Un petit weekend de 3 jours du coté de Sydney. Nous allons faire une plongée du bord dans la réserve de Cabbage Tree Bay à Manly. Cela fait environ 5 années que je n’ai pas remis les palmes dans ce coin. Pas de Port Jackson sharks cette fois ni de Weedy Sea Dragons. Il fait encore trop chaud (eau a 21 degres), les requins seront là à partir de juillet, et quant aux Weedy Sea Dragons, ils sont dans le coin, mais inaccessibles sans bateau. Plongée de 90 minutes en eau peu profonde (7metres maxi), nous serons chanceux de voir une jeune Green Sea Turtle, de nombreux Old Wives fishes, 2 Cuttlefishes, etc. La visibilité était moyenne, l’eau assez chargée de particules, c’eut été un bon jour pour la macro, notamment pour immortaliser les Hingebeak shrimps.
the mighty giant cuttlefish
the friendy blue groper
wobbegong
my australian fish ID guide is packed in the basement, so no names on that caption!
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2 jours de plongée à South West Rocks (Australie) sur le spot dénommé Fishrock.
Grey Nurse shark
Ma dernière visite remonte à Janvier 2009. Cette fois ci les conditions météo sont moyennes et la visibilité est horrible. Du coup bonjour les confettis sur les photos… C’est incroyable, mes photos d’il y a 4 ans sont bien meilleures, et pourtant plusieurs milliers de dollars séparent mon ancien attirail du nouveau. Les requins étaient bien entendus présents, mais du côté de l’entrée profonde de la caverne, là où il faisait sombre et où l’eau était chargée de particules. Tant pis pour les photos, nous profitons quand même pleinement du site : tortue, langoustes, crabes à décoration (Naxia tumida) et autres petits crustacés. Blue groupers et Batfishes viennent compléter le tableau.
Vendredi 19 février - Back to Australia
Je quitte la Nouvelle Zélande pour un road trip en famille. Mon frère me rejoint à Sydney et nous allons rallier Kangaroo Island. Nous nous rejoignons chez Avis, l'un des rares loueurs nous permettant de nous débarrasser du véhicule à Adelaide. Nous avons droit à un " upgrade " pour la modique somme de rien du tout et nous nous retrouvons avec une Holden Commodore V6, grosses jantes aluminium, double ligne d'échappement et aileron à la con. Cerise sur le gâteau, la couleur orange aux tons rappelant notre bien aimée D.D.E. La voiture se nommera la Jackymobile dans la suite du récit.
Ce soir c'est barbecue à Pyrmont Park avec mes anciens camarades, et, demain, départ pour un périple de presque 4000 km à travers 4 états.
Samedi 20 février - De Sydney à Booderee National Park
Réveil difficile, les retrouvailles sont toujours bien trop arrosées. Malheureusement le programme de la journée ne permet pas d'aller faire un jogging réparateur sous le soleil matinal de Centenial Park A la place, une session dans le temple de la consommation, le Bondai Junction shopping centre. Pas de chance, il fait une chaleur accablante et 70% de la population est donc dans cet ignoble édifice. Le but du jeu sera de minimiser le temps de parcours entre le ravitaillement en denrées alimentaires, achat de GPS, carte de téléphone etc. 2h30 plus tard, la Jackymobile est sur la route des vacances en direction du Sud.
Ce soir nous traçons vers Jervis Bay où je suis certain que mon frère pourra voir ses premiers kangourous. Nous installons la tente au campement de Cave Beach à Booderee National Park, au Sud de Huskinson.
Nous ne sommes pas seuls, ce spot est très fréquenté les weekends et les kangourous y sont par conséquent quasi domestiques. Les possums sont aussi de la partie ; pendant que deux de ces marsupiaux assurent le spectacle lors de notre diner, un de leurs collègues vient par derrière tenter de chaparder de la nourriture. Il prendra un vol et je dois rapidement me souvenir qu'ici, à contrario de la Nouvelle Zélande, les possums, sont une espèce protégée.
