mardi 14 avril 2009

Tasmania – South Coast Track

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Hobart
03/04
Vendredi soir l’heure des vacances a enfin sonné… je n’ai pris qu’une seule semaine de congés en une année : le travail est vraiment définitivement mauvais pour la santé. Les vilaines corvées effectuées pour mon cher patron ont eu une influence sacrément néfaste sur ma condition physique : je n’ai jamais été aussi fatigué de ma vie, peut être la trentaine passée est un facteur qui n’est désormais plus négligeable. Je choisis donc la thérapie la moins adéquate : 7 jours de marche en solo dans le froid de la Tasmanie. Anais et JB m’accueillent à nouveau dans leur chaleureux pied à terre sur Hobart. Cette fois ci point de retrouvailles démesurément arrosées : JB est rentré de France le même jour, Anais trimballe un méchant mal de crane et quant à moi, je ne rêve que de m’abandonner dans les bras de Morphée.

04/04
Le samedi est consacré au shopping pour le trek : nourriture, carte du parc national ; le tout entrecoupé par un bon barbecue sous quelques rais qui peinent à nous réchauffer. Le sac est enfin prêt et cette étape importante coïncide avec l’heure de l’apéro, dernier gueuleton digne de ce nom avant de se serrer la ceinture au milieu de la nature. Au menu, fromages français et tasmaniens, le tout arrosé de bon vin. On devrait rentrer plus souvent en France depuis que l’on peut faire passer des fromages à pate non pasteurisée : quel bonheur dans nos palais en cette soirée !

Pour la check-list matériel et nourriture, je vous renvoie à ma semaine de rando sur l’Overland track. J’ai ici juste ajouté des pates aux menu, des champignons séchés, du parmesan et un sac étanche de 35 litres supplémentaire en prévision des nombreuses traversées de rivières.

05/04
Dimanche matin : direction l’aérodrome de Cambridge pour rejoindre la compagnie Par Avion qui sera mon opérateur pour rallier Melaleuca, point de départ de la randonnée. Pas de chance, après 4 heures à poireauter en priant pour une fenêtre météo favorable, l’on m’annonce que les vols du jour sont annulés car des vents de 65 nœuds sévissent en ce moment même sur la pointe Sud Ouest de la péninsule, cette force est bien au dessus de ce que peuvent endurer les petits coucous opérant sur la ligne.
Pas de soucis, aussitôt rentre sur Hobart, nous concoctons un plan B du tonnerre : point de vue depuis le Mt Wellington et après midi crêpes. Nous filons au sommet à la vitesse de l’éclair, profitant de la première éclaircie du jour. Dès que nous pausons le pied en dehors du van, nous nous retrouvons instantanément gelés : il neige et le vent souffle aussi fort que le blizzard austral : nous ne ferons pas long feu là haut… De toute façon la visibilité sera occultée 5 minutes plus tard avec l’arrivée de la purée de poix. Pour nous consoler, nous rebasculons en mode français et nous consacrerons le reste de la journée a manger des crêpes de compétition.


La randonnée !
Lundi 6 - Jour 1 – De Mellaleuca à Red Point Hills.
Ca y est, je décolle ! Le petit avion est plein : nous sommes 6 à bord pilote inclus et 5 gros sacs a dos. 45 minutes de vol aux environ de 1500 mètres d’altitude, j’ai le temps de profiter de la vue qui devait normalement s’offrir à moi la veille depuis le sommet du Mt Wellington. La Tasmanie vue du ciel est superbe : magnifiques patchworks de verts et différents bleus de l’océan, lacs et rivières, le tout artistiquement souligné par de gracieux reliefs. Nous survolons enfin le chemin de randonnée qui s’étire sur 100 km, serpentant au milieu des plaines et montagnes… puis, le pilote entame enfin la descente vers la piste de Mellaleuca.
Dès que je mets le nez dehors, je suis dans l’ambiance : pluie abondante, fort vent et froid de canard ; en somme, les parfaites conditions pour des vacances réussies en famille ! Je suis fou : dire qu’au prix du transport para et intra Tasmanie, j’aurais pu me payer une semaine de vacances aux Fidji… vas comprendre !
Des les premières 30 minutes, mes pieds sont trempés et les chaussures Goretex couplées aux guêtres sont un rempart tout aussi inefficace que la ligne Maginot. Les « boardwalks » sont submergés par les eaux et, ces longues planches parallèles sont glissantes comme des patinoires : quel plaisir que de tomber les quatre fers en l’air dans l’eau stagnante, froide et nauséabonde. Bon ceci dit, j’ai tout de même entr’aperçu un Diable de Tasmanie, rare privilège qui ne sera plus possible qu’en zoos d’ici une dizaine d’années, aux dires des prévisions alarmistes de l’office d’étude ce ces marsupiaux carnivores : le cancer les aura tous emportés d’ici la.
9km plus loin, le Southern Ocean apparait enfin et le campement n’est plus qu’à 2 km.

