mardi 30 décembre 2008

Scuba diving at Nelson Bay and Christmas in the Blue Mountains

L’été est vraiment arrivé, enfin! Les activités sont donc majoritairement aquatiques. Surf entre Manly et Narrabeen non loin des derniers exploits des grands requins blancs (les attaques ne sont peut être pas médiatisées en Europe…) Je suis un piètre surfeur, cela tombe bien, je n’ai donc que peu de chance de passer par un phoque et donc perdre un bras ou une jambe !
A propos de requins, j’ai passé un weekend à Nelson Bay (Port Stephens, à 200 km au Nord de Sydney) afin de revoir les requins nourrice (sand tiger sharks ou grey nurse sharks) dont je suis un grand fan.



Le spot dit Looking Glass Islands est fort intéressant : l’ile est séparée par un étroit canyon où habite une population extrêmement dense de poissons bullseye. Au milieu de ces poissons de faible taille, une dizaine de requins nourrice évoluent en placides géants. Autour de ce canyon, les fonds rocailleux hébergent les classiques morwongs, murènes, cuttlefishes et même le rare et protégé eastern blue devil fish [voir ici].

Eastern  blue devil fish

Morwongs



Autre plongée, une plongée dérivante du bord à Halifax.
A faire à marée montante, vous vous retrouverez catapultés dans un tourbillon de vie où l’on trouve de très nombreuses espèces tropicales. Ce spot est aux dires des guides de plongée, la meilleure plongée du bord d’Australie ; très franchement, elle est un ton en dessous d’un snorkeling dans le Cape Range National Park sur le Ningaloo Reef.

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Noel cette année tombe bien : le 25 et le 26 étant féries, me voici gâté avec un weekend de 4 jours, quel ultime cadeau ! Je fairai donc mon réveillon dans mon habituel point de chute à Katoomba (Blue Mountains), l’auberge Flying Fox, en compagnie de Jason mon camarade Kiwi. Un Noel un peu particulier tout comme le précédent puisqu’encore éloigné de la famille mais en important comité de backpackers expatriés réunis autour d’un énorme barbecue.
Le 25, le réveil est très difficile et nous partons donc nous décrasser sur le chemin du grand canyon vers Black Heath. Ce canyon alterne forêt humide (rain forest) et des zones complètement arides, mais, avec pour frontières, d’agréables cours d’eau. Le clou de la ballade est un mini tunnel ultra rafraichissant car situe au sommet d’une vilaine montée.

Le lendemain, nous chercherons sans succès le lac de Dam Cliff. Mais l’on trouve toujours quelque chose de positif dans une mésaventure ; en l’occurrence un énorme lezard à langue bleue (blue tongue lizard), qui, malgré tous nos efforts conjugués ne voudra pas nous montrer son appendice buccal. Autre surprise, un amas de chenilles charnues, aussi répugnantes que fascinantes. Seraient-elles un mets de choix dans la culture aborigène ? Je ne m’y risquerai pas ! En lieu et place de la pièce d’eau, une autre pièce de choix, Wentworth Falls ; et plus précisément, Valley of Waters, où, il faira bon fuir l’astre solaire. Le classique paysage des Blue Moutains : chutes d’eau, rain forest, et plus loin, pour conclure la marche sur le versant Est, les abruptes falaises ensoleillées de limestone. Fort heureusement la finale ascension, qui s’effectue sur un grand escalier alternant marches taillées dans la roche et autres constructions métalliques telles que celles que l’on trouve sur le Giant Stairway au pied des 3 Sisters, sera ponctuée de vasques, qui alimentées par les cascades, forment des jacuzzis naturels d’où la vue sur la vallée bleue est imprenable .Si vous avez une seule journée a passer dans le Blue Mountains, optez pour cette marche au lieu de celles environnant les 3 Sisters : Wentworth Falls est bien moins fréquenté et de plus, vous pouvez vous y baigner !

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dimanche 30 novembre 2008

Paddle board at Manly, hiking and canyoning in the Blue Mountains

Ce mois ci, j’hérite d’un calendrier des plus ignobles : deux weekends d’astreinte : saleté de boulot ! Voyou de patron, extorqueur de temps libre, cèlera ! Me voila encore par conséquent bloqué sur Sydney.
Fort heureusement, Aurélie et Fred, viennent de tout lâcher en France et débarquent avec plus de planches de surf que de vêtements. Il est donc temps de combler mon retard et devenir un surfeur émérite. Les vagues, pas plus que les tubes ne sont pas au rendez-vous, mais nous avons un plan B : le « stand up paddling » ; littéralement, ramer debout. Ce sport consiste ni plus ni moins à pagayer en station droite sur un « long board » ou une planche spécialement « shapée » lorsque l’on est un expert. L’exercice requiert pas mal d’équilibre et de concentration, mais, grâce aux conseils avisés de mes camarades, j’évoluerai tel un certain gars célèbre il y a 2000 ans pour avoir marché sur l’eau. Ha oui, je me suis exercé sur les plates eaux de North Harbour Reserve, bien protégé de l’océan, et, où, miracle, nous verrons une tortue verte, ce qui est complètement insensé pour la Baie de Sydney.

Ajoutez à cette improbable rencontre un bon barbecue pour clôturer cette journée exténuante passée à tomber et ramper pour se ré-hisser sur la planche : vous obtenez un bon weekend dépaysant tout en étant à seulement 45 minutes de ferry de l’hyper centre de Sydney.

