Tararua Range Southern crossing
27/11 - De Otaki Forks à Kime hut
Weekend de 3 jours pour un classique de la marche en Nouvelle Zelande : le Southern crossing des Tararuas. Nous sommes 8 à faire la randonnée, un record. Nous nous retrouvons tous à Wellington et nous nous rendons à Otaki, petite ville située à une heure et demi de route plus au Nord.
Coté logistique, nous laissons un véhicule à l'arrivée Kaitoke.
La randonnée commence à Otaki Forks [entrée ouest du Tararua Forest Park]. Le temps est superbe : pas un nuage dans le ciel, et les températures déjà bien hautes. Nous entamons notre marche à 11 heures du matin. L'on commence par une longue ascension de 700 mètres, sur un chemin bien maintenu [le Fields Track] mais complètement exposés au puissant astre solaire. Nous laissons derrière nous la vue sur la vallée où coule la paisible Otaki river.
Une heure et demie plus tard nous voici enfin à l'abri dans la forêt de silver beech trees. Nous déjeunons à Field hut une heure plus tard, le plus ancien refuge du parc, érigé en 1924. Je suis surpris par le sec climat et n'avons pas eu un seul ruisseau où remplir nos gourdes. Le water tank de Field hut arrive à point nommé. Les estomacs remplis, nous allons entamer les 3 heures restantes nous séparant du refuge de Kime où nous passerons la nuit. Nous quittons la forêt pour grimper le long de buissons alpins pour atteindre Table Top [1047m] : nous cuisons littéralement.
Une demie heure plus tard, nous suivons la ligne de crête avec une vue imprenable.
Le chemin est aisé, mais je commence à sentir les 25 kg de mon sac, c'est le prix à payer pour manger viande, fruits et légumes frais. Nous arrivons assez fatigués à Kime hut, mais les 3 kg de saucisse et le cheese cake nous remettent sur les rails.
28/11 - De Kime hut à Cone hut
Aujourd'hui, les choses sérieuses commencent. Nous allons combiner l'équivalent de 2 jours de marche en une journée bien remplie. Le temps est encore magnifique, cela tombe bien car de nombreux randonneurs se sont égarés dans le brouillard sur cette partie de la randonnée ; n'avaient-ils pas de boussole ? 50 minutes après avoir quitté le refuge, nous voici sur le point culminant de la randonnée : le Mt Hector [1524m], depuis lequel nous pouvons voir les Kaikoura Ranges de l'ile du Sud. Il s'écoule encore 3 heures au cours desquelles nous progressons sur la crête, avec une succession de petites collines sur le plateau alpin aux abruptes pentes.
Ces petits sommets sont connus sous le nom de The Beehives.
Nous revoilà dans la forêt, qui, cette fois, est humide et les arbres sont recouverts de mousse verdoyante et luisante. Il s'est écoulé près de 5 heures depuis notre départ et atteignons Alpha hut, blottie dans la sylve. Nous faisons un break d'une heure et reposons nos pieds endoloris. Nous n'avons fait que 50% du chemin ! La suite est une succession de montées / descentes toujours au sein de la belle forêt humide.
Nous continuons en direction de l'Est et empruntons le Bull Mound track, nous voici sur un plateau rocheux et à nouveau sous le feu solaire.
Peu après le sommet du même nom, nous avons enfin vue sur la vallée où coule la Tauherenikau river. A partir de la, un peu plus de 2 heures de downhill : idéal pour achever nos genoux. Finalement, le son de la rivière se fait de plus en plus fort : nous voici enfin libérés. Nous avons marché plus de 11 heures aujourd'hui. Il eut été intéressant d'avoir un GPS pour connaitre l'exact dénivelé gravi au cours de cette épique journée. Nous campons près du cours d'eau et dinons autour de la vieille et sommaire Cone hut non maintenue par le D.O.C.
29/11 - De Cone hut à Kaitoke
Dernier jour. Les jambes sont, a ma surprise, absolument pas affaiblies par les kilomètres de la veille. Aujourd'hui nous allons suivre le lit de la rivière Tauherenikau, ce qui laisse présager une plate et facile journée.
Nous levons le camp vers 7 heures du matin car je dois être dans 10 heures à l'aéroport de Wellington. La marche est agréable, à l'ombre des rimus. De nombreux ruisseaux venant de l'est se jettent dans la riviere.
De temps à autres, nous repiquons sur les berges de gros galets pour se réchauffer sous le soleil printanier.
Nous nous arrêtons à Tutawai hut afin de se recouvrir de répulsifs, les moustiques étant toujours actifs. Quelques glissements de terrain ont eu raison du chemin et D.O.C a ouvert quelques détours plus que douteux le long des coulées de boue, il faut alors grimper à quatre pattes, ce qui allonge considérablement le temps de parcours. Nous déjeunons à Smith Creek et nous nous séparons : un groupe se doit d'aller chercher le deuxième véhicule. Je profite alors de la rivière qui est étonnamment chaude, un bon bain d'une demi heure dans les eaux transparentes régénèrent les pieds fatigués et remettent à neuf les épaules râpées par les bretelles du sac. Il faudra plus de 3 heures et demie à un rythme particulièrement rapide pour compléter la randonnée. D.O.C annonçait un temps de 2 heures 30, je me demande quel type de randonneur put aller aussi vite, peut être quelqu'un avec un sac de 30 litres et n'ayant pas marché 21 heures au cours des dernières 60 heures. Les deux dernières heures, s'effectuent sur d'arides collines d'argile entourées d'ajoncs épineux : un délice sur les jambes. Une heure plus tard me voici à l'aéroport 5 minutes avant la fermeture de l'enregistrement : quel timing parfait !
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