Dimanche 21 février - De Booderee National Park à Mimosa Rocks National Park
Ce matin, les kangourous sont en chaleur et j'assiste pour la première fois au rituel du male tentant de soulever la queue de la femelle pour y introduire la sienne ; cependant, quand la femelle a la migraine, le show est assurément hilarant tant le male tente avec une vaine frénésie de lever l'appendice de sa chère et tendre. Peu après, nous allons profiter du soleil sur la plage donnant sur Wreck Bay, qui est un sanctuaire marin. L'eau est bizarrement plate et surtout translucide. Le snorkeling est fabuleux, 20 mètres de visibilité, Blue Gropers, Stingarees et autres.
Nous déjeunons à Greenfield Beach, à la frontière Nord de Jervis Bay National Park.
L'eau indigo couplée au sable blanc (l'un des plus blancs au monde d'ailleurs) est une véritable immersion dans une carte postale mais, la présence de navires militaires en manœuvre ajoute une dose d'irréel. (je vous renvoie à ce weekend de plongée effectué un an auparavant jour pour jour , les frégates y étaient aussi).
Il est temps de quitter ce lieu presque idyllique pour rejoindre notre prochaine étape : Wadbilliga National Park. Nous apprenons a l'information centre de Narooma que le parc naturel est fermé car la Nouvelle Galles Du Sud était sous les eaux les 15 jours précédents (l'on constate le sérieux avec lequel j'ai préparé mon plan de route…). Nous nous rabattons sur Mimosa Rocks National Park. Première session dirt-road pour la Jackymobile ; je maudis ses jantes 17 pouces : les pneus touchant presque la carrosserie, les cailloux frottent généreusement et bruyamment sous le châssis. Le campground se situe à Aragunnu Beach. L'on constate que l'on se dirige vers le Sud, l'océan est glacial en cette fin de journée. Je cherche les phoques mais les blocs de roche volcanique de Mimosa Rocks n'abritent pas de Fur Seals, dommage nous étions censés plonger avec les phoques de Narooma, mais nous nous sommes dispersés sur Jervis Bay. Pour l'histoire, le parc se nomme Mimosa d'après le nom du navire qui s'est échoué sur ces rochers en 1863.
Ce soir, les Rock Wallabies nous rendent visite, puis c'est au tour des possums qui seront particulièrement agités car étant en chaleur.
Lundi 22 février - Mimosa Rocks National Park à Kosciuszko National Park
Ce matin j'ai le sentiment d'être un être privilégié. Je fais ma vaisselle post petit déjeuner dans la Tasman Sea (bien sur sans produit, uniquement en frottant les gamelles avec le sable) et je suis seul sur la plage et l'océan Sud Pacifique est alors ponctuellement le plus beau et le plus grand évier au monde. Le soleil se lève et illumine de ses rais la surface paisible de l'eau, seul le bruit des vagues se fait entendre et seules quelques mouettes émergent de leur sommeil.
Aujourd'hui nous allons dans les terres, à l'ouest vers Kosciuszko National Park (prononcez kou-ci-es-ko) histoire de toiser le plus haut sommet australien (2228m). La route menant à Jindabyne nous rappelle que nous nous elevons, la végétation se fait plus rase et pelée. Les herbes brûlées rappellent les plateaux de l'Aubrac. Les eucalyptus sont tortueux, petits et ont le tronc massif et les branches robustes : les red gum trees sont adaptés au climat alpin.
Le temps est en train de se gâter. Apres un rapide déjeuner au bord de la Threbdo river où les Platypus ne se sont pas montrés, nous prenons la Kosciuszko road pour une première courte ballade menant au Lake Rainbow. Le vent se lève et les premières gouttes se font sentir. Rapide plouf et quelques courageuses coulées dans le lac glacial. Nous allons ensuite à Charlotte Pass d'où part le chemin menant au sommet du Mont Kosciuszko. Je lutte pour ouvrir la portière de la Jackymobile, et me rend ainsi compte de la force du vent. Peut être 70 km/h plus la pluie et la purée de poix, pas vraiment un temps à aller conquérir le sommet.
