dimanche 17 août 2008

Florida : Islands of adventure, Crystal River, Hillsborough River state park, Blue Springs and Daytona Beach

Mon boulot m’envoie à nouveau en Floride. C’est une bien bonne nouvelle, l’hiver battant son plein à Sydney : les ours polaires évoluent à nouveau librement sur la banquise chassant les esquimaux d’Eastwood, les brise glace ont repris du service dans la baie envahie par les icebergs et j’ai équipé mon fidele destrier de pneus cloutés. Donc, oui, ce séjour dans l’été est-américain tombe à pic ! De plus voyager en business class permet de faire le plein de miles ce qui sera crucial pour plus tard quitter l’Australie à moindres frais. Cependant, ma plus grande motivation réside dans le fait de délaisser les dépressifs chroniques que sont mes collègues de travail. Le ratio travail/loisirs, cette fois ci, est des plus équilibrés : 2 weekends sur place pour 5 jours au bureau, la classe !

Samedi 19/07 - Universal Theme Park – Islands of adventure
A presque 30 ans, je n’avais jamais encore tenté le grand 8 ! J’avais juste essayé les shakers géants, la chute libre mais jamais, ô grand jamais, ne m’étais-je laisser tenter par les montagnes russes ; en même temps les fêtes foraines itinérantes ne proposent pas de quoi réveiller le démon de l’adrénaline qui sommeille en mon vieux corps de jeune trentenaire. C’est donc chose faite, avec le « Hulk »et les « dueling dragons » et ce, même lesté d’un repas américain façon « super size me » : burger de 4 pounds, 2 seaux de chips et un abreuvoir de boisson sucrée, l’estomac a tenu bon (bien qu’ayant explosé les taux de mauvais cholestérol et développé une insuffisance rénale !).
Orlando - Islands of Adventure
Bilan de ces attractions : de la déception (oui, encore !), je m’attendais à une machine infernale produisant une armée de gens blêmes et crachant douloureusement leurs tripes, mais l’absence de vomitoires, en sortie des manèges, aurait du me mettre la puce à l’oreille ; con d’incrédule de moi ! Je reconnais que le dragon rouge, installé au premier rang, bras ballants et jambes pendant dans le vide, vous secouera suffisamment pour esquisser un semblant d’excitation.
L’attraction la plus intéressante sera le Spiderman, une espèce de train fantôme, où, équipé de lunettes 3D, vous êtes plongé au cœur de l’action. Le résultat est bluffant, entre les chutes vertigineuses depuis les faîtes des gratte-ciels, les véritables flammes et jets d’eau, nous sommes transportés dans un monde presque palpable.
La conclusion au terme de cette journée dans le monde de l’artificiel : les parcs d’attractions sont faits pour les enfants et si vous cherchez de réelles sensations fortes, passez votre chemin (à moins d’être ivre mort et sous l’emprise d’une forte quantité de psychotropes)

Dimanche 20/07 - Crystal River
A plongeur prévoyant, plongée réussie ? Ok, je sais bien que je ne suis pas doué pour les adages. Il est certain que je n’aurai pas le temps de faire un crochet par les Keys qui sont à plus de 600 kilomètres d’Orlando, à moins de me muter en super « cafeinomane » faisant fi de son mouchard. J’épluche donc les misérables annuaires des clubs de plongées situés dans un périmètre de 150 miles autour de mon lieu de villégiature, et, la seule option se présentant est une plongée sur l’uns des vaisseaux de la Seconde Guerre mondiale délibérément coulés ces dernières décennies. Manque de bol, pas de pot, point de plongée bateau prévue pour ce weekend. La cote Est n’étant pas réputée pour ses récifs coralliens, j’éviterai le plan plongée du bord dans les reflux des rouleaux de l’Atlantique, en mode machine à laver avec en bonus grains de sables dans la combinaison. Au vu de mes recherches, les plongeurs du coin sont des plongeurs d’eau douce, les « springs » sont réputées pour leurs eaux cristallines, leur constante température de 22 degrés toute l’année, une visibilité à faire pleurer les fans des lagons coralliens, et, enfin, les nombreuses cavernes tout aussi profondes qu’intrigantes. J’oublie aussi sec cette séduisante option ne souhaitant absolument pas évoluer sous la tutelle d’un instructeur PADI dans cet environnement inconnu ; froussard ? Non, vous avez déjà lu mon opinion au sujet de cette industrie de la plongée de masse…
Direction Crystal Springs, qui durant l’hiver, héberge une grande colonie de lamantins.
Crystal River
Grande première, le GPS est mon guide, et, cet appareil à la voix de texan aux accents robotiques m’envoie à coté de la destination souhaitée, mais, je tombe par chance sur un autre dive center où une palanquée embarque sur une sorte de rosalie aquatique de location. J’apprends que ce groupe embarque pour toute la journée pour trois plongées : c’est mon jour de chance ! En 5 minutes la question du matériel est réglée et nous quittons la terre ferme. Il ne m’aura fallu que deux minutes supplémentaires pour me rendre compte de la monumentale erreur que je viens de commettre : je suis cerné d’élèves et les seuls autonomes n’ont qu’une seule plongée au compteur ! Et pour finir de me convaincre de ma regrettable décision prise à la va vite, le capitaine du navire n’est autre qu’un des élèves et n’a jamais pilote d’embarcation ; son vocabulaire ne comporte malheureusement le mot « erre » et, la plate viendra s’encastrer dans un grand fracas dans les rochers de la berge : nous sommes la risée des poivrots matinaux de la vedette voisine !
Deux heures plus tard, tout le monde est enfin à l’eau et là, nous évoluons certes dans une eau limpide telle celle des photos exposées dans le centre de plongée, mais restreints dans un espace grand comme un terrain de rugby avec seulement deux mètres de fond. Bon allez, je me dépêche de cracher mon venin et ma déception au plus vite : les deux autres plongées au moins offrent un peu de profondeur (7 à 12m) mais la visibilité se limite à un demi bras et la faune à un minuscule crabe… les photos du centre de plongée sont truquées ! Peut être les hallebardes qui tombent quotidiennement en fin de journée depuis plusieurs mois dans ce climat tropical humide y sont pour quelque chose ?
Dernier détail agaçant, la zone sanctuaire des pauvres lamantins est encerclée par des conglomérats de bateaux ou les équipages ivres se livrent à un barbecue géant avec une musique résonant à tue-tête. Je ne savais pas que les mammifères herbivores se nourrissaient de cotes de porc en écoutant du Offspring…
Crystal River
Coté finances, cette journée ne me reviendra à seulement 50 dollars, une redoutable bonne affaire pour cette immersion en « americanie » où la bêtise brille sur un fond d’accents ridicules. Quel dommage que notre bateau n’ait pas été plus grand, je me serai bien calé un méchoui, tiens !