Fin novembre, Mathieu, un très bon camarade toulousain est de rapide passage au milieu de son périple express australien. N’ayant que deux jours devant nous, nous nous rabattrons sur la classique option Blue Mountains. L’ami Mathieu n’étant point « jet-lagué » puisque sur le continent depuis plusieurs semaines, j’organise un énorme fish barbecue en tachant de proposer des poissons typiquement « aussies » : baramundi, snapper, sword fish et coral trout.
La soirée se finissant très tard, le lendemain se retrouve amputé de la matinée. Nous fairons donc une rapide marche autour des Three Sisters où nous côtoierons des oiseaux lyre. La journée suivante, debouts à 5h30 pour le canyon le plus physique du coin : Claustral Canyon. Il fait un temps exécrable : un froid presque hivernal (12 degrés) et l’épaisseur du brouillard est telle que la visibilité est restreinte à une dizaine de mètres au grand maximum ; ce sont donc d’idylliques conditions pour profiter pleinement de l’eau glaciale des sources montagneuses ! Apres une heure de marche d’approche, nous enfilons nos combinaisons et nous nous retrouvons dans le grand bain. Le paysage est grandiose mais je vais tenter de décrire l’environnement et les sensations au moyen d’une savante équation dont les variables sont respectivement :
X = l’évolution au milieu de très hautes parois noires parfaitement verticales recouvertes de fougères géantes
Y = une très faible luminosité due à l’environnante purée de poix
Z = une basse température faisant fumer nos combinaisons
Résultat = le sentiment d’être un voyageur du temps échoué quelque part dans le mésozoïque.
Les seuls monstres préhistoriques seront de gigantesques écrevisses (30 cm de long), qui sont protégées puisqu’étant dans un parc national. Quelles chanceuses, surtout lorsque l’on a froid et qu’il est l’heure de déjeuner !
Les rappels sous les chutes d’eaux sont intéressants car différents de ceux que j’ai pu faire en France ou en Espagne. En effet, ici, nous descendons dans d’étroits goulets, aux parois noires, plongés dans une obscurité très peu engageante. Cette glauque ambiance est donc à mille lieux du canyoning estival ou l’on évolue sous un radieux soleil au milieu des granites roses.
Nous finissons ce périple en 7 heures, trempés, frigorifiés et recouverts de sangsues. L’envie d’un diner brulant est donc inversement proportionnelle à la température corporelle.
Les conditions météo couplées à la topographie du canyon ont eu raison de l’appareil photo jetable étanche : seules 6 photos de mauvaise qualité ont survécu !

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lundi 20 octobre 2008

Tasmania - Overland Track

Samedi 11 octobre – De Sydney à Hobart
Je suis épuisé, j’ai dormi la presque totalité du vol mais suis alerte pour les dernières minutes du vol et suis captivé par la beauté de la Tasmanie vue d’en haut. Il y a encore pas mal de neige, le trekking promet d’être épique !
Anais [collègue de plongée des Amis de la mer] vient me cueillir dans son super van de beatniks et me voila donc parti pour Hobart. Me voici installé ainsi que leur nouveau colocataire allemand qui était dans le même avion. JB, le copain d’Anais, revient de sa session voile et nous nous retrouvons joyeusement sous un soleil radieux pour un saumon tasmanien mariné saisi sur le barbecue.
Tassie BBQ
L’après midi sera consacrée à compléter mon matos de rando ainsi que les vivres.

Dimanche 12 octobre – De Hobart à Queenstown
Apres une soirée de retrouvailles arrosée à la limite de la complète déraison, il est temps d’attraper la navette pour Queenstown. Queenstown, ville de mineur, vit de l’exploitation du cuivre depuis plus de 100 ans. Le paysage est lunaire, façonné par la main de l’homme et complètement stérile de part les vapeurs d’acide employé pour le traitement du minerai.
Queenstown - Tasmania
Il est tard, 20 heures, et seul le pub du village peut nous rassasier [Ha oui, on, Marc, un canadien, fait aussi étape ici avant de faire l’Overland tout comme votre narrateur]. Pas de surprise, dès que nous rentrons, les locaux sont là, et comme de coutume, alcoolisés à l’extrême. Des caricatures toutes sorties du film Délivrance : un vieux barbu nous zieutant, au cerveau bloqué sur la rengaine « sweet ass » ; un presque trentenaire, aux dents manquantes avec son bandeau Holden vissé sur le crâne ; et, enfin l’adolescent en cruelle crise identitaire, voulant imiter ces champions, avec un ridicule tatouage fait maison, arborant un stupide « Yeah ! » à raison d’une lettre par doigt et ce, en double exemplaire s’il vous plait. Nous faisons fi de leurs remarques et autres provocations et, leur adresserons en réponse des sourires aussi intelligents que sincères.
Ha oui, petit détail croustillant, le diner servi [pas degueulasse en soi] baignait dans la sauce « gravy ». Il s’agit d’une sauce faite autour de jus de viande, farine et eau, mais ici, bien entendu, ils utilisent du lyophilisé. J’avais remarqué que l’on pouvait aussi commander des barquettes de frites et « gravy »… pourquoi pas ! Mais, le lendemain matin, le café du coin proposait au menu du petit déjeuner des « bacon egg rolls + gravy », n’importe quoi ! Peut être l’embonpoint des locaux est-il lié à cette surconsommation de sauce ? Donc, plutôt que d’être injuste et méchant, en lieu et place de « consanguinité et alcoolisme », je nommerai Queenstown « Gravy City ».
PS : pour ceux que cela intéresse, je commercialise des T-shirts « I survived Queenstwon Tasmania »…

Lundi 13 octobre – De Ronny Creek à Waterfall Valley
13 heures, me voici enfin sur l’Overland Track. Le départ depuis Ronny Creek est très paisible, sous un soleil enchanteur, illuminant les patchworks végétaux qui alternent le vert clair des nouvelles pousses et le rouille post fonte des neiges. A peine arrivé à Lake Crater, le vent se lève avec une force colossale, me faisant valser tel un pantin .
Lake Crater
Les 25 ou plus kilogrammes de mon sac contribuent à ma maladresse… quelle idée d’avoir un sac aussi lourd ! Pourquoi ne pas aller « trekker » revêtu d’une armure moyenâgeuse ? La raison d’un sac aussi lourd n’est autre que 7 jours de vivres, mais, en bon optimiste, cela ira mieux jour après jour.
Kitchen Hut, juste au pied de Cradle Mountain, porte bien son nom, je me fais une joie d’ôter 125 grammes au kilo 500 de couscous prévu pour la semaine.
Craddle Moutain
Une fois mon déjeuner avalé, je sors de la cahute, et là, le chaos ! Il neige, et le vent a encore gagné en intensité. Le sommet est dorénavant dans une purée de pois, tant pis pour l’ascension en solo avec de pareilles conditions.
Craddle Moutain
Autre sommet sur la route, le Barn Bluff, mais la météo est toujours aussi mauvaise et ce damné vent me glace la joue droite depuis bien trop longtemps, je mets donc le turbo en direction de Waterfall Valley Hut où je me réchaufferai avec un bon diner déshydraté [oxymore !] et plongerai dans mon duvet de compétition.