Nous redescendons dans la vallée, sous le plafond nuageux et arpentons le Waterfall track. Nombreux wallabies et quelques Eastern Grey Kangaroos.
Intéressants énormes boulets de granit offrant de ludiques terrains de grimpe.
Nous plantons la tente à Threbdo Diggings. La pluie est là, et mon frère allume le feu avec succès où nous y jetons pommes de terre en robe des champs et fromage bleu. Un Wombat passe par la mais les autres marsupiaux ne sont pas de sortie ce soir.
Le vent continue a gagner en force à mesure que l'heure avance. Je ne sais pas quelle vitesse ont atteint les souffles d'Eole cette nuit, mais la tente fut bousculée et fléchît toute la nuit, sans pour autant rompre telle le roseau.
Mardi 23 février - De Kosciuszko National Park à Cape Conran Coastal Park
En ce matin, nous sommes indemnes et des red gum ont montré leur robustesse car aucune branche n'est tombée sur le campement. Une tente à structure rigide de type Marabout n'a pas résisté au vent : toile déchiquetée et ustensiles répandus ça et là.
Ce matin, le ciel est dégagé, les rafales auront au moins servi à quelque chose.
Je déambule le long de la rivière pendant que le soleil se lève pour tenter de voir un ornithorynque. Toujours rien, mis à part une ou deux truites.
Nous suivons la route 85 et stoppons après Bombala dont la périphérie se revendique comme " Platypus country ". Les rivières du coin étant censées héberger à 80% d'entre elles des ornithorynques. Là encore, que dalle ! Bon il est vrai que ces créatures ne se montrent pas particulièrement le jour et de plus le vent brouille la surface de l'eau.
Nous continuons notre route en direction de South East Forests National Park. Nous roulons sur les " dirt roads " au milieu de plaines verdoyantes à l'accent auvergnat, mis à part la présence de Blue Tongue Lizards le long de la piste. Peu après nous verrons un énorme échidné traversant la route et celui-ci se terrera à une vitesse inattendue, fuyant les flashes de mon appareil photo.
Le paysage change alors pour des forêts d'eucalyptus puis de conifères. Les nombreux road trains sur la route nous indiquent que l'exploitation forestière est une des principales ressources économiques de la région.
Sur ces routes boisées, nous verrons plusieurs oiseaux lyre et un chien sauvage… un dingo peut être ? Ce serait étrange, mais ceci dit, le coin héberge bien des émeus, alors, pourquoi pas !
Arrivés à Mallacoota, l'office de tourisme est fermé car il était sous les eaux 10 jours auparavant. Je demande aux locaux s'ils connaissent un campement dans Croajinolong National Park. Ils mes renvoient vers d'autres autochtones, les pompiers du coin. Ils me disent qu'il y a un site répondant au nom de Shipwreck. Nous vérifions sur l'internet faute de carte et trouvons le dit site mais la route y menant est fermée faute à de récents incendies. Nous tentons tout de même notre chance, surs de la véracité de la source d'information humaine et locale. 30 minutes de mauvaise route plus loi, nous voyons que le chemin est effectivement condamné mais nous profiterons de la plage de Pebbly. Là encore, nous sommes seuls au monde et le cadre est charmant mis à part les voraces Sandflies (taons).
Nous nous rabattons ensuite vers notre plan B, Cape Conran à 130 km. Pas d'extraordinaire vie animale en ce début de soirée, seuls quelques possums bien gras. Le coin néanmoins abrite une réserve marine et une colonie de phoques du coté de Beware Reef, à mettre donc sur ma " diving to-do list ".
Mercredi 24 février - De Cape Conran à Wilsons Promontory National Park
Nous continuons vers l'ouest longeant de belles dunes et lagons et meetons le turbo pour arriver à Wilsons Promontory National Park. Le " Prom " comme disent les Aussies fut, en des temps reculés, un pont reliant le continent à la Tasmanie. Wilsons Promontory est l'un ders parcs nationaux les plus fréquentés et les habitants de Melbourne y viennent en masse, fort heureusement nous sommes en milieu de semaine et hors vacances scolaires.
