Apres deux années passées au Canada, il était enfin temps d’essayer de voir des grizzlis (Ursus arctos). Nous vivons sur Vancouver Island et vivons seulement entourés d’ours noirs (Ursus americanus), aussi, aujourd’hui nous nous sommes rendus à Teleghraph Cove au nord de Vancouver Island pour un tour (Tide Rip Grizzly Adventures) qui nous emmènera voir les plus grands plantigrades de Colombie Britannique.
Nous commençons avec deux heures de bateau afin de nous rendre dans un fjord reculé du continent : le Knight Inlet.
Nous avons de la chance, la brume se lève, et la marée sera particulièrement haute grâce à la super lune.
Nous changeons d’embarcation pour un bateau à fond plat avec une plateforme surélevée d’observation. Nos deux guides Lindsey et James emmèneront la barque aussi loin que la marée le permettra et nous permettrons de remonter la rivière où les ours se gorgent de saumons pour préparer leur imminente hibernation.
Nous arrivons à marée basse, nous sommes devant une grande plaine humide où vit une multitude d’oiseaux dont les oies canadiennes (Branta canadensis).
Bien sur, les inévitables Pygargues à tête blanche,(Haliaeetus leucocephalus) sont là.
Nous sommes chanceux et aurons le privilège d’observer une femelle d’une quinzaine d’années avec sa fille qui soufflera bientôt ses un an, et, chose peu commune, la petite ourse est blonde. Les mères se sont habituées aux barques, et, ne se soucient pas de nous, et donc, se concentrent seulement sur leur activité principale : manger.
Lorsque nous redescendons la rivière, le paysage est bien diffèrent la plaine est complètement submergée.
Une multitude de phoques nous saluent dont un particulièrement cocasse.
Au retour nous prenons un chemin différent et passons par le Johnstone Strait, où nous verrons quelques lion de mer (Eumetopias jubatus)
mais aussi plusieures baleines à bosse (Megaptera novaeangliae).
Enfin des vacances. Cela faisait 7 mois que j'attendais ce moment avec impatience. Cette fois point de road trip, point de randonnée, ce sera plongée, snorkeling au Tonga ; plus précisément à la pointe Nord de l'ile de Foa, l'une des iles d'Ha'apai.
Je décide d'emmener mon matériel de plongée. En septembre l'eau est fraiche, 25 degrés. Certes, c'est 10 degrés de plus qu'en Nouvelle Zélande à la même période de l'année. Aussi, le choix se porte sur une combinaison semi-étanche 6.5mm. Ainsi, même après une heure dans l'eau je n'aurai pas froid. Je déséquipe mes détendeurs de mes twins, et reconstruit un set avec octopus, une configuration que je n'avais pas utilisé depuis presque 6 mois. J'emmène ma wing mais sans sa plaque dorsale en acier inoxydable, et la rééquipe de poches à plombs et de bandes souples pour bloc simple. Camera, flash externe et torche à grand angle, 2 maillots de bains, 3 t-shirts, 3 litres de crème solaire, mon sac à dos de 85 litres est rempli a ras bord et pèse 29 kilos.
Pourquoi aller au Tonga ? Et bien parce que de juillet à début octobre, les baleines à bosse se reproduisent, et élèvent leur petit dans les iles du royaume du Tonga.
Pourquoi Ha'apai et non pas Vava'u ? Pour être sur une ile plus calme, peu touristique et surtout parce qu'il n'y a que 2 operateurs de plongée/snorkeling avec les baleines sur Ha'apai ; ces deux derniers étant suffisamment loin l'un de l'autre pour ne pas " partager " et ainsi harasser de concert les baleines.
Pour se rendre à Ha'apai depuis la Nouvelle Zelande, rien de plus simple, Pacific Blue et Air New Zealand opèrent des vols directs Auckland - Nuku'Alofa. Apres moins de 3 heures de vol, transfert au terminal domestique et vol pour Ha'apai avec Chathams Pacific charters, à bord d'un morceau d'histoire, le DC3.
