C'est reparti pour un weekend de folie avec pas moins de 800 kilomètres de route. Trajet de nuit afin d'être prêts de bonne heure pour faire la célèbre marche du Tongariro Crossing. Le parc national du même nom que la marche est le plus ancien des parcs nationaux de Nouvelle Zélande (1887) et est très célèbre car Peter Jackson, le réalisateur kiwi, y filma une bonne partie des scènes de sa trilogie du Seigneur des Anneaux.
Minuit, ça y est, sitôt la tente plantée, sitôt je m'endors.
Samedi 19/12/2009
Le lendemain matin, le beau temps est de la partie et suis heureux de contempler les paysages familiers cette fois non couverts d'un manteau blanc.
Nous plions le campement au plus vite et quittons Mangahuia campsite pour nous rendre au D.O.C (Department Of Conservation) afin de réserver notre billet retour de randonnée. Malheureusement, il est déjà trop tard et la pseudo-ranger nous déconseille également d'entreprendre la randonnée car le bulletin météo annonce des vents importants. Comment ça, résigner ? Apres avoir roulé 400 bornes ? Mince alors, nous ne nous sommes pas déplacés pour jouer aux cartes dans un café. De plus, même s'il ne s'agit que d'une randonnée " one way " : faisable en 5/6 heures, j'ai sur mes épaules mon massif sac de 85 litres avec dedans, des vivres pour 4 jours, réchaud, couvertures de survie, guêtres, coupe vent goretex, long-john, veste polaire, surcouches en laine mérinos. Je commence en avoir assez d'être pris pour un abruti par ces vieilles réceptionnistes qui n'ont d'expérience en randonnée que celle du perron de leur porte à la portière de leur véhicule. Non seulement l'été a officiellement commencé, mais encore, il s'agit du chemin de randonnée le plus fréquenté du pays, pratiqué aussi en hiver, ce qui signifie que d'immanquables poteaux orange se succéderont tous les 100 mètres le long du parcours. Comment pourrait-il tomber 2 mètres de neige en moins de 3 ou 4 heures ? Nous parquons la voiture à Pukeonake et nous voila donc sur le chemin malgré les avertissements de la mégère. La première heure est plate et l'on évolue dans un paysage qui est une séquelle de désert.

Rappelons que Mt Ruapehu, la montagne voisine est entrée en irruption en 1996. Déjà, nous rattrapons un nombre certain de randonneurs qui évoluent avec seulement un demi-litre d'eau, en jeans, t-shirt en coton et sac à dos ne pouvant contenir plus de 2 barres énergétiques. Quelle vieille peau la garce du D.O.C… elle aurait pu garder ses forces négatives et jeter son dévolu sur ces touristes en basket !
1 heure plus tard, je m'attaque au " side trip " : Mt Ngauruhoe, la plus jeune des 3 montagnes du Parc, une jouvencelle d'à peine 2500 ans et 2300m. L'escalade de ce volcan à la pente de 45 degrés recouverte de scories et lapilli est comique : un pas en avant, deux en arrière. 1 heure après, j'ai vaincu le Mordor. De là haut, l'on prend conscience de la grandeur du cratère et l'on se dit que les fumeroles isolées ne sont les prémices que d'un futur réveil de la montagne fumante. Peu après avoir admiré Mt Ruapehu, encore sous la neige, il est temps de bouger, la descente sera épique car bouclée en moins de 15 minutes. Apres seulement quelques secondes, la vélocité couplée au roulis permet de littéralement surfer sur le basalte. J'ai l'impression de vivre les sensations des surfeurs chtis descendant les terrils, mais, avec le panorama et le beau temps en plus. Pour ralentir, il suffit de changer de direction et pour s'arrêter complètement, plantez les talons ; mon apprentissage se déroulera plutôt bien si ce n'est un léger accroc : un trou béant au niveau de l'arrière train, mon fidele short de rando porte dorénavant les stigmates du Seigneur Des Anneaux .

A mon retour victorieux, nous traversons le plateau séparant Mt tongariro du Mt Ngauruhoe : le South Crater, sa plateure et son vide nous transposent en un paysage lunaire. Un peu plus loin, les Emerald Lakes, joyaux turquoise. L'aspect laiteux de l'eau n'est pas sans rappeler les lacs en aval des glaciers.
Nous n'avons pas le temps d'explorer plus loin, la route située en fin de parcours sera peu fréquentée et je préfère nettement faire demi-tour quitte à allonger de 40% la distance totale parcourue, mais, au moins, je serai certain que notre véhicule nous attendra ainsi que son coffre garni de fromage et de bon Pinot noir.
Nous effectuons le retour en compagnie de Steve, un australien de Darwin, qui a déjà passé près de 3 mois à randonner en Nouvelle Zélande. Rencontre à point nommée, je n'aime pas la sensation de déjà vu sur les chemins battus et sa fraicheur physique nous remet dans le rythme.
A la fin de la journée et 20 bornes plus tard, les pieds en feu, nous cuisinons une bonne vieille ratatouille et tombons de sommeil.
Dimanche 20/12/2009
Nous passons sur la scénique route 46 offrant un beau panorama sur Lake Rotoaira.
Rattrapons ensuite la State Highway 1 et longeons le cote Est du Lake Taupo, véritable mer intérieure. Les galets en bordure de lac sont étrangement légers car il s'agit en fait de des pierres ponce, résultant de lave projetée en l'air et ayant très vite refroidit, la différence de pression entre l'air et le niveau 0 expliquant la porosité des dites pierres.
Nous traversons Rotorua, qui sent toujours aussi fort le soufre et nous rendons pour une session rafting sur la rivière de Kaituna. La compagnie opérant sur les lieux, River Rats, se targue de proposer la plus haute chute d'eau commercialement " raftée " au monde (7 mètres) c'est aguicheur !
Rapide briefing pour pagayer à l'unisson et sous les ordres du guide, tels les galériens et nous voici prêts à se mouiller et à envoyer du gros.
La session sera trop courte, moins de deux heures… la durée n'était d'ailleurs pas indiquée sur leur site web, nous nous sommes bien fait arnaquer.
Certes, les chutes sont ludiques, mais la rivière est bien trop molle entre ces dernières. L'on a un sentiment de frustration, à peine dans le bain, et il est déjà temps de quitter l'embarcation… cette privation satisfera pleinement les masochistes d'eau douce. Bon, tout de même, la chute de Tutea, m'aura procuré une montée d'adrénaline d'un quart de seconde ! Nous irons vérifier depuis la terre ferme cette chute, c'est fou comme elle peut paraitre bénigne. Sur le coté, des cavités permettent d'observer les Wetas, fameux insectes de Nouvelle Zélande qui peuvent atteindre 20 centimètres de long. Ici, cependant il s'agit de l'une des 70 espèces de cette famille, mais ceux la ne mesurent que quelques centimètres.
Sur le chemin du retour nous nous aérons à Karangahake, région ayant fait les frais d'une fièvre aurifère à la fin du 19eme siècle. J'y retournerai d'ailleurs randonner un weekend en Janvier…
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