Ben, le copain de mon ancienne colocataire (*) est à Darwin depuis quelques mois mais plus pour très longtemps ; il y effectue une pige de 6 mois pour le gouvernement. Je saisis donc l’occasion de découvrir le Top End à la saison des pluies [cf. ici pour Darwin en hiver].
(*) Ha oui, rapide parenthèse, j’ai quitté ma misérable banlieue début Octobre pour établir mes quartiers à Sydney, à Pyrmont, plus précisément. J’ai abandonné la maisonnette dont les murs tremblaient lorsque les road-trains passaient lancés comme des formules 1 fendant la nuit sur la mitoyenne Lane Cove road. Pour vous donner une idée du bruit, je vous renvoie au film culte australien « the castle » ; où une famille de « true blue aussies », des gros « beaufs », vivent le long d’une piste d’atterrissage d’un aéroport international. Mon nouveau logis est classieux et carrément arrogant voire puant : jacuzzi, 2 piscines, avec vue sur l’eau. Je pousse même le luxe à son paroxysme puisque ma chambre est même dotée d’un lit !
Trêve de bavardages, c’est donc parti pour le weekend le moins éco-responsable à mon actif : 6500 km d’avion et nous nous déplacerons ensuite en 4x4. Oui, j’ai honte et mauvaise conscience, mais, au demeurant, j’effectue mes 40 km quotidiens de migrations pendulaires sur mon vélo…
A peine arrivé, aux alentours de minuit, la chaleur humide m’étouffe : 35 degrés et une humidité environnante flirtant avec les 100%. Nous partons le samedi pour Litchfield National Park. Au programme, les immanquables termitières géantes,
les chutes d’eau de Florence, les spas naturels de Buley Rockhole, mais point de Lost City pour cause de piste fermée à la circulation ; dommage, ces formations rocheuses sont uniques tant elles semblent avoir été façonnées et assemblées par la main de l’homme. Nous nous prélassons longuement et sautons à maintes reprises du haut des falaises de Florence Falls, mais, l’orage ne tarde pas et quittons Litchfield sous des trombes d’eau pour se rendre à Gunn Point, plage au Nord Est de Darwin. Pour y accéder, une « dirt road », piste longue de 45 km, qui est par endroits aussi glissante qu’une patinoire et nous procure pas mal d’amusement et d’adrénaline. Sitôt rendus, le paysage est sensiblement différent de ce qu’espérait mon camarade Ben : la pluie couplée aux fortes marées de pleine lune, ont eu raison de la plage qui n’est plus qu’un maigre bandeau dévoré par les eaux boueuses et salées.
Vent, pluie et moustiques auront raison de notre vaillance et passerons donc la nuit à domicile avec la climatisation fonctionnant à plein régime.
Dimanche, nous souhaitions louer une plate pour aller pêcher le barramundi au milieu des crocodiles, comme le font les vrais locaux. Seulement la saison des pluies est la morte saison touristique et ce plan pêche avorte aussitôt : rien à louer ! La plupart des pistes 4x4 ont aussi fermé dans le courant de la semaine. Nous jetons notre dévolu sur Mary River Park (Au Nord Ouest de Kakadu). Là encore le bulletin d’état des routes n’est pas à jour mais décidons tout de même d’emprunter une piste close qui doit nous amener à une marche : Birds Billabong (billabong signifie trou d’eau). Il fait extrêmement beau et avons l’impression d’évoluer la tête dans une cocotte minute. De nombreuses parties du chemin sont inondées, mais peu profondément, ne laissant aucune chance aux plus gros crocodiles de pouvoir frapper sans être vus : ouf ! Nous continuons d’avancer moyennement rassurés, mais tout en étant déterminés à voir ce fameux billabong. Nous croisons quelques wallabies qui décampent à la vitesse de l’éclair. Je suis surpris de voir ces marsupiaux autant à l’aise dans cet habitat envahi par les eaux. Arrivés au billabong, nous nous retrouvons forts désappointés en constatant que la hutte d’observation des oiseaux est complètement isolée du chemin ; et, les eaux bien trop sombres et apparemment profondes ne sont absolument pas engageantes tant elles ont un fort potentiel d’hébergement de massifs « salties ». Je dois ajouter que durant la saison des pluies, ces puissants sauriens sont réputés agressifs puisqu’étant en rut ! Nous profiterons donc du paysage perchés sur une colline rocailleuse, les pieds bien au sec.