La seconde journée faisant 18km et précédant la journée la plus difficile, je décide de pousser un peu la trotte et tente donc de rallier le campement de Louisa River. C’était sans compter sur le changement d’heure, je me retrouve dans la pénombre et il pleut toujours aussi fort. C’est donc parti pour une course contre la montre pour trouver un lieu où planter la tente. Je suis en plein milieu d’une immense plaine marécageuse s’étendant a perte de vue, ce soir, je ne dormirai pas dans un quatre étoiles et surement pas sous les étoiles non plus ! Je quitte le chemin qui n’est plus qu’une ornière torrentielle et me mets à suivre des cheminements tracés par les passages de Wombats ou autres Paddymelons, et, m’arrête sur un pseudo promontoire dont la base est un ensemble de dômes de « buttongrass ». J’utilise alors mon sac à dos pour aplanir la zone et monte la tente le plus vite possible sur cette instable plate-forme de fortune. J’ai 4 cm d’eau dans la tente et j’éponge tant bien que mal à l’aide de ma serviette en micro fibres pas plus grande qu’un mouchoir de poche. Je me glisse dans mon sac de couchage et ferme les yeux pour rapidement oublier cette galère.

Mardi 7 – jour 2 – De Red Point Hills à Louisa River
Quelle horrible nuit ! Bien qu’au chaud, mon sac de couchage est maintenant humide et ma tente n’est qu’une serpillière. Le somnambule que je suis n’a donc pas pu s’empêcher de mettre en contact tente intérieure avec double toit… cela ne serait pas arrivé si j’avais monté la tente correctement en m’arrêtant sur les campements précédents.
Au sommet de Red Point Hills, la vue sur Cox Bright Bay est majestueuse et me remet du baume au cœur. Je continue la route en descendant en direction de Louisa Creek. Pause déjeuner, séchage du matériel et re-package dans les sacs étanches afin de procéder à la première traversée de rivière du jour. Ouf, celle-ci se déroule sans encombre, mais, le froid des eaux est saisissant. Encore 6km de collines entrecoupées de « board walks » encore immergés dans les marécages, et donc, encore moult chutes ! Finalement, Louisa River, d’une puissance bien supérieure que le précédent cours d’eau. Je serai chanceux, le tour guidé est l à en train d’utiliser une coulisse maison pour transborder leurs sacs, ils feront donc voyager le mien à l’œil.

Cette nuit, je pause la tente sur un sol parfaitement horizontal et dur, et avale un vrai diner chaud réparateur et salvateur. Je suis donc paré pour m’attaquer au gros morceau de la randonné.

Mercredi 7 – Jour 3 – De Louisa River à Deadmans Bay
Cette journée est aux dires de mon topo la plus physiquement éprouvante et la plus longue également. Réveil à 6h30, mais, je ne quitterai le camp qu’à 9h : c’est fou le temps qu’il faut pour plier le tout de façon efficace ; ceci dit, je consacre une bonne heure au petit déjeuner : les 300 grammes de couscous agrémentés de fruits secs, noix, miel et beurre de cacahouètes ne sont pas une mince affaire a ingérer !
Le début de la rando commence sous un timide rayon de soleil et la pente raide me fait vite retirer polaire et veste Goretex ; j’évolue en manches courtes, quelle bonne nouvelle pour le moral qui était plutôt bas jusqu'à présent. Ce redoux ne sera que temporaire, une fois le plateau de l’Ironbound Range atteint, les forts vents rabattent nuages et pluie, me faisant rapidement renfiler en intégralité mes couches protectrices. Les 3km de plateau se retrouvent alors dénués d’intérêt, je nage en plein brouillard, vivement la descente pour se mettre à l’abri.