Mardi 14 octobre – De Waterfall Valley à Windermere
Il s’agira de la journée de marche la plus courte : 12 bornes en tout et pour tout ; je sais, je deviens vieux et paresseux. Le vent s’est déchainé durant toute la nuit dernière mais pas suffisamment pour débarrasser le ciel des nuages menaçants. Ce matin, il neige des flocons de taille moyenne et la blanche atmosphère ne me motive guère, il faut dire qu’il faisait plus de 30 degrés à Sydney 2 jours plus tôt.
La marche ne durera même pas 4 heures, mais m’aura laissé le temps de côtoyer de nombreux wallabies de très près.
Bennetts wallaby
Les paysages sont superbes et je n’ose pas imaginer ô combien la Tasmanie doit être belle sans cette pluie glacée et cette abondante boue.
Cet après midi, une sieste pour digérer mes 250g de couscous, et les restes de viande bouillie de la veille à la sauce tomate concentrée relevée d’une entière gousse d’ail... Je mange vraiment n’importe quoi !
Je tuerai le temps a observer le lac voisin du refuge esperant apercevoir un Platypus.

Demain la plus longue journée de marche s’annonce, il me faudra être en forme.

Mercredi 15 octobre – De Windermere à Pelion Plains
Ce matin, il fait encore plus froid. Trop froid pour qu’il neige, tant mieux. Ce matin, les plaines désertes façon steppe sont bien sur un énorme boulevard qu’emprunte jovialement Eole.

A ces souffleries, se succèdent des forets de conifères poussant anarchiquement, ces dernières étant des abris providentiels si l’on fait fi des chemins embourbés parsemés d’un canevas de racines aussi torturées les unes que les autres. Oui, donc, il fait froid, mes pieds sont trempés, je suis loin du cliché idyllique que je me faisais de cette randonnée printanière.

Vers midi, les nuages ont enfin été soufflés et le ciel bleu se fait finalement apercevoir, certes, ceci est bien inutile dans la partie foret humide mais psychologiquement c’est un boost aussi efficace qu’une bonne vieille figue séchée. La dite foret laisse ensuite place à de nouvelles grandes plaines qui cette fois sont chaleureuses sous les rais et les panoramas avec le Barn Bluff et Cradle Mountain en fond en font un lieu incontournable pour la sieste.
Le refuge de ce soir est de taille gigantesque destiné à accueillir 40 personnes, et, je serai le seul à en profiter, c’est assez déroutant. Fort heureusement, les wallabies en nombre, et, bien qu’un peu limités dans leur conversation, me sont d’agréable compagnie.
Ha oui, en voulant dénicher de l’ornithorynque, j’ai récolté quelques sangsues et comme un gosse, je m’étonne de leur capacité à résister à la flamme de mon briquet.



Jeudi 16 octobre – De Pelion Plains à Kia Ora Creek
Ciel bleu le matin, point de chagrin ! Je n’ai toujours pas vu de wombat, pourtant je me suis levé avec le soleil et ai passé plus de 2 heures à chercher pour un résultat nul.

Je passe mon temps à croiser un groupe d’étudiants en « T.A.F.E. outdoor recreation » ; comprenez un D.U.T. de glande en plein air, et ceux-ci bien que nombreux ont vu nombre de wombats, je maudits ces jeunes chanceux, et je meurs de jalousie !
Aujourd’hui direction le haut plateau de Pelion Gap avec l’escalade du petit sommet, le Mount Pelion East [1433m]. Son proche voisin, le Mount Ossa [1617m], le plus haut point de Tasmanie est encore bien trop enneigé pour en tenter l’ascension. La vue d’en haut est sublime et l’on constate que l’on pourrait marcher durant de nombreux jours avant de retrouver la civilisation.
A gauche : un bout de Mt Ossa et a droite : Mt Pelion West
Je marche désormais dépourvu de gants, polaire, veste goretex, bonnet, est un divin plaisir tant je me sens léger [4 jours de victuailles consommées y sont pour quelque chose], et je vole à travers les plaines en contrebas du col.
Ce soir, je plante la tente, j’en ai assez de ces refuges vides et puis je veux maximiser mes chances d’entrevoir un wombat ou éventuellement la presqu’éteinte espèce du diable de Tasmanie. Première douche de la semaine sous une cascade où l’eau doit être à moins de 8 degrés, mais le soleil est là, je me sens comme neuf et mes chaussettes aussi !

Vendredi 17 octobre – De Kia Ora Creek à Windy Ridge
Ce matin encore j’apprends que les apprentis guides ont vu un wombat, et dire que j’ai passé plus de 2 heures, la frontale sur le crâne, sans aucun résultat, cela devient désespérant !
Il a plu toute la nuit et il pleut encore ce matin, je n’aime pas plier le camp et plus spécialement une tente mouillée. Aujourd’hui, journée chutes d’eau : trois marches annexes [ou « side-walks » comme l’on dit ici] : D’Alton, Ferguson et Harnett falls.
D’Alton Falls
Rien à redire, l’on ne m’a pas pris en traitre, les chutes d’eau sont dignes de ce nom, relativement hautes et avec un débit bien plus qu’honnête. Mention spéciale pour la dernière, en me penchant vers le vide, quelle ne fut pas ma surprise de voir un serpent noir luisant. Il s’agit en fait d’un Tiger Snake, mais, contrairement à son cousin du « main land », il n’arbore pas de rayures félines. Le climat étant bien plus froid en Tasmanie [vous avez du constater combien je me suis plaint des conditions météo le long de cet articleJ], le captage de chaleur est bien plus efficace tout de noir vêtu, la nature est décidemment bien faite ! Veuillez m’excuser pour la photo non cadrée, mais, ma main gauche agrippée à la racine d’un « gumtree », était mon assurance vie, la jambe gauche sur la paroi et la droite une bonne vingtaine de mètres au dessus du vide… Par déduction, il ne me restait donc plus que la main droite, pour ajuster les réglages, cadrer et immortaliser le reptile… ce n’était absolument pas confortable !
Tiger Snake
Le chemin menant à Windy Ridge est long et fatiguant car le sol est à nouveau ce réseau de racines sur plus de 5 kilomètres, le tout en descente dans une foret humide. Cela dit les King Billy « pine trees », purs géants, sont impressionnants et permettent d’oublier l’usure des genoux. L’on peut noter sur de massives souches, d’énormes entailles laissées par les bucherons de l’époque qui construisaient des sortes d’escaliers autour des honorables feus arbres. Enfin, me voici arrivé à la hutte de Windy Ridge, l’on ne peut même pas parler de hutte puisqu’il s’agit de la plus exubérante réalisation sur l’Overland Track. Une débauche de luxe sur une surface démesurée. Bon, je ne cracherai pas sur le luxe ce soir !

