, nous nous arrêterons partout : Emily Gap, Corroborree Rock, Ross River, Jessie Gap.
    East Mc Donnel Ranges
    Rien de bien excitant, de l'art aborigène minimaliste : des rayures verticales censées représenter 3 chenilles géantes, et des rayures horizontales illustrant la parure d'un émeu géant du temps de la création. Personnellement, je n'y verrai que des codes barres ocres [mais je dois avouer que l'art et moi font plus que deux...].
    Les couleurs précédant le coucher du soleil transforment littéralement les paysages et leur donnent une allure presque auvergnate. Conseil avise d'un fan de Skippy le grand gourou, allez à Alice Springs, sur les lieux de l'ancien télégraphe [à l'origine de la naissance de la ville], pour admirer les kangourous qui évoluent par dizaines.
    Alice Springs - Telegraph Station


    16/07
    Houhou j'ai réservée mon vol pour Cairns, à moi la Grande Barriere et les forêts tropicales humides. Aujourd'hui journée culture au jardin botanique : deux heures pour devenir un docteur es-acacias, deux heures supplémentaires et me voila Prix Nobel des " gumtrees " et ce grâce au superbes booklets, visitez et apprenez par vous même, vive l'initiative. Bon grosso modo, utilisez l'eucalyptus pour soigner les maux et creusez à la base des troncs des acacias pour y trouver des larves ultra tip top remplaçant haut la main les barres énergétiques façon nourriture de cosmonautes. Malheureusement, le personnel du dit jardin ne m'a pas laisse entrer avec ma pelle américaine...
    Je me cultive en compagnie de Simon, un pur australien, qui était sur Alice 10 ans auparavant et ayant bossé en tant qu'ingénieur civil en constructions dans les quartiers aborigènes. J'aurai donc droit à une visite ultra underground qu'aucun " tourist office " ne propose et ne proposera surement jamais. Apres avoir atteint le point culminant du jardin botanique, nous décidons de couper à travers champs, faisant fi des barbelés en direction du Coolibah Swamp. Non, il ne s'agit aucunement d'un marais contenant des eucalyptus Coolabah mais un terrain désert servant aux orgies indigènes de "château de cardboard", en l'occurrence du vin blanc ultra abordable conditionne en "bag in box". Le quartier est assez craignos [Je vous renvoie à la fameuse interview de Mitterrand faite par Mourousi pour la définition de ce mot], mais nous filons surs de nous en direction de la colline jouxtant le télégraphe, dans le but de vous offrir de nouvelles vidéos de kangourous et photos de wallabies.
    Wallaby near Alice Springs
    C'est ce qu'on nomme altruisme, je mets ma vie en jeu pour deux pauvres clichés de marsupiaux...



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