dimanche 30 novembre 2008

Paddle board at Manly, hiking and canyoning in the Blue Mountains

Ce mois ci, j’hérite d’un calendrier des plus ignobles : deux weekends d’astreinte : saleté de boulot ! Voyou de patron, extorqueur de temps libre, cèlera ! Me voila encore par conséquent bloqué sur Sydney.
Fort heureusement, Aurélie et Fred, viennent de tout lâcher en France et débarquent avec plus de planches de surf que de vêtements. Il est donc temps de combler mon retard et devenir un surfeur émérite. Les vagues, pas plus que les tubes ne sont pas au rendez-vous, mais nous avons un plan B : le « stand up paddling » ; littéralement, ramer debout. Ce sport consiste ni plus ni moins à pagayer en station droite sur un « long board » ou une planche spécialement « shapée » lorsque l’on est un expert. L’exercice requiert pas mal d’équilibre et de concentration, mais, grâce aux conseils avisés de mes camarades, j’évoluerai tel un certain gars célèbre il y a 2000 ans pour avoir marché sur l’eau. Ha oui, je me suis exercé sur les plates eaux de North Harbour Reserve, bien protégé de l’océan, et, où, miracle, nous verrons une tortue verte, ce qui est complètement insensé pour la Baie de Sydney.

Ajoutez à cette improbable rencontre un bon barbecue pour clôturer cette journée exténuante passée à tomber et ramper pour se ré-hisser sur la planche : vous obtenez un bon weekend dépaysant tout en étant à seulement 45 minutes de ferry de l’hyper centre de Sydney.

Fin novembre, Mathieu, un très bon camarade toulousain est de rapide passage au milieu de son périple express australien. N’ayant que deux jours devant nous, nous nous rabattrons sur la classique option Blue Mountains. L’ami Mathieu n’étant point « jet-lagué » puisque sur le continent depuis plusieurs semaines, j’organise un énorme fish barbecue en tachant de proposer des poissons typiquement « aussies » : baramundi, snapper, sword fish et coral trout.
La soirée se finissant très tard, le lendemain se retrouve amputé de la matinée. Nous fairons donc une rapide marche autour des Three Sisters où nous côtoierons des oiseaux lyre. La journée suivante, debouts à 5h30 pour le canyon le plus physique du coin : Claustral Canyon. Il fait un temps exécrable : un froid presque hivernal (12 degrés) et l’épaisseur du brouillard est telle que la visibilité est restreinte à une dizaine de mètres au grand maximum ; ce sont donc d’idylliques conditions pour profiter pleinement de l’eau glaciale des sources montagneuses ! Apres une heure de marche d’approche, nous enfilons nos combinaisons et nous nous retrouvons dans le grand bain. Le paysage est grandiose mais je vais tenter de décrire l’environnement et les sensations au moyen d’une savante équation dont les variables sont respectivement :
X = l’évolution au milieu de très hautes parois noires parfaitement verticales recouvertes de fougères géantes
Y = une très faible luminosité due à l’environnante purée de poix
Z = une basse température faisant fumer nos combinaisons
Résultat = le sentiment d’être un voyageur du temps échoué quelque part dans le mésozoïque.
Les seuls monstres préhistoriques seront de gigantesques écrevisses (30 cm de long), qui sont protégées puisqu’étant dans un parc national. Quelles chanceuses, surtout lorsque l’on a froid et qu’il est l’heure de déjeuner !
Les rappels sous les chutes d’eaux sont intéressants car différents de ceux que j’ai pu faire en France ou en Espagne. En effet, ici, nous descendons dans d’étroits goulets, aux parois noires, plongés dans une obscurité très peu engageante. Cette glauque ambiance est donc à mille lieux du canyoning estival ou l’on évolue sous un radieux soleil au milieu des granites roses.
Nous finissons ce périple en 7 heures, trempés, frigorifiés et recouverts de sangsues. L’envie d’un diner brulant est donc inversement proportionnelle à la température corporelle.
Les conditions météo couplées à la topographie du canyon ont eu raison de l’appareil photo jetable étanche : seules 6 photos de mauvaise qualité ont survécu !

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