Un downhill de 900 mètres de dénivelé sur 3 km m’attend : « rainforest » scandaleusement boueuse où chaque pas requiert la plus grande attention car le sol n’est qu’une toile d’araignée de racines et trous invisibles, il s’agit de la Guerre des Tranchées revisitée. Cette descente sans fin est surement l’une des choses les plus psychologiquement fatigantes que j’ai pu effectuer lors de ma courte vie. Pour ajouter un peu de difficulté à la chose, l’une des clientes du groupe de rando organisée s’est blessée et ce, a 2h de l’arrivée ; elle n’est plus en mesure de porter son sac. Bien à moi, je surcharge mon fardeau de 4kg : quel bonheur ! Il est temps de se confier : oui, je crois que j’aime souffrir !
La journée se termine 8 heures après avoir quitte le camp de base, soit 6 heures de marche effective, soit exactement le temps le plus court indique par le topo. Pas trop mal comme performance si à cela j’ajoute que ma chaussure droite commence à tomber en lambeaux.
Le campement de Deadmans Bay est l’un des deux seuls où le feu est autorisé, il me tarde la veillée autour du feu de camp.

Jeudi 8 – Jour 4 – De Deadmans bay à Osmiridium Beach
Il est difficile de quitter le camp en ce matin enfin ensoleillé, j’en profite donc pour faire enfin pleinement sécher ma tente. Mes horribles chaussettes n’ont pas séché auprès du feu, mais ont juste été fumées à l’eucalyptus et quelque soit le bois utilisé, l’odeur est toujours aussi infâme !
Midi, c’est donc parti ! Quelle heure de départ indécente ! Le trajet commence par une session gadoue plus que mémorable, a mi-genoux : beurk ! Puis, j’évolue au sein de la « rainforest » bordant le Southern Ocean. Vient ensuite Prion Beach, plage de 8km de long où je retrouve un groupe de 5 australiens qui font la même randonnée que votre narrateur. Ils passent leur temps à partir tôt le matin, et moi, je passe mon temps à les rattraper sur le chemin… Cette fois, nous nous promettons de nous rejoindre pour la traversée en bateau de New River Lagoon. Cependant, la marée étant favorable, nous continuons sur la plage afin d’économiser 3 km de « rainforest » surement bien boueux. Il reste toujours un bras de New River Lagoon à traverser, mais cette fois ci, point d’embarcation. A contrario des précédentes rivières traversées, celle-ci est profonde : j’ai de l’eau à hauteur d’épaule et le courant est assez costaud, c’est donc une aubaine terrible de ne pas avoir été seul sur cette traversée tant sur un point sécurité que logistique.

Mine de rien, il est près de 17h, 10 km se sont écoulés, il en reste 3 et la nuit tombe dans une heure. Honte sur moi pour avoir lézardé ce matin, quel pêché ! Une heure restante seulement, c’est bien trop court, j’aurai pu rester la des heures à contempler la vue depuis la base de Vierah Hill sur le Menzies Bluff et l’Ironbound Range se reflétant sur les eaux de New River Lagoon.

La dernière heure est épique, effectuée au pas de course sautant d’une piscine de boue à une autre, lampe frontale vissée sur le crane.