Samedi 18 octobre – De Windy Ridge à Pine Valley
Dormir dans ce refuge fut une bonne idée tant il a plu durant la nuit. Ce matin, ciel bleu et moral au plus haut, bien que toujours bredouille en matière de wombat. Il fait très chaud et les jambes se font vite très lourdes et le sac un calvaire de part son intensive action de cisaillement des épaules. Je devrais pourtant être à 200% pour ma dernière journée de randonnée, de plus le sac est maintenant une plume puisqu’allégé de toute la nourriture, gaz et de plus, je ne transporte plus qu’un demi litre d’eau puisque m’abreuvant directement dans les ruisseaux. Non, rien à faire, en ce samedi, je vais trimer. Par chance, ma prochaine destination s’appelle Pine Valley et regorge justement de ces fameux pins géants dont je vous ai parlé dans le billet de la veille.
King Billy Pine Tree
Mi-journée, après avoir terminé pain et fromage (je ne pensais pas qu’un boulanger non français put me fournir du pain résistant 7 jours), les forces m’abandonnent et je me laisse aller à une sieste sur le ponton de l’héliport. Nom de nom, il est déjà 15h30 et de nombreuses promenades annexes me tendent les bras. Aux dires de mon topo, il me faudra 3 heures pour faire celle dite du Labyrinth, ce qui est ultra limite si l’on considère qu’il fait nuit noire à 19h. Tant pis, allons-y, la vue depuis le col en vaudra la peine, le lac St Clair étalant ses 14 km jusqu’au bout de l’horizon.
Lake St Clair - view from The Labyrinth
Le retour est folklorique, et je ne manquerai pas de m’étaler de tout mon long à plusieurs reprises. La dernière chute étant plus douloureuse que les précédentes, puisqu’ayant récolté un index tordu au passage. De retour au camp de base, je me bricole une éclisse à coups de Laguiole et plonge ce maudit doigt dans l’eau gelée des torrents.
home made splint


Dimanche 19 octobre – De Pine Valley à Cynthia Bay et retour sur Hobart
Damned ! Il est déjà 9 heures et je n’ai toujours pas quitté mon refuge. Je suis à la ramasse, nuit agitée, réveillé à 2 heures du matin par mon atèle trop serrée, à 3 heures par un possum nain farfouillant non loin de mon couchage. Il faut en théorie 3 heures pour rallier Pine Valley à la jetée du lac ; record battu, moins de deux heures, dont certaines portions en courant, la peur de rater le bateau, seul lien efficace et rapide pour rejoindre le monde « civilisé », m’a fait pousser des ailes.
shuttle to civilization
Le lac est le plus profond d’Australie, 167 mètres, et je ne manque pas de demander au capitaine si ces eaux ne renferment pas quelque créature issue de la cryptozoologie. J’apprends qu’il est pêcheur à la mouche et que le lac renferme de belles truites. Bien que celles-ci aient été introduites, il est possible de s’adonner à cet art sur une aussi vaste étendue. Comment lit-on un lac par rapport à une étroite rivière où le poisson n’a normalement que peu de choix concernant ses appartements ?
Sitôt le pied sur la terre ferme, je me rue vers la cafeteria et m’engloutis un gâteau aux mures ainsi qu’un autre au chocolat, le tout arrosé de Guinness : vive les vices du monde industrialisé !
Le chauffeur de la navette pour Hobart est un dingue, il a multiplié les dépassements à l’aveugle et suis très heureux d’être encore de ce monde pour vous compter ces agréables vacances. Le soir, Anais et JB, m’accueilleront en grands princes, le fromage et le bon vin pour l’apéritif et de sublimes lasagnes originales composées de poulet, poireau et autres innombrables légumes. Profitions en car, demain, retour sur Sydney et marathon médical pour mon index détruit.

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Annexe : check list pour une semaine de randonnée sur l’Overland Track :

Matériel :

  • Sac à dos + surcouche étanche [le mien fait 85 litres, un Millet Khumbu, c’est trop]
  • Duvet en plumes [Millet, température de confort à - 11]
  • Frontale [Petzl Tikka plus] et piles de rechange
  • Matelas auto gonflant
  • Réchaud a gaz [Markil spider], 2 recharges de gaz
  • Sac étanche [pour y ranger ses vêtements]
  • Camelback
  • Gourde de 1,5 litre aluminium [optionnel sur l'Overland Track]
  • Popote inox [MSR], fourchette, petite cuillière et un kar
  • Un poncho
  • Un couteau
  • Une carte / topo [je n’ai pas acheté de carte, le chemin est bien trop simple et parfaitement indiqué ; de plus, le topo dans le Lonely Planet « Walking in Australia » est suffisamment détaillé]
  • Une boussole [optionnel sur l’Overland Track]
  • Guêtres
  • Un kit de couture
  • Drisse de 5 mètres
  • Sacs à congélation de type « zip lock » [très utiles pour y ranger le couscous, et y mettre les déchets sans que ceux-ci n’embaument votre sac]
  • Un sac à dos pliable léger [day pack], super utile pour les « side walks ».

    Hygiène / pharmacie :
  • Une trousse de premier secours [compresses, pansements, elastoplaste, ciseaux, épingles à nourrice, bandage, pince à epiler, Bétadine, anti inflammatoires, aspirine, crème piqures insectes, couverture de survie]
  • Crème solaire et stick pour lèvres
  • Brosse à dents, dentifrice
  • Tea lotion : remplace le savon et ne pollue pas
  • Pastilles purifiantes pour l’eau [optionnel]
  • Une serviette en micro fibres

    Habillement :
  • Une veste Goretex la plus légère possible
  • Un short
  • Un pantalon dont les jambes se "dezippent"
  • Un Tshirt en merino
  • Un top technique à manches longues
  • Un top technique à manches courtes
  • Une polaire
  • Gants
  • Bonnet
  • 3 paires de chaussettes [2 pour la marche, une pour le soir]
  • 2 sous vêtements
  • Une bonne paire de chaussures de rando étanches
  • Une paire de tongues [pour le soir]
  • Lunettes de soleil

    Nourriture :
  • 1,5 kg de couscous
  • 400g de noix diverses
  • 5 sachets de nouilles chinoises
  • 10 soupes instantanées [j’avais prévu 3 rations en rab]
  • Miel
  • 500g de vrai fromage
  • Un gros pain à farine noire
  • 200g de beurre de cacahouètes
  • 2 sachets de 50g de concentré de tomates
  • 6 bouillons cubes
  • 1 gousse d’ail
  • 750g de fruits secs [300g paw paw, 150g ananas mangue, 150g abricot noix de cocos et 150g de dates] ; je n’ai pas trouvé de bananes séchées :-(
  • 2 pamplemousses roses
  • 6 barres de céréales
  • 4 boites de sardines
  • 3 boites de thon

    Divers :
  • Appareil photo, batteries, deux cartes mémoire
  • Un bon livre
  • Bloc notes et crayon