Premier bain dans les eaux translucides de la plage de Whisky Bay , bordée de boulets géants de granit. Superbe paysage légèrement gâché par les Sandflies.
Nous rejoignons ensuite le seul camping accessible par la route et c'est un choc pour nous qui avons passé nos nuits dans des coins reculés au confort sommaire. La structure de Tidal River est pensée pour accueillir plus de 4000 individus et possède même un cinéma de plein air ; quelle horreur ! Pour ceux qui souhaitent éviter le bain de foule, des options de campement existent mais notre agenda bien trop serré ne nous permet pas de randonner jusqu'à ces lieux salvateurs.
Ce soir nous dinons tôt afin de nous balader sur le Telegraph Track en espérant spotter des wombats.
Bien entendu, c'est à trois mètres de la tente que nous fumes récompensés.
Jeudi 25 février - De Wilsons Promontory National Park à Melbourne.
e matin, action rapide pour, là encore, espérer voir quelques marsupiaux . Nous marchons sur le chemin de Lilly Pilly Gully. Les paysages portent encore les séquelles d'incendies mais la végétation est en train de reprendre le dessus : les yakas pointent fièrement leur appendice vers les cieux. Nous verrons quelques wallabies bien cachés dans les fougères de la foret humide tempérée.
Nous stoppons plus tard à Squeaky Beach, qui m'apparait encore plus belle que Whisky Bay, les couleurs des blocs de roche étant encore plus éclatantes avec la lumière du matin. De plus, les sandflies ne sont pas aussi voraces à cette heure ci.
200km plus loin, nous voila à Melbourne. Une après midi sera bien suffisante dans l'enfer de la ville. Je ne m'étalerai pas sur cette visite éclair. Simple constat : les tramways sont nombreux et les cyclistes sont présents en nombre, bien plus qu'à Sydney ou Auckland. Retenez également qu'un tramway gratuit fait le tour du centre en une heure.
Vendredi 26 Février - De Melbourne à Port Campbell National Park
Ouf, nous sommes hors de Melbourne et sommes prêts a attaquer la Great Ocean Road. Des le début, de magnifiques plages désertes s'offrent à nous. Il ne faut cependant pas trop s'attarder, il nous reste une longue route pour rallier Appolo Bay.
Prochain arrêt, Kenneth River. Promenade de 2 heures le long de la Grey River road dans le Great Otway National Park. Nous observerons près de 20 koalas, dont certains presque actifs et à une très faible distance. Les touristes s'arrêtent aux 5 premiers mètres de la route, où, deux pauvres bêtes sont prisonnières d'eucalyptus nains, dont les troncs ont été entourés de tubes de plastique à la surface glissante. Fuyez donc cette portion et allez plus haut pour êtres seuls à admirer ces fascinants marsupiaux. Vous verrez également que votre œil devient redoutablement efficace une fois avoir repéré les 5 premiers spécimens. Le conseil du spécialiste : cherchez les excréments cylindriques sentant l'eucalyptus a la base des arbres du même nom.
Nous arrivons à Port Campbell National Park pour le coucher du soleil. Le spot des Twelve Aposttles est un aimant à touristes et immortaliser l'astre solaire se couchant sur ce fameux paysage tient de la torture.
Au bout de dix minutes, c'en est trop, mon agoraphobie reprend le dessus, nous verrons le coucher depuis le Mutton Bird Island lookout. Excellent choix, seuls 3 touristes asiatiques sont là. Pourquoi avoir renoncé à la photo des 12 apôtres ? Un groupe de français de 25 ans buvant leur Jack Daniels + coca lorgnant et causant grassement sur un groupe d'allemandes même pas majeures. Plus le temps passe, plus je comprends pourquoi les touristes français jouissent d'une mauvaise réputation.