50 minutes plus tard, Dave, le patron du Matafonua Lodge vient me cueillir et 20 minutes après nous voici à la pointe Nord de l'ile de Foa. Je ne m'attendais pas a pareil luxe, mon " fale " comporte deux chambre et vue sur le lagon. Ce petit complexe touristique ne peut accueillir plus de 30 personnes à mon grand bonheur.
Les jours qui suivront seront rythmés par le rythme plongée, snorkeling, nage, grimpe sur les cocotiers, chasse aux crabes, le tout ponctué par l'excellente cuisine de Matafonua.
Le dimanche est sacré pour les locaux. En effet, comme beaucoup d'autres peuples de l'Océan Pacifique, ils se sont fait évangéliser et croient dur comme fer en la religion catholique. Du coup, pas de plongée ou quoi que ce soit de commercial le dimanche. [À l'exception des complexes hôteliers qui ont une dérogation pour pouvoir restaurer leurs clients]. Ce n'est pas un problème, je consacrerai mon dimanche a l'exploration de l'ile vierge, 500 mètres plus au Nord de l'ile de Foa.
La plongée autour d'Ha'apai est belle, de beaux coraux, de toutes sortes, de toutes tailles et de toutes couleurs. Quelques canyons, quelques grottes, quelques colonnes. La vie sur les récifs coralliens est évidemment abondante, cependant, les gros poissons ne sont pas de sortie. Pour voir du pélagique, il faut aller vers l'Ouest afin de s'éloigner des iles. Le vent durant tout le séjour fut relativement fort et de ce fait, nous empêcha de plonger dans les endroits exposés. Je vis tout de même un banc de thons jaunes au gabarit 300 fois plus imposant qu'un sashimi.
Les baleines furent présentes tous les jours, mais avec la houle et le vent, les repérer devint plus difficile. J'avais signé pour deux journées de snorkeling avec les baleines à bosse mais Eole souffla tant que l'une des sessions fut annulée. Pas de soucis, l'on peut toujours se rabattre sur la plongée.
Glenn Edney est l'operateur des tours de " whale watching ". Il vous emmène à bord de son catamaran Cat Knapp pour une journée de découverte. Ce kiwi est un véritable passionné qui passe 6 mois par an dans le coin à étudier ces mammifères. Il est l'auteur d'un fabuleux livre à leur sujet : " Humpback Whales of the South Pacific ". Il est par ailleurs l'auteur du très bon guide " Poor Knights wonderland ", livre consacré comme son nom l'indique aux Poor Kinghts Islands. Les conditions météo ne furent pas favorables lors de mon trip, et les baleines refusèrent de se laisser approcher par les nageurs. Ce sont de choses qui arrivent : l'on ne contrôle ni les éléments, ni les mammifères.
Mais, tout de même, je me considère comme privilégié pour avoir vu tant de baleines, au quotidien, et dans d'inédits comportements : males poursuivant une femelle pour la séduire, mère et baleineau nageant ou jouant, baleines tapant la surface de l'eau avec leur queue et enfin, chaque plongée était agrémentée du chant des cétacés.
03/08
Airlie Beach, point de départ pour les iles Witsunday.
Du 04/08 au 06/08
Départ pour deux jours de croisière sur le catamaran Wings. Trois plongées qui seront les moins agréables en Australie de part la visu moyenne mais surtout à cause des combinaisons trop peu épaisses et trop trouées pour une eau à 21 degrés... Oui, je suis chieur et exigeant!
Quelques moments inoubliables, premièrement, un Humped-head Maori Wrasse répondant au doux nom de Georges et ses Georgettes, qui sont des Humped-Head Parrotfishes. Deuxièmement, une mère baleine à bosse et sa progéniture qui passeront a moins de dix mètres de notre embarcation et s'adonneront aux joies des sauts et plongeons plus au loin.
La plage de Whitehaven est d'une rare beauté, mais la baignade risquée [on sait que l'on est en Australie!] : depuis le point de vue, j'ai pu observer un gros requin ; or, dans le coin, l'on ne trouve pas de récif, et au vu de la taille du bestiau, il s'agissait peut être soit d'un Bullshark ou d'un Tigershark.