    Budget du trip :
    Moins de 600 dollars australiens ; i.e. 310 euros [Attention, ce budget ne prend pas en compte le logement sur Hobart [2 nuits] ainsi que les repas non consommés durant la randonnée]
  • Nourriture : environ 130 dollars [dont AUD 30 sur Queenstown diner et petit déjeuner]
  • Transport : AUD 414 [dont AUD 200 avion [Jetstar à l’aller, Qantas au retour] A/R Sydney – Hobart, AUD 116 Bus Tassie Link : Hobart – Cradle Mountain – Hobart Tarif Backpacker, AUD 25 Taxi Sydney aéroport. AUD 45 taxi Hobart – aéroport, AUD 28 ferry Lake St Clair]
  • Logement : une nuit en backpacker Queenstown AUD 20
  • Divers : permis parc national Overland Track AUD 28 [Attention, entre le 1er novembre et le 30 avril, ils vous taxent AUD 150]
  • samedi 4 octobre 2008

    South West Rocks - Fish Rock Cave

    Enorme weekend de plongée...
    Requins (Grey Nurse Sharks, Wobbegongs), Lionfish, Morrays... et même des Baleines à bosse (sur la video ci-dessous)















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    dimanche 21 septembre 2008

    Blue Moutains - VTT & rando au Mount Solitary

    6/7 septembre
    Une bonne session VTT avec au programme Andersons Firetrail : périple d’une cinquantaine de km au départ de Katoomba. Ce parcours possède, aux dires de la communauté vttiste de Sydney, le plus long « downhill » de Nouvelles Galles du Sud, chose que je ne pourrai infirmer ou confirmer puisque n’ayant d’expérience que sur un nombre de circuits se comptant sur les doigts des deux mains. La traversée de la rivière en bas de cette longue descente, au contact de mes freins à disque en fusion, transforma la fraiche atmosphère hivernale en un éphémère hammam. Apres ce fameux plus long « downhill », se trouve, logiquement, la plus abrupte et longue montée… Après plus de 30 km dans les jambes, je finis par m’incliner et poussa ma monture sur la presque totalité de la raide pente : honte sur moi. Meilleur souvenir de cette session vélo ? Je n’ai croisé personne de la journée, la solitude est précieuse et s’apprécie à sa plus juste valeur. La soirée fut ensuite consacrée à un barbecue au « backpacker » nommé the Flying Fox, en compagnie de quelques camarades qui préfèrent flâner dans les agréables cafés de Katoomba plutôt que de se détruire la santé les mains sur le guidon.
    Le lendemain, il était temps de voir enfin les 3 Sisters, après plusieurs escapades dans le coin, je ne pouvais plus échapper à cette attraction touristique.
    Le temps était exécrable et je ne fus donc pas ennuyé par les essaims de touristes gravitant sur Echo Point. [La photo qui suit a été prise la semaine suivante]
    Three Sisters

    De là, j’optais pour une ballade de plusieurs heures sous la pluie, et la encore, point de quidam, je maximisais ainsi mes chances d’entrevoir le mythique oiseau lyre. Je serai servi juste avant de gravir les 900 marches du Giant Stairway , escalier me ramenant a la civilisation. Comme quoi, les courageux marcheurs sont toujours récompensés ; certes, la rencontre avec l’oiseau n’a pas duré bien longtemps, le volatile ayant aussi subitement décampé qu’apparu, de plus, il était muet comme une carpe me laissant dubitatif sur ses soi-disant talents d’imitation.
    20/21 septembre
    Autre weekend dans les Blue Mountains. Afin de me préparer pour mes prochaines vacances [1 semaine de marche en Tasmanie], une bonne randonnée en solo de 2 jours serait idéale. Au menu, Mount Solitary, une petite trentaine de km mais sous plus de 30 degrés et un soleil de plomb. Afin de simuler le poids d’un sac contenant une semaine de vivres, 6 litres d’eau firent l’affaire. La chaleur fut proprement étouffante, mais les sections de « rain forest » furent salvatrices et me refroidirent idéalement avant d’entamer l’ascension du Mount Solitary [300m de dénivelé, non, ne rigolez pas, s’il vous plait !]. La canicule couplée au poids du sac rendit la montée difficile, cependant, la vue offerte au sommet, valut toutes les peines du monde. Perché sur les blocs de « sandstone », je me crus vraiment sur le fet d’une montagne et non pas en haut d’une colline de 900 mètres ! De mes 6 litres, il ne me resta plus grand-chose et la seule source d’eau fut un « waterhole », littéralement un trou d’eau, dont l’aspect était repoussant, d’autant plus que les dernières pluies dans le coin semblaient remonter à plusieurs semaines. Je n’eu pas d’autre choix que de bouillir cette précieuse pêche.
    View from Mt Solitary
    Le lendemain matin, je partis profiter du soleil levant sur un promontoire dont je ne saurai évaluer la difficulté de grimpe à 6 heures du matin. Il fut ensuite temps de rebrousser chemin pour plier le camp et avaler les 15 km restants au plus vite afin d’éviter le puissant astre solaire. Bizarrement, je ne fus pas en mesure de retrouver la voir par laquelle je me suis hissé et toutes les faces me semblèrent impossible à désescalader sans assurance. Je me retrouvai donc fait comme un rat ou plutôt comme un imbécile de chat coincé dans un arbre. La seule alternative viable fut de sauter sur une plate forme deux mètres plus loin et située à seulement 1,5 mètres plus bas. Et là, pas de chance, mon grand orteil gauche s’éclata violemment sur la pointe de ma chaussure. Toute la vallée dut m’entendre jurer en bon rabelaisien. De retour vers le campement, je constatai l’étendue des dégâts, un bon orteil bien noir dont la pression exercée par le sang fut une véritable torture. Il fut alors temps de drainer tout cela, et cela fut la bonne solution ; effectuée 3 fois dans la journée, cette opération me permis de rentrer à bon port sans assistance. Ouf, je n’aurai pas voulu être la risée des medias locaux s’il eut fallu me faire hélitreuiller!
    Pour ceux que ca intéresse, j’ai une vidéo du drainage, mais je ne l’ai pas publiée puisque pensant te choquer, ô cher public. Le cérémonial est hilarant puisqu’ayant oublié un briquet, je dus employer mon réchaud à gaz comme stérilisateur. J’ai retenu la leçon : j’ajoute le briquet sur la check-list de mes prochaines aventures.