Samedi 26/07 – Hillsborough River state park
C’est parti pour l’Ouest non loin de Tampa. Pas de kayak à louer, il faudra donc que je m’accommode de ma collègue de travail dans le canoë. En plus d’être le chauffeur officiel puisqu’ils conduisent du coté opposé des australiens, je fais aussi office de tour operator car le choix du lieu n’est autre que le mien.
La rivière n’est pas exagérément belle, mais les bras morts recouverts par les nénuphars et bordés d’arbres d’où des pseudos vignes pendent, sont magnifiques. Concernant la faune je serai amplement servi, outres les classiques tortues de Floride (d’un autre gabarit que celles rencontrées dans la nature européenne puisque relâchées par leurs négligents propriétaires), un florilège d’alligators du juvénile au patriarche avec ses 2,5m bien tassés ; et enfin, une « soft shell turtle » avec son groin et ses pattes palmées.
Hillsborough River state park - Softshell Turtle

Hillsborough River state park - Gator

En dehors des animaux à sang froid, des « black vultures », rapaces moins imposants que leurs cousins fauves pyrénéens, mais ici représentés en nombre important. Fort heureusement pour les familles venant en masse pique niquer dans le parc, ces oiseaux sont charognards et ne s’en prendront pas à leur descendance. Dommage, j’aurai bien ri en voyant des gosses dans les airs suspendus entre les serres de ces immondes volatiles !
Sur la route du retour, à travers la campagne profonde, à l’accent ultranationaliste puisque chaque maison arbore un drapeau des confédérés, je ne résisterai pas à l’envie d’immortaliser le paroxysme « yankee » : nul besoin de longues palabres, je vous laisse admirer le chef d’œuvre.
USA 4WD

Dimanche 27/07 – Blue Springs et Daytona
Blue Springs State Park héberge plus de 200 lamantins l’hiver, et ce lieu sera sanctifié par Cousteau en 1971 dans le film documentaire « Les dernières sirènes ». Je tire l’information de la brochure donnée par le ranger à l’entrée du parc, mais, les américains connaissent-ils Cousteau ? A défaut de lamantins, je ferai le plein de « garfishes », veuillez m’excuser je n’ai pas trouvé de traduction, mais, sachez que ce sont des poissons de la famille des lepisosteidae.
Garfish
Il s’agira de ma meilleure expérience de snorkeling en eau douce tant ces poissons sont nombreux et peu farouches. Des mulets rayés viendront compléter la liste, chose surprenante car l’on s’attend à trouver cette espèce en eaux saumâtes et non pas si loin de l’Océan et d’autant plus à moins d’un mile de la source en eau douce du lagon.
Si j’avais été seul, je serai ensuite parti à la recherche de l’ours brun de Floride et de serpents à sonnette, mais la collègue souhaitait à tout prix voir Daytona. En tant que bon altruiste, je me résigne donc à mettre au placard mes rêves de nature sauvage pour exaucer son vœu plus que saugrenu. Apres un détour sur les autoroutes monotones, bien trop long à mon gout, nous voila donc dans le sein des seins du fameux « Spring Break ». Dommage, nous sommes en été et par conséquent, point d’étudiantes à demi dénudées et délurées dans cette immense riviera de béton. Les barres d’immeubles des seventies, à quelques dizaines de mètres du rivage forment une énorme verrue, et, les véhicules sur la plage finissent d’enlaidir l’abominable tableau. Au secours ! Comment les gens peuvent-il passer leurs vacances en ce lieu maléfique ? Peut être s’agit-il d’aficionados anglophones de Palavas les Flots ?

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