L'ambiance à bord était excellente, et ce, grâce aux 3 excellents français que nous étions. L'équipage à la fois professionnel et sympathique et la nourriture d'un standing très correct.
Nous fêterons notre retour sur terre par une énorme fête et je fréquenterai ma première discothèque depuis mon arrivée au pays des kangourous : quelle débauche et luxure !
07/08
A part ça, Airlie Beach n'est qu'un port de plaisance qui n'a que peu de charme et où la baignade est impossible. Donc si vous n'êtes ni pêcheur, ni plaisancier, continuez votre route !
N.d.l.a. Attention au choix du bateau! Certains ne sont effectivement que des boites de nuit [et de jour] flottantes accueillant à bras ouvert les ordes d'anglais, irlandais, écossais, américains de 20 ans qui sont partis boire à l'autre bout du monde durant une année et ce, aux frais de papa et maman. Mr Evin, s'arracherait sa belle brune toison car sur toutes leurs photos exposées sur Facebook, le site des ados et des adultes attardés [où, au demeurant, votre serviteur possède un compte] figurent au moins dix cannettes de bière.
Départ pour Hervey Bay avec une nuit dans le bus, histoire d'économiser un peu de sous. En même temps, 20$ d'économisés, cela ne rime à rien. Pour voyager en mode "racro", il suffit d'oublier les loisirs, faire du stop et bien sur, se nourrir à base de sachets de nouilles instantanées poly-phosphatées...
Quand on est un touriste, on l'est à fond. Je me paierai donc un "Whale Shark tour ". Pour être en mesure de nager avec le plus gros poisson du monde, il vous faut une larme d'énormes yachts aux moteurs ultra puissants et une pincée de deux avions tachant de repérer le ou les mastodontes dont la ville d'Exmouth est financièrement dépendante. Pas moins d'une quinzaine de compagnies ne vivent que du business du snorkeling avec les requins baleine [avril à juin] et raies mantas [mai à novembre]. D'après les échos que j'ai pu avoir des tours, il est nécessaire de choisir une boite ayant un bateau dont la vitesse avoisine celle de la célérité et ce, pour être les premiers sur place car toutes les firmes se partagent les deux mêmes avions. Je prendrai place à bord du vaisseau flambant neuf de Kings Dive, qui, effectivement, était le plus beau des bateaux [ho ho ho ho...].
La journée se compose de sessions snorkeling [ou je trouverai mon premier requin léopard], de mangeage et de tchatche au sujet du comment évoluer autour d'un gros poisson.
Au détour d'un chemin, nous aurons la chance de voir une Humpback Whale ou baleine à bosse en vieux Français. Il faudra attendre 4pm pour que le seul et unique bestiau de la journée soit repéré. Je n'aurai l'occasion que de nager deux fois avec la bête. Le protocole est le suivant : à 3m du corps, 4m de la queue. Le bateau jette deux groupes de nageurs puis revient les chercher pour les déposer au loin ; c'est assez moche mais la bête évolue trop rapidement pour la suivre même avec des palmes de trois mètres ou encore en étant hyper agile dans l'eau tel l'homme de l'Atlantide.
Au rayon souvenirs, deux photos pas terribles et un film de 5 secondes de la femelle de 10m et enceinte, ce qui est très rare. Pourquoi si peu de clichés? J'ai eu la bonne idée de tomber en rade de batteries...
Mon regard sur ce tour, 300$ cela parait cher mais il s'agit d'une expérience unique et qui a mon gout, les vaut largement [si bien sur vous n'avez pas plongé aux Philippines, au Mozambique, en Malaisie, en Indonésie ou encore à Holbox Island]. Si d'aventure, vous croisez un requin baleine [non dans la Garonne, on n'en trouve pas...], et, si vous lui tirez le portrait, envoyez votre photo sur www.whaleshark.org. Ce site tente de cartographier les individus de cette espèce toujours menacée.