Samedi 27 février - De Port Campbell à Naracoorte
Point de courage pour immortaliser le lever du soleil sur les 12 apôtres, acte manqué ? Probablement je n'ai guère encore envie de me retrouver au milieu de la foule. Nous retournons sur la partie dite Loch And Gorge, d'où, en à peine deux heures, l'on peut observer différentes et intéressantes formations rocheuses résultant de la lente érosion du " limestone " par le Southern Ocean. L'on prend conscience de la puissance des eaux, plus particulièrement du coté de Blowhole, tunnel étroit dans lequel s'engouffrent de puissantes vagues pour exploser à l'autre extrémité. Ce n'est qu'une question de décennies avant que le tunnel ne s'effondre complètement. La région est aussi fameuse pour ses épaves, rien de bien étonnant quant on voit la force avec laquelle les vagues viennent se fracasser sur les verticales falaises.
Nous continuons la Great Ocean Road toujours vers l'ouest. Le ciel est gris et l'atmosphère pas vraiment digne d'un été australien. Nous voyons les autres formations remarquables : l'arche et le fameux London Bridge qui s'est effondré en 1990.
Prochain arrêt, Port Fairy où nous nous promènerons sur Griffith Island. Cette presqu'île héberge une importante colonie de Shearwater aussi connus sous le nom de Muttonbirds, oiseaux aux us étranges, fideles pour la vie mais aussi laissant les jeunes seuls en mode troglodyte durant la journée. Nous ne verrons que des carcasses et des plumes, donc les parents étant ailleurs occupés à chercher de la nourriture. La côte est belle, roches noires déchiquetées et océan bleu foncé sur toile de ciel aux nuances grisâtres.
Les blancs s'installèrent en 1835 pour chasser baleines et phoques et, le littoral entre Port Fairy et Cape Otway est connu pour ces nombreuses épaves : juste châtiment à l'encontre des bouchers des mers.
Nous quittons la Great Ocean Road pour aller dans les terres, jetant au passage bien trop de fruits et légumes à la frontière Victoria / South Australia peu avant Mt Gambier.
Comme il nous reste quelques heures avant la tombée de la nuit, je tente un coup de poker : la carte indique Little Desert National Park. Avec un nom pareil, mon frère pourra peut être enfin y voir un Goana, ce serait légitime, puisque l'ayant bassiné depuis 7 jours sur la banalité de ce reptile. La nuit est tombée, le doute s'installe. Au moins 150 km à parcourir et nous ne savons même pas où les campgrounds se situent dans ce gigantesque parc. Aussi, nous nous arrêtons sur le dernier village sur la carte avant le potentiel dessert. Pour le moment, le paysage est passé des terres viticoles aux pâturages à bovins, rien de bien désertique ! A Naracoorte, nous trouvons un accès internet ruinant nos espérances : en plus de l'importante distance nous séparant du parc, j'apprends que les pistes ne sont accessibles qu'en 4x4, définitivement pas une option viable pour la Jackymobile de nuit. Nous nous rabattons ainsi sur le camping local, un Big4, où le gardien est aimable comme une porte de prison. Nous voila donc à planter la tente non loin des blocs sanitaires sous la lumière d'un réverbère : on a connu des campements autrement plus poétiques ces derniers jours, néanmoins, la douche chaude est, en cette fraiche nuit, la bienvenue.
Dimanche 28 fevrier - De Naracoorte à Adelaide
Les Rosellas et Kurawongs, dont j'ignorais les talents de choristes, me réveillent aux aurores. Le ciel est vierge de nuages mais le vent est fort et le fond de l'air glacial. Apres un solide petit déjeuner, nous filons au " visitor centre " qui nous explique que la route au Nord Ouest sera ennuyeuse et que nous ferions mieux de rallier la côte. Nous obtempérons et allons en direction de Kingston pour rejoindre le Coorong National Park. Ce paysage minimaliste présente néanmoins un certain charme.