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    mercredi 27 août 2008

    Sydney – tranche de vie banlieusarde et plongée à Manly

    Je ne vous ai pas encore parlé de mes colocataires avec qui j’ai vécu et je vis depuis mon départ de la maison des pakistanais. Actuellement, je partage une modeste maison en bord d’une route bien trop fréquentée à mon gout, avec deux australiens : Megan et Tim.
    Commençons par la première, un peu plus âgée que votre narrateur, qui, après avoir travaillé dans le droit des entreprises, a repris les études pour devenir physiothérapeute ; ce qui est très courageux, pour les trentenaires sédentaires et rangés que nous sommes. C’est une fille très sympa, très douée pour la cuisine et ayant voyagé en Europe, donc sortant de la norme australienne banlieusarde ; cela dit elle a mis les pieds à Nice comme 100% de ses compatriotes ayant visité notre douce France, nul n’est parfait.
    Tim, est un 100% vrai de vrai australien qui n’a jamais mis les pieds en dehors de sa Nouvelle Galles du Sud natale. Ce dernier a remplacé Mel, la personne la plus dégoutante qu’il m’eut été donné de connaitre. Apres que cette dernière nous eut quittés, nous découvrîmes qu’elle partageait sa chambre avec un rongeur en liberté ; les déjections sur le sol en étant la preuve irréfutable. Nom de Diou ! N’arriverais-je jamais à vivre avec des gens « normaux » ? Cette immonde fille proche de ses 25 ans, se nourrissait exclusivement de « Caesar salad », prémâchée, en sachet, à laquelle elle adjoignait une horrible sauce industrielle empestant le glucose, et, touche finale, des morceaux de poulet rance. Mais comment faisait-elle pour ingurgiter une telle ignominie ? Sa viande avariée avait empeigné son réfrigérateur d’un parfum au cœur de marais infect avec une tête d’huile essentielle de macchabée. Cet être immonde en permanence enrhumé, et, reniflant tel un homme de l’âge de pierre n’était-il que le reflet de son hygiène de vie, ou vice et versa ?
    Le remplaçant de cette répugnante personne, est un gars de la campagne, un gars joyeux (heureux les simples d’esprit ?). Ce quidam est un vendeur d’aspirateurs, et, je n’ai pu m’empêcher de rire, pensant qu’il galéjait ; première gaffe et honte sur moi ! Cet homme proche de la quarantaine est une caricature vivante tant il s’exprime en « aussie » à longueur de journée ; outre le classique « fair dinkum », l’on trouve le « turn it up » ou le très indigène « un-flaming-believable ». Tim est gentil, mais il a beaucoup d’idées arrêtées et ceci doit être lié à son assiduité hors norme aux offices religieux. Il y a peu, il me pausa une question un peut trop personnelle, étais-je gai puisqu’ayant invité mon bon pote Jason le Néo-Zélandais à dormir à la maison… Je lui demande si cela le gênerait et lui retourne la question, celui-ci, me répondra qu’il est un bon chrétien ! Accro, au « rugby league » (le XIII chez nous), il excelle dans son engouement télévisuel : nul besoin d’aller au Point Virgule pour dénicher la perle rare !
    Allez, il est temps de stopper ma critique facile, profitez plutôt de la vidéo de mes deux dernières plongées à Manly, dans le glacial Océan Pacifique affichant tristement une eau à 14 degrés. Vivement l’été !

    dimanche 17 août 2008

    Florida : Islands of adventure, Crystal River, Hillsborough River state park, Blue Springs and Daytona Beach

    Mon boulot m’envoie à nouveau en Floride. C’est une bien bonne nouvelle, l’hiver battant son plein à Sydney : les ours polaires évoluent à nouveau librement sur la banquise chassant les esquimaux d’Eastwood, les brise glace ont repris du service dans la baie envahie par les icebergs et j’ai équipé mon fidele destrier de pneus cloutés. Donc, oui, ce séjour dans l’été est-américain tombe à pic ! De plus voyager en business class permet de faire le plein de miles ce qui sera crucial pour plus tard quitter l’Australie à moindres frais. Cependant, ma plus grande motivation réside dans le fait de délaisser les dépressifs chroniques que sont mes collègues de travail. Le ratio travail/loisirs, cette fois ci, est des plus équilibrés : 2 weekends sur place pour 5 jours au bureau, la classe !

    Samedi 19/07 - Universal Theme Park – Islands of adventure
    A presque 30 ans, je n’avais jamais encore tenté le grand 8 ! J’avais juste essayé les shakers géants, la chute libre mais jamais, ô grand jamais, ne m’étais-je laisser tenter par les montagnes russes ; en même temps les fêtes foraines itinérantes ne proposent pas de quoi réveiller le démon de l’adrénaline qui sommeille en mon vieux corps de jeune trentenaire. C’est donc chose faite, avec le « Hulk »et les « dueling dragons » et ce, même lesté d’un repas américain façon « super size me » : burger de 4 pounds, 2 seaux de chips et un abreuvoir de boisson sucrée, l’estomac a tenu bon (bien qu’ayant explosé les taux de mauvais cholestérol et développé une insuffisance rénale !).
    Orlando - Islands of Adventure
    Bilan de ces attractions : de la déception (oui, encore !), je m’attendais à une machine infernale produisant une armée de gens blêmes et crachant douloureusement leurs tripes, mais l’absence de vomitoires, en sortie des manèges, aurait du me mettre la puce à l’oreille ; con d’incrédule de moi ! Je reconnais que le dragon rouge, installé au premier rang, bras ballants et jambes pendant dans le vide, vous secouera suffisamment pour esquisser un semblant d’excitation.
    L’attraction la plus intéressante sera le Spiderman, une espèce de train fantôme, où, équipé de lunettes 3D, vous êtes plongé au cœur de l’action. Le résultat est bluffant, entre les chutes vertigineuses depuis les faîtes des gratte-ciels, les véritables flammes et jets d’eau, nous sommes transportés dans un monde presque palpable.
    La conclusion au terme de cette journée dans le monde de l’artificiel : les parcs d’attractions sont faits pour les enfants et si vous cherchez de réelles sensations fortes, passez votre chemin (à moins d’être ivre mort et sous l’emprise d’une forte quantité de psychotropes)