Vendredi 9 – Jour 5 – De Osmiridium Beach à Granite Beach
Ce matin, il fait encore beau, la chance a donc choisi son camp. Je profite donc de ce redoux pour admirer les formations rocheuses de « limestone » âgées de 500 millions d’années. Ces orgues surgissant des sables blancs semblent étrangement avoir été pausés sur la silice par dieu sait quelle intervention.
Trêve de contemplations, je ne veux pas retomber dans la spirale du départ tardif et quitte donc cette si plaisante plage d’Osmiridium.
Aujourd’hui, il s’agit de la journée la plus courte et la moins physique de la randonnée. Mais, cela commence par une vilaine montée que j’effectue en 45 minutes non stop à pas de géants : autant aller au plus vite pour abréger l’effort. La pluie refait son apparition, et, pour être honnête, elle ne m’avait pas manqué du tout ! Le décors reste le même : « rainforest » boueuse à souhait, un vrai plaisir que de cette bouillasse couplée à une généreuse pente de 45 degrés.
Peu après le « sommet », commence une douce descente orientée Sud Est qui déboule sur Surprise Bay, plage superbement surprenante. J’y retrouve mes australiens cachés sous une alcôve taillée dans le granit. Et là, l’apparition ! La première personne effectuant le South Coast Track d’Ouest en Est, un jeune allemand, avec un sac a dos ridiculement petit et inapproprié, et, chaussé d’une simple paire de baskets. Autant dire qu’avec la boue qui l’attend, ce quidam est inconscient et perdra l’une ou l’autre de ses chausses. Armé de seulement 3 kg de pates et quelques fruits secs, il espère rallier le Port Davey Track (partant de Melaleuca) sans «food drop» organisé à l’aérodrome. Je ne pense pas qu’il puisse tenir 9 jours sans matière grasse tout en sachant qu’il va bientôt entamer la partie ardue, pentue, froide, exposée aux forts vents, neige etc. Enfin, il avait l’air plus que confiant et ravi d’avoir parle après 3 jours de solitude, et, il finit par me rassurer en insistant plusieurs fois sur le fait qu’il soit doté d’un briquet de rechange… Pauvre fou, ce second briquet ne te sera d’aucun secours au milieu des marécages, et surtout, dans un parc national où le feu est proscrit ! Je n’ai pas questionné le teuton en matière de vêtements chauds et secs, en matière de gaz/fuel, mais, son expérience de randonneur du weekend lui semble suffisante pour réussir son trip. Surprise Bay porte vraiment bien son nom, quelle surprise que de tomber sur un pareil hurluberlu !
Dernier coup d’œil rapide sur la plage et je replonge pour une rapide session boue/foret pour déboucher sur Granite Beach où j’établirai le camp. Cette plage de sable noir n’est pas propice a la rêverie, avec l’océan déchainé et la pluie diluvienne. Malgré tout, les falaises de dolérite dégagent un attrait indéniable.

Les australiens sont déjà installés sous une bâche, où les rejoins, et passons notre après midi à nous empiffrer en attendant que la tempête se calme.
Le ciel se dégage enfin vers 20 heures et la pleine lune nous illumine de toute sa puissance, le baromètre de Simon (le seul type du groupe d’australiens) annonce des hautes pressions : tant mieux, demain un gros morceau de boue, « rainforest » et fort dénivelé m’attend ; sans compter que je pousserai plus loin que South Cape Rivulet, en l’occurrence Lions Rock, où, Anais et JB me rejoindront si le beau temps est au rendez vous.

Samedi 11 – Jour 6 – De Granite Beach à Lions Rock.
Dernière ligne droite et dernière vraie journée de randonnée. Le sac est maintenant une plume puisqu’allégé de 5 jours de gargantuesques collations. J’attaque la dernière réelle montée (400 mètres seulement mais pente glissante de 40 degrés) à vitesse supersonique et rattrape après seulement 1 heure mes australiens partis 40 minutes plus tôt. Je me retourne une dernière fois pour profiter du panorama et saluer les baies de Shoemaker et Prion. Le chant des perroquets dopés par le soleil rend agréable la traversée du plateau de Flat Rock et je me surprends a ne pas jurer lorsque je m’enfonce à d’indénombrables reprises dans la boue jusqu'à mi-cuisse.
Vient ensuite la descente : 2 heures de «rainforest » du même acabit que l’infernale descente de l’Ironbound Range qui m’emmenait sur Deadsman Bay. Je hurle et peste à en perdre la voix : quel supplice que ces piscines de gadoue hébergeant de viles racines immergées qui se jouent de mon équilibre au moyen de vicieux et douloureux croche pattes. Je dois garder mon calme et penser combien j’étais zen un peu plus tôt sur le plateau, je me dois de rejoindre la voie bouddhiste du grand véhicule pour conserver mes forces. Pour me prouver combien je suis paisible, je pousse le vice jusqu'à ne pas me débarrasser des sangsues : je ne fais plus qu'un avec le terrain!