Nous terminons notre périple en passant la fin de la journée à Fogg Dam d’où nous verrons moult échassiers : brolgas, aigrettes, jabirus. Cet ilot de nature n’a rien de naturel, le « dam » (barrage), fut construit au début des années 50 pour aménager des rizières dans les plaines inondées de la rivière Adelaide. Cette bande de terre est aussi un obstacle car sectionnant le marais en deux parties, mais, toutefois l’intervention humaine aura une conséquence sympathique puisque les tortues à long cou empruntent ce passage à la tombée du jour.

Conclusion : le Northern Territory durant la saison humide n’offre que peu d’intérêt, en comparaison avec la saison sèche, si vous n’êtes pas pourvus de vos propres 4x4 et bateau. Il est aussi impossible de prévoir l’état des pistes et parcs nationaux, chose malheureusement incompatible avec les billets d’avion à prix abordables achetés des mois à l’avance !
(*) Ha oui, rapide parenthèse, j’ai quitté ma misérable banlieue début Octobre pour établir mes quartiers à Sydney, à Pyrmont, plus précisément. J’ai abandonné la maisonnette dont les murs tremblaient lorsque les road-trains passaient lancés comme des formules 1 fendant la nuit sur la mitoyenne Lane Cove road. Pour vous donner une idée du bruit, je vous renvoie au film culte australien « the castle » ; où une famille de « true blue aussies », des gros « beaufs », vivent le long d’une piste d’atterrissage d’un aéroport international. Mon nouveau logis est classieux et carrément arrogant voire puant : jacuzzi, 2 piscines, avec vue sur l’eau. Je pousse même le luxe à son paroxysme puisque ma chambre est même dotée d’un lit !
Trêve de bavardages, c’est donc parti pour le weekend le moins éco-responsable à mon actif : 6500 km d’avion et nous nous déplacerons ensuite en 4x4. Oui, j’ai honte et mauvaise conscience, mais, au demeurant, j’effectue mes 40 km quotidiens de migrations pendulaires sur mon vélo…
A peine arrivé, aux alentours de minuit, la chaleur humide m’étouffe : 35 degrés et une humidité environnante flirtant avec les 100%. Nous partons le samedi pour Litchfield National Park. Au programme, les immanquables termitières géantes,
Dimanche, nous souhaitions louer une plate pour aller pêcher le barramundi au milieu des crocodiles, comme le font les vrais locaux. Seulement la saison des pluies est la morte saison touristique et ce plan pêche avorte aussitôt : rien à louer ! La plupart des pistes 4x4 ont aussi fermé dans le courant de la semaine. Nous jetons notre dévolu sur Mary River Park (Au Nord Ouest de Kakadu). Là encore le bulletin d’état des routes n’est pas à jour mais décidons tout de même d’emprunter une piste close qui doit nous amener à une marche : Birds Billabong (billabong signifie trou d’eau). Il fait extrêmement beau et avons l’impression d’évoluer la tête dans une cocotte minute. De nombreuses parties du chemin sont inondées, mais peu profondément, ne laissant aucune chance aux plus gros crocodiles de pouvoir frapper sans être vus : ouf ! Nous continuons d’avancer moyennement rassurés, mais tout en étant déterminés à voir ce fameux billabong. Nous croisons quelques wallabies qui décampent à la vitesse de l’éclair. Je suis surpris de voir ces marsupiaux autant à l’aise dans cet habitat envahi par les eaux. Arrivés au billabong, nous nous retrouvons forts désappointés en constatant que la hutte d’observation des oiseaux est complètement isolée du chemin ; et, les eaux bien trop sombres et apparemment profondes ne sont absolument pas engageantes tant elles ont un fort potentiel d’hébergement de massifs « salties ». Je dois ajouter que durant la saison des pluies, ces puissants sauriens sont réputés agressifs puisqu’étant en rut ! Nous profiterons donc du paysage perchés sur une colline rocailleuse, les pieds bien au sec.
Nous terminons notre périple en passant la fin de la journée à Fogg Dam d’où nous verrons moult échassiers : brolgas, aigrettes, jabirus. Cet ilot de nature n’a rien de naturel, le « dam » (barrage), fut construit au début des années 50 pour aménager des rizières dans les plaines inondées de la rivière Adelaide. Cette bande de terre est aussi un obstacle car sectionnant le marais en deux parties, mais, toutefois l’intervention humaine aura une conséquence sympathique puisque les tortues à long cou empruntent ce passage à la tombée du jour.
Conclusion : le Northern Territory durant la saison humide n’offre que peu d’intérêt, en comparaison avec la saison sèche, si vous n’êtes pas pourvus de vos propres 4x4 et bateau. Il est aussi impossible de prévoir l’état des pistes et parcs nationaux, chose malheureusement incompatible avec les billets d’avion à prix abordables achetés des mois à l’avance !


