Le nom du parc de Coorong est dérivé de l'aborigène " karangk " signifiant " cou étroit ". Le parc de 100km de long, est un long, fin et peu profond lagon salin.
Premier arret : Chinamens Well. L'on voit ici comment les chinois ont découpé le " limestone " en arc de cercle pour en faire les contreforts de puits. Le lieu est désert et, la lumière, reflétée par le sol blanc immaculé, est aveuglante. L'on distingue ainsi aisément les Bull Ants aux corps noirâtres.
Plus tard sur la route, nous irons marcher sur les étranges lacs salés. L'on a l'impression d'évoluer sur une fine couche de glace, craquelant sous notre poids, mais ne se dérobant pas. Nous déjeunons au point de départ du Lakes " nature trail walk ". Cette promenade nous emmène à la rencontre d'un ancien lac salé. Nous quittons le sentier balisé pour rallier un petit îlot de verdure au milieu de ce désert minéral où aucune créature n'a élu domicile ; des traces d'émeus pétrifiées indiquent la présence de ces grands volatiles, mais, aujourd'hui, la nature est avare en rencontres animales. En rejoignant par la suite le chemin balisé, des panneaux présentent les végétaux du bush local, cela ne me fait pas de mal de mettre à profit mes neurones même en vacances. Dernier stop à Jack Point, réserve où les pélicans se reproduisent, mais visiblement, la saison des amours n'est pas en été.
La Princes Highway quitte alors la côte pour longer la Murray River. Nous passons la nuit chez Brenton & Sue non loin d'Adelaide, où nous rejoignons notre mère. Nous mangeons comme des princes pour la première fois depuis dix jours et sommes fins prêts pour Kangaroo Island.
Lundi 1er Mars - D'Adelaide à Kangaroo Island
Une heure de route pour rejoindre Cape Jervis, l'embarcadère pour le ferry à destination de Penneshaw. La traversée est très courte mais la houle a eu raison des touristes asiatiques : nous n'avons meme pas atteint la moitié du voyage que déjà ces derniers sont en train de se donner à cœur joie la tête dans leurs sacs en papiers.
Nous voila donc arrivés à Penneshaw pour récupérer un véhicule tout terrain car nous avons ouïe dire par les locaux que les pistes sont dans un état minable. Je ne fais pas souvent de propagande dans mon blog, mais lorsque la prestation flirte avec l'excellence ou la médiocrité absolue, je pense qu'il est bon de citer quelques noms. Aujourd'hui c'est de l'anti-publicité dont il s'agit.
Evitez de louer votre véhicule chez Budget. La vieille fille faisant office de réceptionniste est une horrible sorcière mal léchée, tachant de vous empêcher de suivre l'itinéraire que vous avez planifié, en usant de fausses informations, tentant de vous rerouter vers les motels dont elle doit surement posséder des parts. Elle nous ment sur l'état des routes, sur les durées de parcours, etc. A croire que Kangaroo Island est une contrée dangereuse… Je ne pense pas qu'il y ait des guerres ethniques à coups de Kalachnikov et grenades, et les pistes ne doivent pas avoir été détruites par les mines ou encore déformées par les tanks. Elle me traite implicitement de con en expliquant que le 4x4 n'est pas assuré contre la bêtise car elle pense que je veux rouler comme un cowboy à tombeaux ouverts, chose choquante, mes 20 ans étant une décennie en arrière mais, de surcroit cette vieille garce se permet ce genre de remarques en la présence de ma mère ! Tant que nous y sommes, pourquoi ne pas dire ouvertement à ma génitrice qu'elle a engendré deux retardés ? Inutile de demander à la vieille peau si elle est atteinte d'un syndrome de Tourette car elle ne vous écoute pas et débite son discours d'inepties pré-formatées avec son insupportable ton monocorde. Enfin, elle frimera en montrant qu'elle par le français et explique qu'elle est la descendante des premiers colons de l'ile. Et bien, je crois que le sang de ces dits colons, s'est mélangé à bien trop de reprises... Bon, la frustration laisse place alors à la/ pitié envers cette pauvre fille et nous tentons de nous contenir pour ne pas rigoler lorsque qu'elle nous dit que l'assurance ne couvre le véhicule que de la tombée du jour au lever du soleil, soit, précisément de 19h54 à 6h57. Vieille maniaque, va !