    Dimanche 20/07 - Crystal River
    A plongeur prévoyant, plongée réussie ? Ok, je sais bien que je ne suis pas doué pour les adages. Il est certain que je n’aurai pas le temps de faire un crochet par les Keys qui sont à plus de 600 kilomètres d’Orlando, à moins de me muter en super « cafeinomane » faisant fi de son mouchard. J’épluche donc les misérables annuaires des clubs de plongées situés dans un périmètre de 150 miles autour de mon lieu de villégiature, et, la seule option se présentant est une plongée sur l’uns des vaisseaux de la Seconde Guerre mondiale délibérément coulés ces dernières décennies. Manque de bol, pas de pot, point de plongée bateau prévue pour ce weekend. La cote Est n’étant pas réputée pour ses récifs coralliens, j’éviterai le plan plongée du bord dans les reflux des rouleaux de l’Atlantique, en mode machine à laver avec en bonus grains de sables dans la combinaison. Au vu de mes recherches, les plongeurs du coin sont des plongeurs d’eau douce, les « springs » sont réputées pour leurs eaux cristallines, leur constante température de 22 degrés toute l’année, une visibilité à faire pleurer les fans des lagons coralliens, et, enfin, les nombreuses cavernes tout aussi profondes qu’intrigantes. J’oublie aussi sec cette séduisante option ne souhaitant absolument pas évoluer sous la tutelle d’un instructeur PADI dans cet environnement inconnu ; froussard ? Non, vous avez déjà lu mon opinion au sujet de cette industrie de la plongée de masse…
    Direction Crystal Springs, qui durant l’hiver, héberge une grande colonie de lamantins.
    Crystal River
    Grande première, le GPS est mon guide, et, cet appareil à la voix de texan aux accents robotiques m’envoie à coté de la destination souhaitée, mais, je tombe par chance sur un autre dive center où une palanquée embarque sur une sorte de rosalie aquatique de location. J’apprends que ce groupe embarque pour toute la journée pour trois plongées : c’est mon jour de chance ! En 5 minutes la question du matériel est réglée et nous quittons la terre ferme. Il ne m’aura fallu que deux minutes supplémentaires pour me rendre compte de la monumentale erreur que je viens de commettre : je suis cerné d’élèves et les seuls autonomes n’ont qu’une seule plongée au compteur ! Et pour finir de me convaincre de ma regrettable décision prise à la va vite, le capitaine du navire n’est autre qu’un des élèves et n’a jamais pilote d’embarcation ; son vocabulaire ne comporte malheureusement le mot « erre » et, la plate viendra s’encastrer dans un grand fracas dans les rochers de la berge : nous sommes la risée des poivrots matinaux de la vedette voisine !
    Deux heures plus tard, tout le monde est enfin à l’eau et là, nous évoluons certes dans une eau limpide telle celle des photos exposées dans le centre de plongée, mais restreints dans un espace grand comme un terrain de rugby avec seulement deux mètres de fond. Bon allez, je me dépêche de cracher mon venin et ma déception au plus vite : les deux autres plongées au moins offrent un peu de profondeur (7 à 12m) mais la visibilité se limite à un demi bras et la faune à un minuscule crabe… les photos du centre de plongée sont truquées ! Peut être les hallebardes qui tombent quotidiennement en fin de journée depuis plusieurs mois dans ce climat tropical humide y sont pour quelque chose ?
    Dernier détail agaçant, la zone sanctuaire des pauvres lamantins est encerclée par des conglomérats de bateaux ou les équipages ivres se livrent à un barbecue géant avec une musique résonant à tue-tête. Je ne savais pas que les mammifères herbivores se nourrissaient de cotes de porc en écoutant du Offspring…
    Crystal River
    Coté finances, cette journée ne me reviendra à seulement 50 dollars, une redoutable bonne affaire pour cette immersion en « americanie » où la bêtise brille sur un fond d’accents ridicules. Quel dommage que notre bateau n’ait pas été plus grand, je me serai bien calé un méchoui, tiens !

    Samedi 26/07 – Hillsborough River state park
    C’est parti pour l’Ouest non loin de Tampa. Pas de kayak à louer, il faudra donc que je m’accommode de ma collègue de travail dans le canoë. En plus d’être le chauffeur officiel puisqu’ils conduisent du coté opposé des australiens, je fais aussi office de tour operator car le choix du lieu n’est autre que le mien.
    La rivière n’est pas exagérément belle, mais les bras morts recouverts par les nénuphars et bordés d’arbres d’où des pseudos vignes pendent, sont magnifiques. Concernant la faune je serai amplement servi, outres les classiques tortues de Floride (d’un autre gabarit que celles rencontrées dans la nature européenne puisque relâchées par leurs négligents propriétaires), un florilège d’alligators du juvénile au patriarche avec ses 2,5m bien tassés ; et enfin, une « soft shell turtle » avec son groin et ses pattes palmées.
    Hillsborough River state park - Softshell Turtle

    Hillsborough River state park - Gator

    En dehors des animaux à sang froid, des « black vultures », rapaces moins imposants que leurs cousins fauves pyrénéens, mais ici représentés en nombre important. Fort heureusement pour les familles venant en masse pique niquer dans le parc, ces oiseaux sont charognards et ne s’en prendront pas à leur descendance. Dommage, j’aurai bien ri en voyant des gosses dans les airs suspendus entre les serres de ces immondes volatiles !
    Sur la route du retour, à travers la campagne profonde, à l’accent ultranationaliste puisque chaque maison arbore un drapeau des confédérés, je ne résisterai pas à l’envie d’immortaliser le paroxysme « yankee » : nul besoin de longues palabres, je vous laisse admirer le chef d’œuvre.
    USA 4WD

    Dimanche 27/07 – Blue Springs et Daytona
    Blue Springs State Park héberge plus de 200 lamantins l’hiver, et ce lieu sera sanctifié par Cousteau en 1971 dans le film documentaire « Les dernières sirènes ». Je tire l’information de la brochure donnée par le ranger à l’entrée du parc, mais, les américains connaissent-ils Cousteau ? A défaut de lamantins, je ferai le plein de « garfishes », veuillez m’excuser je n’ai pas trouvé de traduction, mais, sachez que ce sont des poissons de la famille des lepisosteidae.
    Garfish
    Il s’agira de ma meilleure expérience de snorkeling en eau douce tant ces poissons sont nombreux et peu farouches. Des mulets rayés viendront compléter la liste, chose surprenante car l’on s’attend à trouver cette espèce en eaux saumâtes et non pas si loin de l’Océan et d’autant plus à moins d’un mile de la source en eau douce du lagon.
    Si j’avais été seul, je serai ensuite parti à la recherche de l’ours brun de Floride et de serpents à sonnette, mais la collègue souhaitait à tout prix voir Daytona. En tant que bon altruiste, je me résigne donc à mettre au placard mes rêves de nature sauvage pour exaucer son vœu plus que saugrenu. Apres un détour sur les autoroutes monotones, bien trop long à mon gout, nous voila donc dans le sein des seins du fameux « Spring Break ». Dommage, nous sommes en été et par conséquent, point d’étudiantes à demi dénudées et délurées dans cette immense riviera de béton. Les barres d’immeubles des seventies, à quelques dizaines de mètres du rivage forment une énorme verrue, et, les véhicules sur la plage finissent d’enlaidir l’abominable tableau. Au secours ! Comment les gens peuvent-il passer leurs vacances en ce lieu maléfique ? Peut être s’agit-il d’aficionados anglophones de Palavas les Flots ?