Ca y est, c’est fait, le plus dur est derrière moi et le tapis rouge se déroule sous mes pieds, matérialisé par un « board walk » flambant neuf. Je cours carrément sur ce dernier km et mes vibrations font fuir un serpent noir luisant avoisinant les 2 mètres. Dommage, je ne saurais jamais s’il s’agissait d’un Tiger Snake ou d’un Copperhead.
1 heure plus tard et 2 vallées plus loin, voici South Cape Rivulet (« rivulet » signifie petite rivière) : traversée effectuée en trois temps avec de l’eau à hauteur de menton, gentiment surveillée par un couple d’australiens sur l’autre rive. Ces derniers sont restés à l’Est de la rivière ne souhaitant pas braver l’eau glaciale et avoir du bon temps dans la boue.
Finalement, 60 minutes après, Lion Rock se dévoile et je retrouve Anais et JB les bras chargés de victuailles : fruits et légumes frais ainsi que des vrais steaks, c’est Noel avant l’heure ! Quel plaisir de se retrouver aussi ponctuellement au milieu de nulle part au moyen d’un RDV fixe une semaine à l’ avance : nous démontrons ainsi aisément l’inutilité du GSM !
Je déblatère sur mes pires moments et le vin à tendance à exagérer les difficultés rencontrées, mais, ce même shiraz enjolive aussi à merveille les meilleurs moments ; le tout sous un ciel magiquement dégagé où trône la pleine lune.

Dimanche 12 – Jour 7 – De Lions Rock à Cockle Creek
C’est Pâques, je chasse avec JB les œufs dissimulés par Anais dans le campement. La pluie arrive et plions le camp en vitesse et quittons la falaise lunaire de South Cape Bay.

Nous avons juste deux heures de marche pour rallier Cockle Creek. C’est un bout de chemin très populaire auprès des surfeurs locaux qui n’hésitent pas à déambuler 120 minutes planche sous le bras pour profiter des vagues parfaites de la baie de South Cape.
Etrangement, je ne suis pas dans mon assiette aujourd’hui, ma chaussure droite a fini par céder et soumet ma cheville à un exercice inédit me faisant violemment souffrir de la cuisse. Sur un moment d’égarement, je glisse sur le bord d’une plateforme et m’écroule de tout mon poids, tête la première. Le choc est violent et mes amis se retournent aussi sec et me voient gisant sur le bas cote, à moitie groggy et la tête ensanglantée. Tout va bien, ce n’est qu’une entaille de 4 cm de long et elle est très nette : cela fera un chouette souvenir et puis, pas de rando en Tasmanie réussie sans une blessure de guerre (ligaments arrachés sur mon index droit le dernier jour sur l’Overland Track).
Cette blessure sera l’occasion de tester à nouveau l’inefficacité du système de santé australien. Le médecin de garde refuse de me pauser des points car elle me réclame une radio du crane pour s’assurer que je n’ai pas une hémorragie cérébrale. Les médecins du coin lisent définitivement trop la « trash press people ». Direction les urgences pour une attente de 4 heures où je vois défiler les champions du cru local : nombre de « rednecks » empestant l’alcool et s’étant blessés au pub ou sur la route : ils sont cons ces « rednecks »… Finalement, on me répare à l’aide de colle (c’est à la mode à New York) sans m’avoir administré une quelconque radio de la boite crânienne puisqu’il s’est déjà écoulé 12 heures depuis mon accident, je serai donc dans un état pitoyable.
Apres vérification, ils étaient tous dans le faux, ce n’est pas une radio mais un scanner qu’il eu fallut ! Mais, arrêtons la parano, le crane est fait pour encaisser les chocs et protéger le cerveau (même si le mien ne fonctionne pas souvent)