Apres ce pathétique épisode, nous nous rendons au syndicat d'initiative de Penneshaw, où, la gentille et jolie réceptionniste m'invite à remplir un formulaire pour les aider à se débarrasser de l'acariâtre momie.
Nous filons déjeuner à Point Ellen sous les rafales qui agrémentent nos sandwiches de sable blanc. Nous allons ensuite à l'office du Flinders Chases National Park récupérer notre sauf-conduit et effectuons la réservation du campement de West Bay, situé à l'extrémité ouest de l'ile. Nous apprenons que la promenade le long de la Rocky River est fermée et les plateformes d'observation des ornithorynques sont toujours détruites suite à un incendie. Je pense que je ne verrai jamais un Platypus dans la nature.
Nous allons premièrement à Admirals Arch voir les Fur Seals. Le temps est exécrable : pluie et vents puissants. Une promenade sur des pontons en bois permettent s'assister au spectacle de la grande colonie de phoques, ces derniers ne se soucient guère du climat et font la sieste ne prêtant aucune attention aux observateurs bipèdes.
Les barrières sont certes frustrantes mais devant le nombre de touristes, leur présence est légitime et permettent aux mammifères marins de vivre en presque totale quiétude. Les juvéniles sont en action et montrent leur agilité et enthousiasme en jouant dans les eaux un peu plus clames, de l'autre coté de l'arche.
Peu après, nous allons à Weirs Cove où quelques ruines sont le vestige du point de rapatriement des vivres. Là encore, au pied des verticales et hautes falaises, des centaines de phoque font un somme.
Plus tard nous voila à Remarkable Rocks, légèrement plus à l'est. La pluie a enfin cessé et le vent balayé les nuages. Les rochers sont effectivement remarquables ; d'énormes boulets, certains aux formes douces et arrondies, d'autres aux arrêtes plus tranchantes semblent avoir été déposés là par magie sur leur socle granitique. C'est un superbe terrain de jeu pour photographes, mais, je prends plus de plaisir en escaladant ces formations géologiques.
Maintenant, nous empruntons la piste de West Bay où nous nous arrêtons pour une rapide ballade, Snake Lagoon. Bizarrement, aucune vie animale dans le bush, seules deux ou trois écrevisses, mais surtout des centaines d'écailles prouvant qu'elles sont le mets de choix d'échassiers tels que le héron gris.
La nuit va bientôt tomber, nous voici au campement de West Bay, dressons la tente et cuisinons une ratatouille encerclés par les Possums qui sont jaloux de notre festin.
Mardi 2 mars - de Kangaroo Island à Adelaide
Nous roulons sur la Shackle Road et allons à Cape Borda. Des kangourous s'abreuvent autour d'un vieux robinet qui goutte près du phare.
Nous suivons le Clifftop Hike qui longe de vertigineuses parois surplombant l'océan enfin calme et montrant ses vraies couleurs paradisiaques… je n'ai qu'une envie : plonger dans le coin !
Nous déjeunons à Nepean Bay où, lors de la session vaisselle, découvre que la baie regorge de moules géantes : les Horseshoe Mussels, leur taille est proprement hallucinante.
Plus tard, nous admirons la baie de American River où les dauphins et autres Eastern Fiddler Rays [Cf. Jervis Bay]
Enfin, dernier arrêt à American Beach où les eaux sont d'une transparence peu commune. Aussi, je décide de braver le froid pour une session snorkeling au milieu de nombreuses méduses. La beauté de ces cnidaires me permettra de résister à la froideur des eaux qui, rappelons le, au passage, sont le territoire de pingouins.
Nous verrons d'ailleurs quelques uns de ces alcidés à Penneshaw, leur famille étant celle des Little Penguins.