    vendredi 4 juillet 2008

    New South Wales – De Sydney jusqu'à Byron Bay

    Quoi de neuf en deux mois? Oui, je végète! Cela fait deux mois que je n’ai pas eu le courage d’écrire quoi que ce soit, serai-je atteint d’une flémingite aigue ou alors ne bougerai-je plus comme avant? Que nenni, je suis à moitié enseveli sous une montagne de travail. Bon en dehors de la tranche boulot, il y a les weekends tout de même ! Avec au programme, un sommet du super 14 qui opposera les locaux Waratahs aux Natal Sharks.



     Le squad sud africain avec bon nombres de membres de l’équipe championne du monde se faira littéralement dévorer par l’envie des outsiders de Sydney, Au passage, Fréderic Michalak se blessera. Je vous laisse contempler le résumé maison de la rencontre.

    Quoi d’autre ? Du VTT bien entendu. Garrigal National Park, à une quinzaine de bornes de ma piaule : un pur spot, avec de la montée de dingue et conséquence directe, des descentes de fou, des single tracks sur fond de boue, sable, lime stone, le tout entrecoupé de cours d’eau : un fabuleux terrain de jeu. 
    Seul soucis, lorsque la nuit tombe, difficile de retrouver son chemin après avoir passe trois heures dans les méandres !







    Et finalement, de la plongée. Coup dur, après la Nouvelle Calédonie avec ses eaux à 29 degrés, ses coraux superbes et ses millions de poissons tropicaux multicolores. Une session à North Head, entrée de la baie de Sydney, dans une eau à 18 degrés et une visibilité de 2 metres : l’on se réconforte en disant qu’au moins on aura travaillé notre sens de l’orientation. Autre session plongée, lors du WE de 3 jours pour cause de Queen’s birthday, nous devions, avec le camarade finlandais, plonger sur la Mecque des requins South West Rock, pas de chance, le temps exécrable sévissant depuis 15 jours, les conditions sont si minables que le club avec lequel nous avions réservé annule tout. Damned ! Il est vendredi soir, vite une alternative plus au Nord. Je parviens a dénicher un centre au Nord de Coffs Harbour qui m’affirme que les conditions, bien que loin d’être idylliques, nous permettront de plonger sur les Solitary Islands ; chouette, du requin nourrice en perspective. C’est parti pour 500 bornes sur la Pacific Highway. Nous débarquons à la tombée du jour le samedi. Le Thénardier nous indique qu’ils ont plongé aujourd’hui, c’est bon signe, par contre, il a complètement oublie de nous trouver une place pour se loger, typique du queenslander : grande bouche et mémoire de poisson rouge ! Il nous dégotte donc un motel, réplique des chambres miteuses en bord de route américaines, théâtre de massacres dans les films de série Z. La réceptionniste ne nous comprend pas et vice et versa. Un grand gaillard aux chicots manquants et puant le rhum bon marche nous servira d’intermédiaire et nous conseillera un détour dans le road house du coin ou les filles sont chaudes selon ses dires et ceux des routiers. Nous sommes fatigués, devons nous lever tôt et donc déclinons cette chaleureuse invitation. Le lendemain, un vent à décorner les bœufs nous annonce la couleur, la plongée est annulée. Il est temps d’éplucher l’annuaire et d’utiliser le plus possible le téléphone cellulaire de ma boite. Nous plongerons cet après midi, à Byron Bay, sur le spot de Julian Rocks, le même lieu où j’avais patienté deux jours sous la pluie en aout dernier pour ne finalement pas plonger. 


    Le mauvais sort, est loin derrière, me dis-je, soyons optimistes, en 24h deux plongées annulées, ce ne peut pas être pire ! C’est reparti pour 250 km au Nord… je tiens à préciser que nous ne payons pas l’essence grâce à la « corporate card » du collègue, cela dit j’ai l’impression d’être autant responsable que mon patron au sujet du réchauffement climatique ! Finalement, la plongée aura lieu, et je prendrai ma meilleure photo de lionfish et verrai ma deuxième plus grosse tortue, une loggerhead, aussi encombrante qu’un piano de cuisson.










     Vous pourrez voir la vidéo de celle-ci se goinfrant d’oursin et n’ayant que faire des piquants. Retour sur le motel, nous mourrons de faim ; cela tombe bien, c’est un établissement grand luxe proposant une cuisine. En fait, il ne s’agit que d’une chambre équipé d’un frigo et d’un… barbecue à gaz ! Celui-ci est dans un état lamentable et suinte la graisse, nous mettons en marche la bête après avoir trafique le système piezzo défectueux, enclenchons la hôte et enfumons la pièce. En moins de cinq minutes d’énormes flammes viennent lécher la hôte : ca y est nous sommes nominés pour les Darwin awards, nous allons flamber bêtement. Dans un reflexe, nous coupons l’alimentation de cet instrument de la mort. Patientons le temps que les charbons volcaniques soient maniables et les remplaçons par de nouveaux. Les conditions sont maintenant optimum ! A nous les grillades ! Encore un coup du sort, les nouvelles pierres se mettent à exploser et c’est un feu d’artifice qui se déclenche dans les 10 metres carrés, sortez les casques, aux abris ! La bête s’est enfin calmée, et un local débarque : Tim. Mine patibulaire sur un corps malingre, celui-ci est néanmoins jovial et entame la discussion. Il est en vadrouille autour de l’Australie, mais, est natif d’ici. Cela fait trois semaines qu’il vit dans ce motel et pour cause, il est l’homme à tout faire du complexe. Nous le complimentons donc sur ce superbe engin de cuisson. Il nous explique qu’il faut du temps pour apprivoiser la bête et que l’on ne devient pas « gaz tucker » du jour au lendemain. Nous dinerons ensemble, et nous écouterons avec plaisir ses histoires abracadabrantes déformées par l’alcool et les années. Ils sont sympas ces « rednecks » !


     

    26/04/2008

    Super 14 - HSBC Waratahs vs. Natal Sharks

    08/06/2008

    Sydney & Byron Bay - plongee